Journée des réfugiés au Burkina : « Une famille déchirée par la guerre, c’est déjà trop ».

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Chaque année, la journée des réfugiés est célébrée à travers le monde. Pour la deuxième fois en trois ans, le Burkina Faso en a fait sienne. Cette année, elle a été officiellement célébrée au camp des réfugiés maliens de Goudoubo, situé dans la région du Sahel. C’était le 20 juin 2014 sous le thème « Une famille déchirée par la guerre, c’est déjà trop ».

Ouvert en 2012, suite à la crise malienne, le camp de Goudoubo héberge plus de 9.500 réfugiés, selon les résultats de l’enrôlement biométrique et au-delà de ce camp, le Burkina a enregistré environ 34.000 réfugiés provenant de nationalités diverses. Des chiffres qui suscitent la perplexité de Rokia Traoré, ambassadrice de la paix.

« Il est plus facile de créer un conflit(…) qu’il n’est facile de réparer les dégâts » selon l’ambassadrice d’origine malienne, pour qui l’orgueil et la colère n’ont pour résultat que la violence. A l’entendre, les africains doivent utiliser leur différence d’opinion, de culture, de mode de vie et de religion comme une richesse pour leur épanouissement plutôt que de s’entre-déchirer.

Car, comme l’a souligné Gogo Hupkorite, représentante du haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UN/HCR), les conséquences de la guerre sont souvent désastreuses et irréparables. « Ils ont tout perdu et nous avons pour devoir de les aider à retrouver l’espoir » a- t-elle préconisé.

Rokia Traoré, ambassadrice de la paix (© Burkina24)
Rokia Traoré, ambassadrice de la paix (© Burkina24)

Et pour ce faire, les réfugiés doivent avoir accès à l’éducation, aux soins de santé, aux abris, à l’eau, à la nourriture, et aux activités de subsistance qui leur permettront de retrouver leur dignité d’Hommes à la quête du mieux-être. Des conditions qui ne peuvent être réunies sans les 78 % restants du financement à gagner.

Néanmoins, les personnes qui ont emprunté le chemin de l’exil arrivent à s’intégrer au Burkina. « Le Burkina m’a donné de l’espoir. J’ai une famille burkinabé, j’ai des enfants et je travaille », a témoigné le vice-président de l’association des réfugiés résidents au Burkina, Joseph Nkurunzh, resté au Burkina depuis une vingtaine d’années.

Enseignant vacataire, il a assuré que certains réfugiés ont intégré la fonction publique. Il a cependant déploré le refus de certaines sociétés à embaucher des étrangers. Cette journée consacrée aux réfugiés a été aussi l’occasion de primer les vainqueurs des compétitions organisées au camp de Goudoubo. Il s’agit du jeu de dame, du football, de la course à dos d’âne, du dessin, et de la danse traditionnelle, des activités qui leur ont permis de se divertir.

Mouniratou LOUGUE

Burkina 24



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