Zéphirin Diabré, Chef de file de l’opposition : « On peut discuter des conditions du départ » de Blaise Compaoré

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L’opposition politique marche le 23  août contre un éventuel référendum sur la révision de l’article 37 de la Constitution qui porte limitation des mandats présidentiels. Cette fois-ci, la manifestation se passera à quelques encablures du palais présidentiel de Kossyam. Pourquoi ? Que se passera-t-il si le pouvoir passe outre cette marche et organise le référendum ? Quel est le compromis que l’opposition est prête à faire ? Réponses avec le Chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré, qui a reçu Burkina 24 au siège de l’institution, dans l’après-midi du 20 août 2014, bien avant l’annonce du refus de l’itinéraire par la mairie.

Burkina 24 (B24)  : L’opposition a décidé de marcher  contre le référendum à partir du Rond point de la Patte d’Oie et non de la Place de la Nation, comme par le passé. On peut savoir pourquoi ?

Zéphirin Diabré (Z.D) : Il faut aussi de temps en temps délocaliser ces manifestations pour que d’autres secteurs et d’autres quartiers puissent participer.

C’est la première motivation. Mais il y a une deuxième motivation qui est beaucoup plus fondamentale. Notre message s’adresse à Kossyam. Il est donc important et bon qu’on soit le plus près possible.

Et en prenant en compte les contraintes liées aux zones rouges, il s’est avéré que le Rond Point de la Patte d’Oie et le Boulevard France/Afrique étaient le mieux que l’on puisse faire pour s’assurer que notre message est entendu à Kossyam.

B24 : On peut donc considérer que le ministère de la sécurité n’a pas fait de difficulté pour accorder l’autorisation (NDLR, l’interview a eu lieu avant la réponse de la mairie, qui refuse à l’opposition de marcher sur l’itinéraire originalMais la manifestation aura finalement lieu). 

Z.D : Non, puisque nous ne sommes pas sur une zone rouge. Du reste,  l’autorisation est accordée par la mairie. La demande a été faite et on attend la réponse. Mais on ne s’attend pas à une difficulté quelconque. Je le répète, aucune zone rouge ne figure sur le trajet.

B24 : Cette marche ne sera pas loin de Kossyam. Or, lors des manifestations passées, certains manifestants réclamaient d’aller au palais présidentiel. Ne craignez-vous pas des débordements ?

Z.D : Le service d’ordre du CFOP est rôdé maintenant à  ce genre d’exercice et je pense que les dispositions habituelles qui avaient été prises seront encore de vigueur et permettront au cas échéant de limiter tout débordement.

“S’il y a des milliards pour faire un référendum, mieux vaut les donner au ministère de la santé contre Ebola”

Mais en même temps, il est important pour nous de lancer un avertissement à tous ceux qui seraient tentés de venir faire  du désordre, notamment des infiltrés, selon la méthode que l’on connait bien. Il est clair que quiconque viendrait avec ces intentions-là, recevra la riposte la plus énergique possible.

B24 : A la prochaine marche, si marche il y a, peut-on dire qu’elle se dirigera vers Kossyam ?

Z.D :  Mais l’opposition cherche à aller à Kossyam pour s’installer (rires) ! Nous voulons renverser démocratiquement le CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès, parti au pouvoir, NDLR) et ses partisans pour nous installer à Kossyam. C’est bon donc qu’on commence à s’approcher. La symbolique est importante en politique aussi.

B24 : Si, malgré tout, au lendemain du 23 août, le président du Faso convoquait le référendum, quelle sera la réaction de l’opposition ?

Z.D : Les hypothèses de cette nature, il faut attendre qu’elles se réalisent avant de réagir. Lorsque la question se posera, l’opposition se réunira, examinera, décidera et avisera.

B24 : L’opposition dit être ouverte au dialogue. Vous avez dit récemment être prêts à faire des compromis et non des compromissions. Accorder un « lenga » (une rallonge à Blaise Compaoré à la tête du pays à la fin de son mandat), est-ce une compromission ou un compromis ?

Z.D : C’est une question à laquelle nous n’avons pas réfléchi. Nous réfléchissons sur la base de ce que dit la constitution qui dit que quand on a fait deux mandats, on doit partir. Nous n’avons pas d’autres considérations à l’esprit.

Maintenant, on peut discuter sur les conditions du départ, sur les protections à donner aux uns et autres en raison du rôle éminent qu’ils ont joué. Mais il est clair que le respect de la Constitution est une chose qui n’est pas facile à contourner.

B24 : Lorsque vous parlez de protections à accorder à certaines personnes, de quoi parlez-vous précisément ?

Z.D : Tous les chefs d’Etat qui souhaitent par exemple que le jour de la retraite soit plus paisible et qu’il ne soit pas amené par des problèmes par suite du fait qu’ils n’ont plus le pouvoir. Donc le sentiment de vengeance et de revanche là… Je crois que ce sont des engagements qu’il faut prendre pour rassurer les uns et les autres.

