Daouda Diallo, Consul général du Burkina Faso à Abidjan : ‘’En Côte d’Ivoire, les Burkinabè entretiennent de grandes valeurs humaines’’

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Serviteur de l’Etat burkinabè, homme de devoir et diplomate chevronné, SEM Daouda Diallo vient de prendre fonction à Abidjan en qualité de Consul général du Burkina Faso. Dans ses nouveaux bureaux, au sein de l’institution qu’il dirige sur l’avenue Terrasson de Fourgères, dans le chic quartier des affaires au Plateau, le 6è Consul burkinabè à Abidjan préconise d’administrer ses compatriotes par le dialogue et la communication. Il appelle par ailleurs  ceux-ci à respecter les lois et règlements du pays d’accueil et ainsi garder une bonne image du Burkina Faso.

Excellence, vous venez de vivre la sympathique cérémonie de votre présentation à la communauté burkinabè. Quels sont les sentiments qui vous animent au sortir de cet accueil populaire ?

Ce sont des sentiments de joie, de bonheur et de fierté qui m’animent, parce que j’ai vu une communauté burkinabè mobilisée pour le Burkina Faso, mobilisée pour elle-même autour de ses autorités diplomatiques et consulaires. Je suis vraiment satisfait de cette cérémonie. Je tiens à remercier sincèrement l’Ambassadeur Justin Koutaba pour son précieux soutien et la maestria avec laquelle il a parrainé l’événement. Cela donne le top départ de l’action forte que nous entendons mener à la tête du Consulat Général à Abidjan et vraiment servir sans réserve la communauté.

Vous étiez à Bruxelles, en train d’œuvrer pour  le rayonnement de l’image de votre pays, lorsque que vous avez appris, en Février dernier, votre nomination en qualité de Consul général à Abidjan. Qu’est-ce qui vous a parcouru l’esprit dès cette annonce ?

Vous savez, je suis un fonctionnaire de l’Etat du Burkina. Les hautes autorités qui sont mes responsables peuvent décider, à leur discrétion, de me confier à tout moment des tâches qu’elles jugent utiles et estiment que je suis en mesure d’accomplir. C’est dans cet esprit que j’ai accueilli cette nomination et je me suis dit aussi peut-être que le profil a pu jouer dans ce choix. Comme vous le savez, j’ai servi en Côte d’Ivoire ici, dans l’équipe de la Facilitation pendant près de 5 ans. A l’annonce de ma nomination, je me suis dit que j’ai un nouveau devoir à accomplir et j’étais prêt. J’ai dû cependant attendre un petit peu parce qu’il y avait plusieurs formalités à accomplir. C’est pourquoi, il y a eu un temps entre la nomination et la prise de service.

Vous envisagez de faire des services consulaires une administration de proximité. Quel est le contenu et le sens de cette ambition ?

Le contenu, c’est d’abord de communiquer. J’insiste là-dessus. Je vais beaucoup communiquer. Je vais beaucoup parler à la communauté burkinabè. Je veux être proche d’elle. Je veux lui dire que ma porte est ouverte. Je veux lui dire que j’irai vers elle, partout où elle se trouve. Je n’hésiterai pas et je ferai un programme pour rencontrer toutes les composantes, les connaitre, connaitre leurs préoccupations et trouver avec elles les solutions. Je ne m’enfermerai pas dans mon bureau pour rechercher des réponses à nos préoccupations ; j’entends faire assez vite une tournée à l’intérieur du pays dans les différentes régions qui composent ma juridiction.

Vos prédécesseurs, Monsieur le Consul général, ont connu des fortunes diverses à ce poste à Abidjan auprès d’administrés aussi chaleureux que divisés dans la défense de plusieurs intérêts. Franchement, n’avez-vous pas d’appréhension en prenant fonction sur les bords de la lagune Ebrié ?

Non, pas du tout. (Rires). J’ai plutôt beaucoup d’admiration pour la communauté burkinabè. Je l’ai déjà relevé dans un précédent entretien. C’est une communauté admirable, qui est patriote, qui a l’amour du Burkina Faso, qui tient beaucoup aux valeurs traditionnelles, aux valeurs burkinabè qui sont, entre autres, la solidarité, le respect du prochain, le respect de l’autorité. Les comportements sont quelquefois influencés par les réalités du pays d’accueil.  En Côte d’Ivoire, les Burkinabè ont gardé et entretiennent de  grandes valeurs humaines, notamment la disponibilité, le respect et la considération qu’ils ont pour autrui et pour leurs autorités. C’est un énorme atout. Je pense que quand vous avez en face de vous des gens disponibles de cette manière, vous êtes sûrs que, si vous savez bien communiquer avec eux, vous parviendrez à quelques résultats utiles.

