Burkina : Sécurité, haut les mains !

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Le dialogue politique amorcé au palais présidentiel   a certes fait monter le mercure cette semaine. Mais ce qui aura le plus marqué les Ouagalais et les voyageurs, c’est certainement ces braquages à mains armées, dans lesquels deux Burkinabè ont perdu la vie.

Les Ouagalais ne sont pas si étrangers aux braquages. Une boutique dévalisée en pleine nuit, des noctambules menacés au coin d’une rue sombre, ils connaissaient.

Mais que des coups de feu  éclatent  régulièrement en pleine journée, en plein centre ville,  au nez et à la barbe des forces de l’ordre, c’est cela qui laisse sans voix. Et inquiète.

Les habitants de l’Est du Burkina pourraient bien se moquer de l’émoi de Ouagadougou. Mais les Ouagalais ne doivent pas s’en formaliser car la capitale burkinabè est censée être la plus sécurisée du pays.

Bandits « 2.1 » contre forces de sécurité 2.0

Mais la crosse du pistolet ne doit pas cacher la forêt de kalachnikovs ! Les agresseurs qui opèrent ainsi en pleine journée et avec une audace qui frise la provocation ou l’inconscience, sont d’un autre genre.

Mieux armés et opérant avec des plans apparemment savamment mûris, ils diffèrent de ces délinquants au couteau ou aux fusils traditionnels à qui on était habitué. Sans conteste, les armes circulent au Burkina ou autour du Burkina, et c’est une lapalissade de dire que la crise ivoirienne et la partition de fait du Mali n’y sont pas étrangères.

 Certains observateurs évoquent, en sourdine, ces nombreux  militaires qui ont été radiés de l’armée burkinabè et qui seraient tentés d’utiliser à d’autres fins le savoir-faire acquis en caserne et dont on leur refuse l’usage dans les entreprises de gardiennage pour nourrir leur famille.

Le maintien de l’ordre plus gros que le maintien de la sécurité ?

A cela, il faut ajouter les nombreuses arrestations de présumés délinquants qui se terminent quelques jours plus tard en « libération », agaçant les forces de sécurité qui cachent de moins en moins leur mécontentement.

Un mécontentement qui peut vite se muer en démotivation lorsque lesdites forces de sécurité deviennent souvent la « proie » des populations qu’elles sont censées protéger avec des moyens et des équipements qui, visiblement, commencent à ne plus souffrir la comparaison avec l’arsenal des bandits.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont une solution. Ils proposent par exemple de reverser les moyens investis dans l’équipement des forces de maintien de l’ordre au soutien des forces de sécurité.

La jeunesse, main d’œuvre par chère pour la délinquance

Autre chose. Ce n’est pas une justification, mais une raison : tant que le chômage continuera à s’épaissir, il sera comme un fertilisant pour la délinquance dont la main d’œuvre se recrute massivement au sein de cette jeunesse en proie à la désillusion.

Enfin, et la plupart des Burkinabè se le disent peut-être dans leur for intérieur, la principale valeur qui a donné son nom au « Burkinabè », se noie dans un environnement où elle fait de plus en plus office d’incongruité.  Un vol reste un vol, quelle qu’en soit la forme.

Bref ! La sécurité au Burkina est désormais en danger. Elle le sera encore davantage tant que les causes évoquées plus haut (elles ne sont d’ailleurs pas exhaustives) ne sont pas fondamentalement « lavées ». En attendant, courage aux intègres forces de sécurité, qui abandonnent leur famille pour risquer leur vie.

La Rédaction

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Il y a 4 commentaires

  1. Merci M. Serge. Y a de aigreur. Si y a agreur, qui a creer cet etat de fait. Si pays la regresse, on va tous regresser. Je salue ton esprit critique. Merci de ne pas m’adresser un commentaire. Merci

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