Une coalition de jeunes appelle la classe politique à retourner à la table du dialogue

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La Coalition des associations de jeunesse pour la démocratie (CAJID), appelle, dans cette lettre ouverte, en reprenant les mots du président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, l’ensemble de la classe politique burkinabè  à retourner “avec obstination au dialogue”. Pour cette coalition, il faut d’abord tenir compte de la souffrance des populations et des questions plus urgentes comme l’insécurité grandissante et la qualité de l’éducation. Elle invite par conséquent le gouvernement à retirer le projet de loi de révision et l’opposition à renoncer à la désobéissance civile, afin de retourner à un dialogue inclusif sous l’égide d’un médiateur consensuel. Mais lisez donc.

Après 24 années de pratique démocratique, le Burkina Faso se situe au tournant le plus emblématique de sa vie démocratique. L’échéance de la première passation de témoin entre un Chef d’Etat sortant et entrant a conduit le pays dans une sorte de crise larvée qui a couvé pendant près de 3 ans.

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase le 21 octobre dernier lorsque le gouvernement a décidé de transmettre à l’Assemblée nationale un projet de loi portant modification de la constitution en son article 37, portant limitation des mandats présidentiels. En réaction à cela, l’opposition politique et des Organisations de la Société Civile opposé à la modification de l’article 37, ont annoncé un mot d’ordre de désobéissance civile à partir de 28 octobre 2014.

Chers acteurs de la vie politique, en tant qu’organisation de la société civile et au-delà de nos positions individuelles et partisanes, nous avons le devoir d’alerter quant aux graves dérives que comportent ces mesures d’une extrémité inouïe, sans aucun dialogue préalable.

Il serait d’une grave incongruité doublée d’une absurdité aveuglante, que de croire que le principe universel selon lequel : « les mêmes causes produisent les mêmes effets », ne s’applique pas au Burkina Faso.

Nous ne nous pas une exception à cette règle. Dans un cas similaire en Guinée on a dénombré au moins 100 morts et des traitements d’un caractère tellement inhumain et hautement dégradants dépassant même l’entendement humain.

Tous les signaux nous alertent quant au caractère particulièrement désastreux sur le plan humanitaire et socio-économique des récentes mesures. Les simulations les plus optimistes font état d’au moins une dizaine de morts dans le cas présent du Burkina Faso. La responsabilité morale et et même directe de cette tragédie est imputable aux acteurs politiques.

Au-delà de ces prévisions qui restent des supputations et ne valent que pour le futur, les populations souffrent actuellement et ce dans une indifférence déconcertante des leaders politiques :

  • De l’insécurité grandissante et d’une violence rarissime avec son cortège de morts innocentes et de destructions importantes de biens ;
  • des élèves et étudiants qui souffraient déjà des difficultés récurrentes de notre système éducatif, notamment la mise en œuvre délicate du continuum éducatif et l’irrégularité de l’année académique,  et qui doivent encore subir les fermetures prématurées des classes avant même d’avoir bouclé le premier mois de cours ;
  • de la population de manière générale qui est constamment stressée avec une psychose généralisée, handicapant toute réflexion à long terme, hypothéquant même la mise en œuvre sereine de certains projets de développement ;
  • de l’augmentation des prix de certains produits de première nécessité dans les marchés.

Le devoir des responsables politiques qui parlent au nom du peuple, est de réaliser le mieux-être de ce peuple en le protégeant et en lui assurant un avenir serein. Vous n’avez pas le droit de vous servir des corps des citoyens burkinabé, votre tant aimé peuple, pour vous maintenir ou accéder au pouvoir.

Il y a encore la possibilité de nous épargner une telle tragédie qui est le fait des hommes. En effet, les acteurs politiques s’accordent sur les points les plus importants:

  • la paix, la vraie et durable est indispensable pour le Burkina Faso ;
  • le principe démocratique de l’alternance fait l’unanimité. Le seul point d’achoppement est relatif au timing de la mise en œuvre (les partisans de la modification souhaitant la voir réaliser au moins 5 ans après le terme du présent mandat et ceux de la non modification, souhaitant la voir appliquer au terme du présent mandat comme actuellement inscrit dans la constitution).

Dans la pratique démocratique, la classe politique s’accordent sur l’opportunité et l’objet d’un référendum avant de le soumettre au peuple souverain. Dans le cas présent, tous les signaux sont au rouge. Tous les acteurs de la vie nationale s’accordent sur le caractère hautement risqué de la modification de l’article 37 ou la tenue d’un référendum sans consensus préalable.

A travers cette lettre ouverte, la Coaltion des Associations de Jeunesse pour la Démocratie (CAJD) dénonce avec la plus grande fermeté :

  • les dernières mesures unilatérales et jusqu’au boutiste du projet de loi d’un côté et du mot d’ordre de désobéissance civile de l’autre.
  • Le très peu d’égard aux souffrances actuelles du peuple dont les gémissements étouffés par le poids asphyxiant des douleurs quotidiennes, rendent sa voix inaudible des palais cossus et des ambitions politiques égoïstes de certains leaders politiques.

Au regard de tout ce qui précède et malgré le risque de ne pas être à mesure de parler aussi fort que les puissants qui règnent sur nous, le « pauvre » mais fier et hautement responsable burkinabé propose instamment à travers la CAJD, les mesures urgentes suivantes :

  • au gouvernement de retirer le projet de loi portant modification de l’article 37 introduit auprès de l’Assemblée nationale ;
  • à l’opposition, la suspension de son projet de mot d’ordre appelant à la désobéissance civile, consécutif au dépôt du projet de loi portant modification de l’article 37 auprès de l’Assemblée nationale ;
  • l’ouverture d’un dialogue inclusif sans délais sur les questions qui divisent, sous la conduite d’un médiateur désigné de commun accord. Sur ce dernier point, nous en appelons à la sagesse et à toute la responsabilité du Chef de l’Etat élu par le peuple et garant du respect de la constitution et de la protection du peuple burkinabé, qui lui a fait confiance et confié son destin.

