Ramadan au Burkina : Trois marques de sucre courtisent les Ouagalais

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Trois principales marques de sucres se disputent le marché burkinabè en ces temps de jeûne musulman. Il s’agit du sucre burkinabè produit par  la Nouvelle Société Sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO) et celui de deux structures sucrières françaises Béghin Say et St Louis. Comment se comportent-ils sur le marché ouagalais aux yeux de la population consommatrice ?

Le Ramadan  est un mois de pénitence. Mais c’est un mois où le sucre est aussi très sollicité, notamment dans l’alimentation. Il occupe une grande place également dans la composition des présents  entre parents, amis et connaissances lors de ces 30 jours de partage.

A Ouagadougou, pour ce qui concerne spécifiquement le sucre en carreaux, trois marques se disputent ce marché. Il s’agit de la burkinabè Gazelle de la SN SOSUCO et des deux françaises  Béghin Say et de St Louis.

Prix : Entre 750 et 800 F CFA  le kilogramme

Le prix de cette denrée très prisée en temps de ramadan varie cependant, selon les boutiques. Il oscille entre 750 F CFA et 800  F CFA le paquet de 1 kg chez les différents boutiquiers rencontrés dans quelques secteurs de Ouagadougou.

Dans certaines échoppes, le prix de la marque burkinabè  est le moins cher : 750 F CFA contre 800 F CFA pour les marques françaises. Chez Alassane Ouédraogo, commerçant détaillant situé au quartier 1200 Logements de la ville de Ouagadougou, le carton de sucre SOSUCO 1 kg est vendu à 750 F CFA, Béghin Say et St Louis à 800 F CFA chacun.

Dans d’autres, comme c’est le cas de Ousmane Sawadogo à Wemtenga, toutes les trois marques de sucre sont vendues à 800 F CFA, chacune. « Mais si le client veut acheter un paquet (25 cartons), nous lui vendons en moyenne 750 F le carton », ajoute-il.

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La SN-SOSUCO est une société anonyme (SA) d’économie mixte dont le siège social est situé à Banfora, Province de la Comoé, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Numéro 1 de la production de sucres du pays, c’est une réalisation du groupe IPS-West Africa.

Béghin Say est une marque de sucre française, contrairement à ceux qui pensent que la marque est béninoise. Elle produit notamment des sucres liquides, sucres invertis et des excipients saccharoses.

St Louis est également une marque française produisant du sucre de canne et de betterave. Elle a été créée à Marseille, mais son siège social se trouve à Paris. Saint Louis est néanmoins une marque sous laquelle sont vendus les produits d’un groupe allemand appelé « Südzucker ».

Au secteur 11 de la capitale burkinabè, communément appelé Larlé, la « boutique Eto’o » fait pareil, mais à un prix plus réduit cependant.  Effet, il vend à 750 F, le carton de sucre, peu importe la marque et son origine.

Préférence de consommateurs : entre le local et l’importé

Mais le succès de ces trois marques de sucre dépend surtout de la préférence des consommateurs, qui se trouve très variée. Le sucre de la SOSUCO trouve grâce aux yeux de l’informaticien Armand Soma pour une question de fibre patriotique et de goût. « C’est du sucre local et surtout naturel de couleur rougeâtre, donc pas de mélanges de colorants », dit-il.

L’autre catégorie de consommateurs penche cependant pour le sucre importé, faisant confiance à la fiabilité des fabricants, comme c’est le cas de Laure Marie Ouédraogo, étudiante à l’Université de Ouagadougou, qui rappelle que la France et l’Allemagne font partie des meilleurs pays producteurs de sucres sur le plan mondial.

Quant à Henriette Fathi Koné, gérante de café-restau, « mes clients préfèrent le sucre blanc dans leurs thé et Nescafé, par rapport au sucre de Banfora (SOSUCO NDLR) qui est naturellement rouge ».

En rappel, pour éviter la hausse du prix du kilogramme de  sucre (il est passé de 500 F CFA à 800 F CFA en 2010 et presque à 1 000 F CFA en 2011), le ministère burkinabè du commerce a décidé de plafonner le prix de cette denrée à 800 F CFA.

Noufou KINDO
Burkina 24


Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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Il y a 14 commentaires

  1. Je ne pense pas qu’on doit imputer cet ?tat de fait au Gouvernement seulement. Nous avons aussi notre part dans l’affaire nous pouvons bien nous sacrifier et consommer notre sucre en prennant l’exemple des chinois et japonnais quu eux n’hesite pas a le faire quand ils savent que ?a en va du bien etre national du patriotisme. Ceci permettra a la sosuco d’investir et de produire en low cost. Par ailleurs n’oublions pas aussi que le Burkinab? pense que tout ce qu’il a est pourri et de ce fait est attir? par les produits ?trangers.

