Election égyptienne : l’illusion ironique des ‘’sissistes’’

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Les Egyptiens ont voté leur président les lundi, mardi et mercredi dernier après 11 mois de gestion du pouvoir par les militaires qui avaient renversé, en juillet 2013, le seul président civil élu en 2012.

Contre toute attente, le taux de participation à cette élection formelle n’a pas du tout rencontré les prévisions de l’Ex-maréchal Abdel Fatah al-Sissi, tombeur de Mohamed Morsi.

Al Sissi a ainsi remporté le scrutin, ce qui était prévisible au regard de la propagande employée afin d’y parvenir. Seulement, les Egyptiens se sont moqués de cette présidentielle, car plus de 50% des inscrits de sont pas allés voter.

Même si le candidat très favori a été élu à plus de 90% des suffrages exprimés, il reste que la satisfaction n’est pas au rendez, et une certaine déception se sentait chez les partisans du nouveau président, du moins du président élu puisqu’il l’était depuis juillet dernier.

Il a fallu prolonger le scrutin d’une journée vue le faible taux de participation, forger un tapage médiatique ponctué de menaces pour relever juste un peu cette participation, et accroître de nombre de voix d’Al Sissi.

L’illusion s’est volatilisée, les électeurs ne s’étant pas assez exprimer pour mieux légitimer ce président au cours d’une élection ‘’ironique’’.

Lui, qui avait déclaré lors d’une interview en début mai “Nous sommes à la recherche d’un vote populaire qui fera comprendre au monde que c’est la volonté du peuple”, s’en trouve quelque peu déçu.

Al-SisiC’est un message on ne peut plus clair, qui doit donner à réfléchir au chef de l’armée devenu président, comme beaucoup d’autres du continent qui se font élire à plus de 80%, ce qui n’équivalant presque pas grand-chose du potentiel électoral encore moins de la population qu’ils entendent diriger.

Avec une population de 94 millions d’habitants  (statistiques OCDE/Banque mondiale, 22/2/2014), Al Sissi aurait récolté environ 23 millions de voix qui représenteraient 96% des suffrages sur un taux de 46% de participation.

Et si ses partisans se réjouissent d’une victoire écrasante, il reste que sa légitimé ait été entamée par la forte abstention d’une part, et la répression des islamistes en mi 2013 qui a enregistré près de 1000 tués dont il demeure comptable.

Ce retour de l’armée aux affaires au Caire témoigne de la volonté de celle-ci de ne laisser le pouvoir sous aucun prétexte, car, financée par les Etats-Unis, l’armée égyptienne doit toujours avoir les cartes en main sur le dossier israélo-palestinien selon la vision de Washington.

Boureima LANKOANDE

pour Burkina 24   



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Il y a 2 commentaires

  1. Les am?ricains n’auront que les yeux pour pleurer, car Allah n?oubliera jamais le peuple Palestinien dans son ensemble. Al Sissi est perdu ? jamais.

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