B24 : Mais si, malgré tout, le camp d’en face reste campé sur sa position, est-ce que vous ne craignez pas qu’on aboutisse à une situation explosive ?

Z.D : Ce ne serait pas de notre faute. Ce serait de la faute du camp d’en face. Reconnaissez avec moi que la température est montée, non pas du fait de l’opposition, mais parce que le CDP et son pouvoir et son gouvernement ont amené sur la table cette histoire de révision de l’article 37. Alors qu’il y a tellement de sujets importants dans ce pays.

Ce matin on m’a fait un briefing sur notre situation vis-à-vis d’Ebola. On touche du bois. On n’a pas encore ici de cas de contamination, mais comme tous les autres pays de la sous-région, nous sommes obligés de nous préparer au pire.

“Nous réfléchissons sur la base de ce que dit la constitution qui dit que quand on a fait deux mandats, on doit partir. Nous n’avons pas d’autres considérations à l’esprit.”

On faisait l’estimation des besoins. Il semble que sur les 13 milliards qui  seront nécessaires pour protéger les Burkinabè contre cette maladie, le gouvernement n’a pu réunir qu’un milliard. Même pas 10%. Il y a donc plus de 11 milliards  à rechercher.

 On se dit que quand on a ces problèmes et ces contraintes, on doit penser à deux fois avant de prendre des milliards pour faire  un référendum. S’il y a des milliards pour faire un référendum sur l’article 37, mieux vaut les donner au ministère de la santé pour qu’il assure la santé des Burkinabè face à Ebola.

B24 : Des rumeurs font état de dissensions entre les membres du Chef de file de l’opposition. Est-ce que vous pouvez rassurer qu’il n’y en a pas et que l’opposition reste unie ?

Z.D : D’abord, il n’y a pas de rumeurs de cette nature. C’est vous qui le dites. Ce n’est pas parce qu’une personne l’a dit que c’est une rumeur. Il n’y a même pas de rumeurs, a fortiori… Des rumeurs que l’on entend par contre, c’est plutôt à l’intérieur de certains partis de l’opposition. Mais ce sont des cuisines internes qui ne nous intéressent pas. Sinon, au CFOP ici, les choses sont claires.

Ceux qui étaient en mésentente sont partis. Certains sont partis d’eux-mêmes, d’autres ont été chassés. La question ne se pose donc pas. Et si quelqu’un ne se sent pas bien à l’opposition, il peut rejoindre, comme certains l’ont fait, le Front républicain. Cela ne nous empêche pas de continuer. Mais il n’y a pas de dissensions (…).

B24 : Des informations particulières à partager pour la marche du 23 août ?

Z.D : D’abord, sur l’itinéraire. Il est bon que les gens sachent que le point de ralliement, c’est le Rond point de la Patte d’Oie. Et de là, nous allons nous ébranler sur le Boulevard France/Afrique jusqu’à hauteur de l’alimentation le Bon Samaritain, avant de tourner à droite et de continuer comme si on partait à Bobo-Dioulasso.

On souhaite que les militants, sympathisants, toute la population sortent nombreux pour qu’on ait une participation assez importante puisqu’il est clair qu’en politique ce que vous faites, l’adverse regarde. Si la mobilisation est bonne, ils vont en tirer les conséquences. Mais si elle n’est pas bonne, ils vont se croire ragaillardis et vouloir aller de l’avant.

Propos recueillis par Abdou ZOURE et Stella NANA
Burkina 24


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Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 18 commentaires

  1. Sonni Aliber Maiga |

    zeph est l,homme politique et opposant le plus connu du burkina faso ,et aussi capable ,de donner un sens a la d?mocratie au faso ,et nous comptons bcp sur lui pour redorerl,abime du cdp et de son blaise!!!!!!

  2. Sonni Aliber Maiga |

    quand vous manquez de politique ,vous manquez aussi des raisonnements coordonn?s en politique ,cn,est le cas mamadi zongo!!!!!

  3. C?est vraiment dommage de constat? qu?il y?a certains burkinab?, qui ? l?esprit que sans plaise compaore, le Burkina Faso, pays des homos int?gres n?existerai pas ! Arr?tez d?insulte les gents ! Band des vauriens !!!!

