«Tripatouillage constitutionnel»: Le Balai citoyen à la recherche d’une meilleure réaction citoyenne

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Le mouvement le Balai citoyen a organisé une conférence publique sur «Les résistances populaires face au tripatouillage constitutionnel en Afrique», le 2 juin 2014 à Ouagadougou. Cette conférence qui s’est tenue à la date anniversaire de la révision de la constitution de 1991 a été animée par l’économiste panafricaniste Rassablga Seydou Ouédraogo, Maitre Guy Hervé Kam, porte-parole du balai citoyen et Thiat du collectif «Y en a marre» du Sénégal. Elle a été modérée par Abdou Karim Aicha Saidou du centre pour la gouvernance démocratique.

De la gauche vers la droite, les conferenciers : Maitre Guy Hervé Kam, Thiat, Saidou Abdou Karim et Rassablga Ouédraogo
De la gauche vers la droite, les conférenciers : Maitre Guy Hervé Kam, Thiat, Saidou Abdou Karim et Rassablga Ouédraogo

Penser les réponses citoyennes à apporter aux dérives politiques, et connaitre les stratégies pour contrer les velléités d’opérations autoritaires en Afrique, ce sont là les grandes lignes de cette conférence publique. Pour ce faire les conférenciers ont partagé l’expérience du Benin, du Sénégal et du Burkina Faso dans la lutte des mouvements sociaux.

«Tripatouillage au lieu de parler de modification veut dire qu’on ajoute une connotation malhonnête à la modification constitutionnelle», a affirmé maitre Kam. Pour lui le caractère illégitime de cette modification peut résulter de l’article 168 de la constitution burkinabé qui proscrit le pouvoir personnel et toute oppression d’une fraction du peuple burkinabé par une autre. Il a ajouté qu’au Burkina les actions citoyennes remontent à plusieurs années.

«Depuis 2008 au Burkina, on a commencé à assister aux mouvements d’actions citoyennes de résistance», a-t-il dit. En témoigne les pétitions d’avant l’élection de Blaise Compaoré de l’opinion pour rendre intangible l’article 37 et le mouvement AYO dont le balai citoyen est membre, qu’il a cités.

«Le balais citoyen préconise que les élites ne peuvent pas gagner le combat s’il ne concerne pas l’ensemble de la population burkinabé» selon ses explications. Leur stratégie consiste donc à échanger avec les burkinabé sur leurs responsabilités sociales dans la marche de l’Etat. Cette stratégie vise à réduire le fossé entre la population et la gestion publique. Thiat de son côté a proposé qu’on explique les termes dans nos langues locales.

La jeunesse s'est fortement mobilisée pour la conférence publique
La jeunesse s’est fortement mobilisée pour la conférence publique

«Quelle est le mot adéquat pour parler de constitution au Burkina?» a-t-il interrogé tout en affirmant qu’au Sénégal, «Y en a marre» a expliqué la constitution comme étant la bible, le coran ou la thora de tous les Sénégalais, le livre qui les protège tous. Il a demandé aux populations Burkinabé de s’organiser pour devenir un peuple, à l’exemple du Sénégal, pour faire face à leurs responsabilités. Rassablga Ouédraogo a quant à lui préconisé d’éviter un probable coup d’Etat.

«Je n’ai pas confiance aux militaires» a-t-il affirmé. Selon ses explications, si le pouvoir venait à tomber aux mains des militaires à la faveur d’un coup d’Etat, ils s’enrichiront d’abord et imposeront leur agenda à la population. C’est pour cela qu’il a proposé d’éviter les guerres de leadership dans l’opposition et les mouvements. Le dialogue intelligent, stratégique et indulgent est la meilleure voie à suivre selon lui, en plus du renforcer le rythme de l’opposition.

Mouniratou LOUGUE
Pour Burkina24

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