L’horlogerie, un métier en voie de disparition à Ouagadougou

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Avec la modernisation et le développement des nouvelles technologies, il est des métiers qui perdent de plus en plus d’adeptes et d’utilité. Parmi eux, l’horlogerie : il n’est plus commun de voir dans la capitale burkinabè quelqu’un qui se consacre à réparer les montres et horloges. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Alfred Lankoandé, un horloger de 41 ans qui officie au croisement de l’Avenue Maurice Yaméogo et de la Rue Joseph Badoua.

Burkina24 : Comment êtes-vous venu à l’horlogerie ?

Alfred Lankoandé : Cela fait 25 ans que je suis horloger. J’ai connu ce métier depuis l’enfance, en voyant mes frères ainés qui l’exerçaient. C’était un rêve pour moi, et j’ai appris avec eux à réparer toutes sortes de marques de montre, qu’elles soient électroniques ou mécaniques.

B24 : Quelles sont les pannes  les plus courantes pour les montres?

A.L. : Les clients m’amènent souvent des problèmes de pile, de bracelets, de verres cassés. Parfois aussi leur montre a pris l’eau et ils veulent la sauver. Je répare les montres, les horloges, tout ce qui donne l’heure.

B24 : La réparation leur coûte-t-elle cher ?

A.L. : Le coût de la réparation varie selon la qualité de la montre et la nature de la panne. La révision coûte autour de 1 200 F CFA seulement. Mais sur dix montres que je reçois, j’en refoule en moyenne cinq pour impossibilité de réparation.

Leur moteur peut-être plombé ou alors on ne peut pas les ouvrir. Si je les réparais quand-même, elles ne tiendraient pas et ça risquerait de ‘’gâter mon nom’’. Alors je préfère honnêtement dire qu’il n’y a rien à faire.

B24 : Quelles sont les meilleures montres selon vous ?

A.L. : Les vraies marques que nous avons connues sont les SEIKO, CITIZEN, CASIO, et autres. Mais de nos jours il y a beaucoup de copies et contrefaçons. Ceux qui connaissent les vraies montres peuvent dépenser beaucoup pour les acquérir. Il y en a de 100 000f, 200 000f et même plus dans les grandes boutiques.

Ailleurs on en trouve aussi à 30 000f ou 40 000f. Certaines montres sont moins cher mais bonnes aussi, à 8 000f, 10 000f ou 15 000f. Chacun achète selon sa bourse. Par contre il y a des montres à 2 000F ou 3 000f, qui peuvent vous servir pour quelques jours. Mais c’est des choses qu’on ne répare pas : si c’est gâté, c’est fini.

L’horloger sur sa table de travail. ©Burkina24

B24 : Vous connaissez beaucoup de gens qui font le même métier que vous à Ouaga ?

A.L. : Il n’y a plus beaucoup d’horlogers à Ouagadougou, plus comme avant. Les gens ne veulent plus apprendre le métier. Et avec la venue des téléphones portables, on se sert de moins en moins de montres.

Mais il y a quand même des gens qui savent la valeur d’une montre, et il y a ceux qui ne peuvent pas se passer de montre, qui nous permettent de continuer à travailler.

Je prends l’exemple d’un médecin ; pendant qu’il soigne ou consulte un malade, il ne peut pas chaque fois mettre la main dans la poche pour enlever son téléphone et voir le temps… il lui faut une montre au poignet.

B24 : Il y a des personnes qui se disent incompatibles avec les montres. Est-ce possible ?

A.L. : Effectivement,  il y a des gens qui ont le sang incompatibles avec les montres, surtout électroniques. Quand elles en portent, au bout d’un moment ça s’arrête ou ne donne plus la bonne heure.

Pour y remédier, il faut placer un isolent entre le moteur et le couvercle de la montre, pour éviter les interférences. Pour les causes il faudrait voir un médecin ou un spécialiste du corps humain pour qu’il nous explique mieux (rire).

B24 : Pensez-vous changer de métier plus tard comme vos anciens confrères ?

A.L. : Non je ne pense pas. J’aime ce métier et c’est celui que j’ai choisi. Il n’est pas toujours facile, par exemple pendant les vacances ou à la rentrée des classes où mes clients ont d’autres préoccupations que de venir faire réparer leurs montres.

Mais j’arrive à m’en sortir et à m’occuper de ma petite famille. Ça peut aller.

Par Stella Nana

Burkina24



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