Gambie : 20 ans de règne de Yaya Jammeh, “20 ans de terreur et d’impunité” selon Amnesty International

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Une dizaine d’organisations* de défense des droits de l’Homme du Burkina Faso ont signé, à l’initiative de la section burkinabè d’Amnesty, une déclaration conjointe adressée à la communauté internationale et au président gambien. Elle a été rendue publique le 22 juillet, à l’occasion de la journée d’action sur la Gambie.

Alors que Yaya Jammey commémore ce mardi 22 juillet les 20 ans de son accession au pouvoir, les organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Amnesty International, commémorent, elles, vingt ans de violation des droits de l’Homme dans ce pays.

Dans une déclaration conjointe, des organisations burkinabè de défense des droits humains invitent la communauté internationale à se pencher sur la situation en Gambie, et interpelle le président gambien sur plusieurs points.

«Nous alertons la commission africaine, la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, les gouvernements africains, l’opinion et la communauté internationale sur la détérioration de la situation des droits humains en Gambie, ces 20 dernières années», peut-on lire dans la déclaration.

Au titre de ces violations, la déclaration souligne les exécutions arbitraires, la répression sanglante de manifestations, la torture, les meurtres et disparitions de journalistes, l’arrestation et la détention de certains défenseurs de droits humains en Gambie.

En témoignent la répression sanglante de manifestations d’élèves en 2000, le meurtre non encore élucidé du journaliste Deyda Hydara en 2004 et la disparition forcée du journaliste Ebrima Manneh après son arrestation par des membres de l’agence nationale de renseignement (NIA) en 2006.

Les signataires du document pointent du doigt l’ingérence du pouvoir exécutif et des législations visant le bâillonnement des contestataires.

Les organisations de défense de droit de l'Homme plaident pour une réaction de la communauté internationale (© Burkina 24)
Les organisations de défense de droit de l’Homme plaident pour une réaction de la communauté internationale (© Burkina 24)

A ce sujet, une loi de 2013 expose les utilisateurs d’internet, les journalistes et les blogueurs «coupables de diffusion de fausses nouvelles», à 15 ans de prison et une amande d’environ 75 000 dollars US. Cela contribuerait à affaiblir le système judiciaire gambien.

Selon Roger Minoungou, coordonnateur croissance et activisme de la section burkinabè d’Amnesty International, la déclaration vise à exhorter le président Yahya Jammeh à annuler les dispositions législatives qui restreignent la liberté d’expression, à assurer la protection des journalistes, des défenseurs de droits humains, et militants politiques, et à permettre des enquêtes sur la violation des droits humains et à libérer des prisonniers de conscience et détenus de manière illégale.

Mouniratou LOUGUE
Burkina24

*La déclaration est signée par Amnesty International Burkina Faso, l’Action Chrétienne pour l’abolition de la torture- Burkina Faso, le Centre d’Information et de Formation aux Droits Humains en Afrique, la Commission Nationale des Droits Humains-Burkina, l’Association Semfilms, la Ligue pour la Défense de la Justice et de la Liberté, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme-Burkina Faso, le Centre de Presse Norbert Zongo, le Forum Africain des Editeurs de Presse, le Mouvement burkinabé des droits de l’Homme.



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There are 5 comments

  1. Eh Afrique Mon Afrique, Afrique Continent Des Peuples Noirs Majoritaires…Tait Toi Afrique Un Jour Viendra Tu Vas Couler Des Larmes Non Pas De Souffrance Mais De Joie…

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