FITMO 2014: “Il n’existe pas de métier d’artiste mais une activité secondaire à peine tolérée”

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Les organisateurs du Festival International du Théâtre et de marionnettes de Ouagadougou (FITMO) se tient du 10 au 17 octobre 2014 à Ouagadougou. Un colloque a disséqué le thème de cette édition sur  « Formation artistique et insertion socioprofessionnelle des artistes », ont animé un colloque sur le dit thème .

« Formation artistique et insertion socioprofessionnelle des artistes », est le thème  qui a fait l’objet du colloque animé par les organisateurs  de la 14ième édition du Fitmo, ce mardi 10 octobre à l’amphithéâtre Jean-Pierre Guingané  de l’Université de Ouagadougou.

Le problème de l’insertion socioprofessionnelle des artistes est une réalité. « Au Burkina, on a continué à percevoir le métier  d’artiste comme un métier secondaire ne méritant pas une certaine considération encore moins une place dans la fonction publique. Pour nombre de personne et au premier rang, les décideurs politiques, il n’existe tout simplement pas de métier d’artiste, tout au plus une activité secondaire à peine tolérée », explique Docteur Hamadou Mandé, directeur du Fitmo.

Même si les discours semblent positifs sur le sujet ces dernières années notamment avec l’adoption du statut de l’artiste,  les structures mises en place pour favoriser la promotion de l’emploi, n’offrent aucune possibilité à l’insertion des artistes.

Les personnes formées sont amenées à s’orienter vers le privé ou l’auto-emploi. Les rares personnes  qui ont intégré le circuit normal, la fonction publique, l’ont fait à travers des mesures spéciales adoptées. Le plus grand nombre se reconvertit à un autre type d’emploi tel l’enseignement, l’administration publique.

Le problème de l’insertion socioprofessionnelle se pose avec acuité en Afrique en général,  témoigne Kouadio Donald, Chef de département à l’école nationale de théâtre d’Abidjan. « La Côte d’Ivoire ne demeure pas en marge de cet amère constat. Des promotions entières sorties de l’école nationale de théâtre, n’ont toujours pas eu leur premier emploi. Certains se voient dans l’obligation face au désespoir social de s’orienter dans le secteur informel, d’autres se reconvertissent dans d’autres corps de métier ».

Les raisons du chômage des artistes se situent à différents niveaux, selon les communicateurs. Ils citent le nombre insuffisant de centres culturels, le manque de soutien aux initiatives privées, l’inorganisation criarde de certaines structures culturelles. Alors que l’alternative principale demeure l’auto-emploi, certains responsables se sont  montrés cependant indignes d’un quelconque soutien. Autant de lacunes à combler afin de faire du théâtre un métier à part entière.

Reveline SOME
Burkina24

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