Vous semblez donc connaitre peu ou prou vos administrés. Quelles sont donc leurs préoccupations en Côte d’Ivoire ?

Il est vrai que je viens de prendre service, mais leurs préoccupations sont pour l’essentiel celles que nous connaissons depuis longtemps : les conflits de travail, les litiges fonciers, les tracasseries et une forte demande au niveau de l’Etat civil. Je sais que le Consulat Général essaie d’y faire face. Mais voilà que nous avons peu de moyens. Notre souhait, c’était que le Consulat Général puisse avoir quelques ressources pour soutenir les Burkinabè dans les cas d’indigence et autres cas sociaux, parce qu’on en voit tous les jours ici. Ça nous fait mal de ne pas pouvoir toujours leur venir en aide. Je vous ai parlé d’administration de proximité. C’est parce que je veux aller à la rencontre de nos compatriotes pour mieux connaitre leurs préoccupations. La démarche est engagée, mais elle est d’abord interne. Je suis en train de parler aux membres du personnel. Après l’Assemblée générale tenue récemment, j’ai initié des audiences individuelles afin que chacun puisse s’exprimer par rapport à son travail et me faire des recommandations et des suggestions. J’attends de tous qu’ils enrichissent ma réflexion.

Votre mission se déroulera au moment où vos compatriotes de l’extérieur, naturellement ceux de Côte d’Ivoire, pourront voter au compte de la présidentielle 2015 au Burkina Faso. Les élections sont des périodes de surchauffe, de passion et souvent de dérapages langagiers. Quelle exhortation pouvez-vous leur faire en prélude à ce rendez-vous crucial ?

C’est un appel à la cohésion et à l’unité. La politique ne doit pas les diviser. Nous formons un bloc et nous devons nous comporter de telle sorte que nous puissions toujours faire honneur au Burkina Faso et garder une bonne image de notre pays. Nous devons bien nous comporter, en veillant au respect de la loi électorale du Burkina Faso, des lois et règlements du pays d’accueil, y compris l’ordre public.

Lorsque dans votre discours vous engagez vos compatriotes à soutenir la politique de sécurité et de bien-être des populations du Président Alassane Ouattara. Que leur demandez-vous en réalité ?

Ayant eu la chance de séjourner ici dans le cadre du processus de sortie de crise, nous avons noté que Abidjan avait à l’époque un indice sécurité de niveau 3. Il fut des moments où ce n’était pas facile. Mais aujourd’hui, l’indice est de niveau 1. Cela est dû essentiellement au travail du Gouvernement ivoirien. Aujourd’hui, dans les quartiers et les villes, les Forces de sécurité travaillent pour la sérénité des populations. Bien évidemment, la sécurité ne s’obtient pas sans les populations. Le Gouvernement a donc besoin que celles-ci le soutiennent dans le cadre des efforts qu’il fait dans ce domaine. C’est en cela que j’ai demandé à la communauté burkinabè d’aider les autorités à lui octroyer le bien-être et le développement. Toute la Côte d’Ivoire est en chantier, aujourd’hui, dans tous les domaines d’activités. Et je crois que le bénéfice et les fruits sont pour tous ceux qui vivent sur le territoire ivoirien, évidemment y compris les Burkinabè.

Vous avez été l’un des acteurs de la résolution de la crise ivoirienne en tant que collaborateur de Mr Boureima Badini, ex-Représentant spécial du Facilitateur. 4 ans après la tenue de la présidentielle ivoirienne, il est bon de vous demander si vous avez vu venir les choses, notamment le fait que la Côte d’Ivoire connaitrait une période postélectorale si éprouvante. Que répondez-vous, Monsieur le Consul Général?

Vous savez que notre travail était un travail qui se voulait proactif, un travail d’anticipation que nous devions mener. Nous partagions nos réflexions avec les autres acteurs du processus dans le souci de prévenir de possibles difficultés de l’après-élection. Mais j’avoue, personnellement, que nous ne nous attendions pas à une crise de cette ampleur. Nos populations en ont payé un lourd tribut. Sur environ 3 000 morts, nous comptons également des compatriotes burkinabè. Le leadership et le combat du Président Alassane Ouattara ont été déterminants dans l’aboutissement heureux du processus de sortie de crise. La forte implication du Facilitateur, le Président Blaise Compaoré qui a eu une bonne vision de la situation, a aidé à la sortie de crise. Nous gouttons aujourd’hui aux fruits exquis de la paix retrouvée, gage de tout développement et de bonheur pour nos  peuples.

Interview réalisée par Emile Scipion, Abidjan  pour Burkina24.com

 

 



Rédaction B24

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