  2. Pour des questions de comodit?s, on est ammen? ? acheter du sucre import? pour les pr?sents et cadeaux pendant les ?v?nements. En effet, Beghin Say et Saint Louis pr?sentent leurs sucre dans des cartons de 25 paquets avec ? l’int?rieur de chaque carton des lots de 5 paquets… C’est plus pratique ainsi d’aller donner un cadeau (1 lot de 5 par-ci, un autre par-l?) c’est d?? emball?! Avec SN SOSUCO, c’est 25 paquets mis en vrac dans un carton…ne parlons m?me pas du sucre en poudre…. Avant d’offrir quelques paquets ? quelqu’un, il faut emballer, les 50 F d’?conomie par paquet que tu croyais avoir s’envolent sans compter la perte de temps pour trouver l’emballage. je ne comprend pas pourquoi la SN SOSUCO apr?s toutes ces ann?es ne copie simplement pas la bonne pr?sentation de son produit sur ses concurrents, c’est ? croire qu’il n’y pas de direction marketing ou bien que la compagnie se fout pas mal des recommandations de sa direction marketing et ventes. C’est vraiment dommage de rater une telle manne pour si peu. Pour preuve, tous les paquets que j’ai re?u ce Ramadan 2014 sont beghin Say ou saint Louis. Il en est de m?me pour tous les paquets que j’ai offert. Par contre quand je vais acheter du sucre d’ordinaire pour boire mon caf? ou ma bouillie, c’est le sucre de la SN SOSUCO que j’ach?te. Vivement, que la SN SOSUCO se bouscule un peu, car le march? Burkinab? ne lui est pas reserv? d’office!

  3. le sucre 1port? ? + consom? q notre,parceq c sucre ? – ch?r,e osi no bay?r atndt q,ce mw ou la population ena bso1.Tt c qi ? prod8 dans notre pays ? ch?r,oc1 piti? pour 7 population povre,mw j p m’acht? 1 pqt d sucre?ca l? f? rir parcqil peuv s’ofrir des pqts,pens? o otre svp

  4. SN-SOSUCO n’est que l’ombre d’elle m?me, je ne comprend pas pourquoi du sucre produit ici au Burkina co?te aussi cher? Pour ce que nous savons la privatisation n’a pas apport? les solutions escompt?es, car depuis 12 ans environ cette soci?t? b?t de l’ail et c’est peu dire, une mafia politico familiale a mise sous coupe r?gl?e cette soci?t? qui a fait tant parl? d’elle, mais aujourd’hui c’est des domaines de pr?dations partag?es entre “gens de la famille “qui n’ont rien a se payer du prix de vente du sucre, le client est d’abord orient? par l’abordabilit? du prix du sucre maintenant les crit?res de patriotisme dans la consommation rel?ve d’une vue d’esprit. Nous avons encore en m?moire l’innommable conflit social qui a oppos? les travailleurs ? leur dirigeants il ya bient?t 3 ans, heureusement que l’histoire ? donn? raison aux travailleurs car en r?alit? le D.G ? l’?poque s’est r?v?l? ?tre un vulgaire voleur qui a ?t? licenci? pour un d?tournement de 200 millions de FCFA, comme quoi au del? du co?t impraticable du sucre SOSUCO il eut ?tre la gestion clanique, informelle de la soci?t? qui rend inabordable ce sucre, donc le sucre import? a de beaux jours ici, ce n’est pas ce que Thomas sankara recherchait, d’ailleurs consommer le sucre SOSUCO c’est faire le lit d’apatrides , v?reux hommes d’affaires qui sucent l’?conomie nationale. R?fl?chissons, la privatisation n’a apport? que tourments et regrets ? SOSUCO

  5. Thomas Sankara nous a invit?s et continue de nous inviter ? consommer ce que nous produisons et ? produire ce que nous consommons. Jean Ziegler un sociologue suisse s?indignait du fait que les africains produisent de quoi nourrir les cochons en Europe alors que leur population meurent de faim. Consommons et produisons donc Burkinab?. Si la population des autres pays ne consommait pas leur sucre, leurs usines n?auraient pas les moyens de fonctionner et d?exporter leur sucre. Sankara nous invitait ? consommer nos produits pour permettre ? nous usines de r?aliser des b?n?fices et r?investir ses b?n?fices pour am?liorer la qualit? de leurs prestations. Laure Marie Ou?draogo sais tu que tu peux aider la SOSUCO a faire autant que les usines fran?aises et allemandes ? seulement en consommant et en invitant les gens ? consommer leur sucre ? Henriette Fathi Kon?, dit ? tes clients que le sucre blond de la SOSUCO ne noircit pas davantage un caf? d?j? noir. Par ailleurs, il existe aussi le sucre blanc. Seulement, il parait que le blond est plus naturel que le blanc. Consommons et produisons BURKINABE

  6. Dieu et l’argent. Pourquoi ces sucres font apparition en p?riode de car?me musulman? O? est le sens de la p?nitence si on cr?e les conflits aux producteurs et les probl?mes aux consommateurs? Qui a introduit cette concurrence? C’est ?a aussi l’incivisme. Et avec les musulmans de chez nous, on va tout voir. Ils se ternissent l’image sans soucis. Qu’Allah nous comprenne.

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