Coupe du Monde 2014: “La Côte d’Ivoire peut se qualifier”, dixit Martial Yéo

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L’ancien entraîneur des Éléphants de Côte d’Ivoire Martial Yéo, vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 1992 était de passage à Ouagadougou. Il a profité de ce séjour dans le pays où il a grandi jusqu’à l’âge de 19 ans pour s’exprimer sur la Coupe du Monde Brésil 2014 et notamment sur les Éléphants de Côte d’Ivoire. Yéo Martial pense que les Éléphants peuvent atteindre les huitièmes de finales de la Coupe du Monde. Les Ivoiriens sont logés dans le groupe D en compagnie du Japon, de la Colombie et de la Grèce qu’ils affrontent ce mardi 24 mai à 20 heures.

Lors de leur deuxième sortie, les éléphants de Côte d’Ivoire se sont inclinés 2 à 1 contre la Colombie lors de leur deuxième match après leur victoire contre le Japon (2-1). Au vu du jeu produit par l’équipe ivoirienne, la qualification est-elle possible ?

Je pense que la qualification est encore possible dans la mesure où quand on regarde l’écart au classement Fifa entre la Colombie qui est 8ème et la Côte d’Ivoire qui a régressé jusqu’au 27ème rang, il y a quand même 13 places. Dire que la Côte d’Ivoire a pratiquement joué à jeu égale avec cette équipe signifie qu’elle a fait d’énormes progrès. Cette équipe aura à corriger beaucoup d’autres choses à savoir être beaucoup plus attentive, plus soignée et plus appliquée dans certaines dispositions offensives que défensives par rapport aux dernières passes aux derniers centres, aux derniers tirs etc. mais aussi par rapport aux balles que nous récupérons pour faire une relance. Ce sont des déchets qu’il faut revoir pour corriger notre copie.

Alors concernant ce match entre la Côte d’Ivoire et la Colombie, est ce à dire que l’équipe a manqué de rigueur ?

Pour moi, l’équipe a quelques peu manqué de rigueur. Ils ont bien joué par rapport au match contre le Japon en attaque mais les changements de rythme n’ont pas eu lieu. Cela a permis aux colombiens de se regrouper rapidement. L’équipe est restée toujours écartelée en deuxième mi-temps alors qu’il fallait réduire les espaces. Sur le premier but, les hésitations entre les défenseurs alors qu’ils étaient à 2 contre 1, ce sont des choses qu’il faut corriger.

Vous avez relevé quelques erreurs commises par l’équipe ivoirienne. Contre la Grèce comment doit-elle évoluer ?

Contre la Grèce, je pense qu’il doivent former un bloc, qu’il forme un groupe homogène qu’il puisse jouer de l’avant et qu’il puisse changer de rythme s’ils veulent avoir un gain facile du match. Lors du match Colombie # Grèce, ce sont les différents changements de rythme dans le jeu qui ont permis à la Colombie de s’imposer 3 à 0.

L’entraîneur des Eléphants Sabri Lamouchi est très décrié par le public Ivoirien. Malgré tout, vous êtes l’une des rares personnes qui le soutiennent. Pourquoi ?

Je le soutiens parce qu’en tant directeur technique, en tant vice président membre de la commission technique et développement et conseiller du président de la fédération, je me dois de pouvoir protéger l’entraîneur que tous ensemble nous avons choisi pour mener à bien sa tâche en équipe nationale. J’ai été entraîneur moi-même, je suis entraîneur moi-même il ne serait pas normal que je fustige un collègue qui en plus est à la tête de l’équipe nationale, de notre équipe nationale et qui en plus a besoin, plus de mon soutien à moi en tant que seul entraîneur champion d’Afrique de notre pays qui puisse l’aider à aller de l’avant et à faire avancer notre équipe nationale. Si le choix a été porté sur lui, il ne reste qu’à le soutenir pou qu’il puisse mener à bien son travail.

Justement comment la fédération a porté son choix sur Sabri Lamouchi ?

Je n’étais pas dans le secret des dieux pour le choix de Lamouchi mais j’assume ce choix comme la fédération l’assume. Malgré tout, il n’a pas fait de trop faux mauvais pas comme d’autre avaient plus de grade que lui l’ont fait. Il a fait mieux que certains qui sont passés avant lui pourtant ces hommes avaient plus d’expériences que lui.

Comment vous analysez les prestations des représentants africains ?

Les représentants africains ont quand même déçu (Ndlr: cet entretient a eu lieu le jeudi 19 juin) à l’image du Nigéria qui est la tête de file et l’équipe championne d’Afrique. Le match que le Nigeria a livré contre l’Iran était décevant. Le Cameroun est venu enfoncer le clou en prenant un score de 4 à 0 et avec des joueurs comme Song qui se sont faits bêtement expulsé. Cela ne fait pas honneur à l’Afrique.

Le Ghana par contre a fait une bonne prestation mais malheureusement a gardé cette partie de non concentration des joueurs africains. Contre les États-Unis, non concentration d’un joueur et but. C’est comme le match de la Côte d’Ivoire. Manque de concentration et but. L’Algérie pour ma part n’a pas donné satisfaction bien qu’on avait beaucoup d’espoir par rapport à son entame du match qui n’a pas su soutenir constamment son rythme.

L’élimination de l’Espagne, la fin d’une époque ?

Oui. On peut dire la fin d’une époque. Lorsqu’on voit comment le Barça a terminé le championnat avec plus de soixante matchs, on pouvait présager un peu ce qui pouvait arriver à l’équipe d’Espagne. C’est un peu comme l’Angleterre qui sort d’un championnat époustouflant. Quand on voit les derniers derbys qu’ils ont joué en fin de championnat et dire qu’ils doivent jouer le mondial, ce n’est pas évident. Ce sont des hommes. Ils se fatiguent. Même les machines s’épuisent.

Vous êtes le seul entraîneur ivoirien vainqueur de la CAN. Vous êtes toujours cité en référence est ce que cela ne pèse pas sur vous.

Il y a longtemps que cela pèse sur moi. Je prie Dieu que cela puisse s’arrêter et que nous puissions avoir une équipe qui puisse remporter la Coupe d’Afrique.

Quel est votre favori pour ce mondial ?

Mon favori reste le Brésil.

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