  4. Anonyme, la r?pression et les crimes n?avancent pas un pays, sauf le dialogue et la bonne gouvernance peuvent avancer un pauvre pays comme le n?tre. La corruption ? ciel ouvert, le favoritisme des postes d??tat, l?arrogance et la pr?tention de nos gouvernants retarde le pays pour l?avenir de nos enfants. Se d?barrasser de moi qui te dit la v?rit? sera une bonne chose par ce que j?ai d?j? ?t? tu? par le r?gime corrompu. Si tu ne peux pas payer l?scolarit? de tes enfants comme moi, donner l?argent de la popote a ta femme comme moi, ton enfant tr?s intelligent qui passe des concoures dont les privil?gi?s passent avant, alors il y a quelque chose qui ne va pas dans le pays des hommes int?gres dont le sous-sol est tr?s riche et exploit?. C?est le moment de le dire, mais avant, luttons pour une alternance apais?, et que la jeunesse qui est ? l??coute prend le relaie de 27 de gouvernance dont les acteurs sont ? cour d?id?e. C?est vrais je suis facile a trouver car je suis franc avec moi-m?me. Rendons nous demain au meeting.

  5. Anonyme vous ?tes n? de la derni?re pluie, Ka reste depuis sa naissance sur le bon chemin, si tu es celui qui veut me tuer pour une deuxi?me fois ne te g?ne pas. Ma position pour un Burkina ?mergent dans l?alternance reste la m?me jusqu?? mon dernier souffle. Si tu me connais ne te cache pas, ce sont les assassins et les trouillards que se cachent. Si tu as des enfants, des fr?res et s?urs dans la pr?carit?, rendons nous le 23 08 2014 au meeting pour leur avenir. Si ce n?est pas le cas reste chez toi.

  6. Ka partisan de la mort du chaos,de toutes entit?s malsaines!on sait qui tu es,gr?ce a on adresse ip on arrive a te localiser!fais attention,sinon tu regrettera ?nergiquement!

  7. avec un discourt qui nous faire tr?s rire mon vieux et tous le Burkina sais que
    c’est toi ZEP qui doit partir parce que tu n’as rien compris de la politique./ Tu trompes en pensant que tu es l’homme fort du pays actuellement. En cas d’?lection tu n’auras m?me pas cinq pour cent parce que tu n’as aucune base ?lectorale tout comme les Norbert Tiendreb?ogo, Sankara B?n?wind? et consort. ZEP ce pays est beaucoup plus compliqu? que tu ne le penses.

  8. La diff?rence entre vous et Zef, est que Zef est un homme de conviction, il r?ve et se donne les moyens de r?aliser ses r?ves. Regardez de pr?s son parcours professionnel et politique. Il n'est pas un fain?ant encore moins un l?che, un parasite. Monsieur, vous avez une lecture tr?s laconique de la politique. Celui qui se croit ?tre au dessus du peuple, c'est Blaise Compaor?, malheureusement en otage par une bande rapaces opportunistes et insatiables. Leur bonheur ne tient qu'? la pr?sence au pouvoir de Blaise Compaor?, apr?s lui, ?videmment , se sera le d?luge pour eux et ils vont rendre compte de leur fortune indue.

  9. choisir de ne pas choisir c'est choisir |

    On ne discutera de quelques conditions que ce soit avec personne,Blaise ?tait,il est et il ser

  10. c’est dommage que certains ne sont pas pour le changement au burkina. mais la nouvelle g?n?ration de jeunes doivent prendre conscience de la neccessit? de ce changement, blaise doit savoir se retirer, 27 ans ce n’est plus la d?mocratie qui dirige le pays mais c’est de la dictature. ? m mamadi zongo je me demande ce qu’il fait a l’universit?, vraiment c’est dommage de penser ainsi, faut vraiment un changement politique.

  11. Pourquoi Zeph doit partir? Il na jamais ete au pouvoir pendant 27ans. C est ridicule votre analyse academique en ce qui concerne la politique du Faso. Cherchez pas les poux sur une tete rasee. La balle est dans le camps du CDP avec ses maguouilles sans scrupules. son candidat qu il veulent imposer a l eternite. En cas d election comme vous le preconisez "auncune base ".Parce qu il ne depassera pas les 5% comme ses concurrents. Releve t il de votre bord politique?Non.Occupez de vos affaires et pompez pas l air qui deja pollue par la malhonnetete intellectuelle et partisanes du pouvoir.

  12. Encore une fois Zeph. a raison, plus la confirmation du ma?tre G. Ou?draogo d?aller au dialogue pour l?alternance et le d?part du pr?sident Blaise Compaor?. Le pr?sident doit respecter les prescriptions de l?article 37, et quitter honorablement le pouvoir dans la paix : car en opposant la haine a la haine, la violence dans la violence, on applique une vielle philosophie qui ne donne pas de bons r?sultats.

  13. Je ne pad de position a tout tenps on nous parle de situation,regagne la table de discution,vous de l oppisition et ceux de la majorite vous etez tous a soife de pouvoire,laissez les burkinabe en famille,mossi gouroussi peul yarga senoufo lobi yadega boaba dioula gourma bissa toute les ethnie du pays sont tous des frere et soueur,et cousin cousine

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