Zana s’auto-développe sous les conseils de Catholic Relief Service

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Avec l’appui de l’ONG Catholic Relief Service (CRS), les habitants du village de Zana, dans la commune de Bourzanga, province du Bam, apprennent à subvenir à leurs besoins et surtout à ceux de leur école primaire de trois classes. En toute autonomie.

Le projet se nomme « Beoog-biiga » (enfant de demain). Financé par le ministère de l’Agriculture du gouvernement des Etats-Unis (USDA), il est conduit par CRS de 2011 à 2014. Plusieurs approches sont développées pour appuyer la scolarisation des enfants dans un environnement communautaire favorable.

Quelques chiffres

– L’approche Reflect : 2 030 membres dans le Bam et le Sanmantenga (50 écoles pilotes), près de 118 millions de F CFA de financement de projets,  3,373 millions de F CFA de bénéfices générés en 2013 dont 2,148 millions reversés aux écoles.

– L’approche CECI : 1 304 CECI de 30 749 membres dans le Bam et le Sanmatenga (50 écoles pilotes), 631 millions de F CFA d’épargnes cumulées, près de 106 millions d’intérêts générés et 782 millions de F CFA de capitaux propres.

Source : CRS Burkina

Deux de ces approches, Reflect et CECI (Communauté d’épargne et de crédit internes) sont mises en œuvre dans 50 écoles pilotes  réparties dans le Sanmatenga et le Bam. Au bout de deux ans d’expérimentation, l’école de Zana présente les meilleurs résultats.

Rebecca Bassey, représentante résidente adjointe de CRS Burkina (Ph : B24)
Rebecca Bassey, représentante résidente adjointe de CRS Burkina (Ph : B24)

L’approche Reflect consiste pour les parents d’élèves d’une école à se regrouper afin d’identifier les besoins de leur école.

Après ce diagnostic de base communautaire, le CRS intervient avec un renforcement de capacités pour aider les parents à monter un projet  qui pourrait contribuer à résoudre les problèmes identifiés et à les résoudre.

A l’école de Zana, les parents d’élèves ont remarqué que les enfants non inscrits étaient nombreux par rapport à ceux qui le sont.

CRS les a alors aidés à être sensibilisés sur l’importance de la scolarisation, une bonne nouvelle qu’ils ont ensuite distillée au sein des habitants du village.

Au résultat, de 64 élèves inscrits en 2012-2013 au CP1, ce chiffre est passé à 105 pour l’année scolaire 2013-2014.

Un logement construit pour une enseignante

Cet effectif a créé un nouveau problème, celui d’avoir un enseignant. L’enseignante a été trouvée, mais il a fallu lui trouver un habitacle. Grâce à des cotisations et le fruit de la vente d’une embouche ovine, l’enseignante a pu avoir son logement. Il reste la normalisation à six classes de l’école et pour laquelle les populations ont demandé le soutien des partenaires.

Mais déjà, le maire de la commune de Bourzanga, Mahamadi Badini, ayant apprécié “ceux qui se lavent le visage quand on leur lave le dos“, a offert officiellement et séance tenante une somme d’argent représentant la valeur d’une tonne de ciment.

Le logement construit par les parents d'élèves de Zana (Ph : B24)
Le logement construit par les parents d’élèves de Zana pour la nouvelle enseignante  (Ph : B24)

Quant au projet CECI (développé avec OCADES Kaya et Ouahigouya), il consiste à aider les populations exclues du système de financement. Une CECI est composée de 10 à 30 personnes qui ont décidé d’être ensemble « librement sur la base d’affinité et de confiance mutuelle ». Chaque semaine, chaque membre dépose une épargne dans la caisse commune (de 200 à 1000 F CFA, par exemple) et au bout de 8 ou 12 mois, l’épargne cumulée est redistribuée à chaque membre avec un intérêt.

A noter que chaque membre peut contracter un crédit sur cette épargne, mener une activité génératrice de revenus et rembourser. A Zana, l’approche a eu un impact certain (voir encadré).

Il a surtout permis de renforcer la cohésion sociale et d’appuyer souvent l’école de Zana (en renforçant notamment la cuisine de la cantine).

L’histoire de Fatimata Wérémé et de son mouton

« Avant l’arrivée des CECI à Zana, je n’avais pas d’activité. Mais depuis l’année dernière, nous faisons des cotisations chaque semaine. J’ai emprunté 15 000 F CFA pour vendre des beignets. CRS beoog encadréJe mettais de côté les bénéfices. Au bout de 8 mois, j’ai reçu ma part de l’épargne et en plus des bénéfices de mon commerce, j’ai acheté ce mouton. Je paye également du savon pour l’hygiène de mes enfants et je continue toujours mon commerce ».

Propos recueillis par A.Z

Ce sont des exemples d’initiales communautaires que CRS a données de visu aux délégations du ministère de l’éducation nationale et du ministère en charge de la promotion de la femme (ses partenaires), ce 5 juin 2014 à Zana. Celles-ci ont  été impressionnées.

« Pour un projet pilote,  nous pouvons conclure que l’expérience est novatrice et concluante », a apprécié Koumba Boly/Barry, par la voix de son représentant Henry Ouédraogo.

« Je prends l’engagement ferme de partager cette expérience avec d’autres départements ministériels mais aussi d’autres partenaires intervenant dans le domaine de l’éducation », a ajouté le représentant.

→ (Re) Lire : Beoog Biiga, qu’est-ce que c’est ?

Rebecca Bassey, représentante résidente adjointe de CRS Burkina, a alors demandé au ministre « d’utiliser tout l’espace de pouvoir dont [elle dispose] pour faire profiter et adopter les bonnes pratiques pour la pérennisation des acquis pour un développement endogène durable ».

« Certainement que nous continuerons à appuyer le développement de l’éducation (…) et les communautés qui s’engagent en premier lieu pour favoriser un avenir meilleur à leurs enfants », a assuré, pour sa part, le Chef file des partenaires techniques et financiers, Louise Hebert.

Abdou ZOURE

Pour Burkina 24 



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 1 commentaire

  1. Initiative tr?s louable. C’est une belle action que de donner voir des exemple de communaut? qui s’auto prenne en charge. F?licitation au CRS pour sa forte contribution au d?veloppement du Burkina Faso

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