Très attaché à la paix et aux valeurs du dialogue, nous vous invitions à prendre exemple sur l’expérience réussie du Sénégal et vous invitons à faire vôtre cette assertion du Président Félix Houphouët-Boigny : « Dans la recherche de la paix, de la vraie paix, de la paix juste et durable on ne doit pas hésiter un seul instant, à recourir, avec obstination au dialogue. »

Chers leaders politiques, en espérant que les leaders politiques sont encore capables d’humilité, d’apaisement et d’écoute du bas peuple, que la voix du peuple compte encore réellement, nous vous souhaitons d’entrer par la porte honorable de l’histoire et être jugé non coupable par le tribunal de votre conscience.

Pour la coordination nationale de la CAJD,

Le Coordonnateur national

Cheick Fayçal TRAORE

B24 Opinion

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Il y a 33 commentaires

  1. Dialoguer quoi? Il faut que les Africains apprenent a respecter les lois et surtout s’auto discipliner. Quand on arrive a feu et que c’est rouge, on s’arrete meme s’il n’ya pas de circulation. On fait des lois que certains vont pas aimer et d’autre si. C’est comme ca. Arretez de pleurer. C’est a l’opposition d’aller au referendum et battre BC comme Macky au Senegal

  2. Retourner a quelle table? On va trainer ce manchin la pendant combien de temps encore? Il faut conclure et passer a autre chose comme par exemple le mechanisme de creation d’emplois de tres bonne qualite pour les jeunes … Dans tous les cas le vin est tire et il faut le boire. esperons seulement que tous les leaders politiques restent sur le territoire national afin qu’on conclue ce truc la rapidement. On verra qui va traverser les frontieres.

  3. Messieurs de CAJID
    Votre raisonnement manque de logique. En effet, vous semblez mettre sur le m?me plan la d?cision criminelle de Blaise Compaor? et sa clique de violer la constitution et la riposte l?gitime du peuple de d?sob?issance civile lanc?e par le CFOP. Votre position ressemble ? celle de t?moins d’une sc?ne de brigandage d’une boutique par des bandits qui demandent ? la victime de n?gocier avec le brigand ! Vous voyez bien que c’est absurde. Il n’ ya donc pas de n?gociation ? l’ordre du jour! Il faut faire fuir les brigands. Si vous ?tes des jeunes conscients et soucieux de l’avenir de votre pays, rejoignez plut?t le camp du peuple pour abattre les brigands qui veulent violer la constitution et r?gner ? vie ! Vive la jeunesse patriotique du Burkina ! Unis, nous vaincrons !

  4. JE CROIS QUE NOS D?PUTES PRENDRONT LA BONNE MESURE DE LA SITUATION NATIONALE ET FERONT LE BON CHOIX POUR LA PAIX ET LA STABILIT? DE LA D?MOCRATIE EN PENSENT AUSSI A L?AVENIR DU PAYS PARTANT DE LEURS ENFANTS ET DE LEURS PARENTS.

    A BON ENTENDEUR SALUT!
    NA LARA AN SARA!

  5. La politique n’a pas de morale, il n’y a que des voix dans les urnes qui comptent. C’est ?a la politique, c’est ?a la d?mocratie. Chirac disait que la d?mocratie est un luxe pour l’Afrique, les gens ne l’ont pas compris ils l’ont insult?. Pourtant c’est vrai ce qu’il a dit. La d?mocratie ce sont les moyens, pas les id?ologies. Ce sont les moyens d’abord vient apr?s les id?ologies.Les opposants qui se plaignent aujourd’hui sur la situation nationale c’est parce qu’ils n’ont pas les moyens de la majorit? pour aller vers le peuple et les convaincre de les voter. Ils savent tr?s bien que s’il y a ?lection et que le Pr?sident Blaise se pr?sente il va la remport? m?me on organise 100 fois, parce qu’il est populaire et a les moyens de sa politique.Les opposants parlent alors que si tu parts dans les provinces personne ne connait leur Nom. c’est ?a la triste r?alit

  6. doukou tu sais o? se passe argent de l’or ? il faut mieux te renseigner pour savoir qui sont les vrai voleurs de ton pays si tu es Burkinab? si non aussi ferme ta bouche .

  7. si le peuple ne ve plu de blaise c? aux urnes qu’on vera ?a,le peuple ce n’est pa 15mil personnes ? la place de la revolution acompagn? de 4 ou 5 voleurs ki se disent oposants pr sem? la panik dan la t?te de la jeuness,le jr la o? c? voleurs viendront fair un meting avc leurs femmes et enfants,on poura parl? de democratie,si c? pr emp?cher l? enfants d’autrui d’aller a l’?cole ou au travail sou pretexte k’il veule le changema!nimporte koi…la jeunesse burkinab? est mal gar?,il veule ns utilis? pr leur bisness,il ya tout au burkina sauf les oposants…

  8. Chers jeunes,le moment est venu pour vs de vs liberer de la malgouvernance de ce sanguinaire.Il faut vs battre pour le changement.C’est par le changemt qu’on pourra vaincre l’ins?curit?,am?liorer la qualit? de l’?ducation,sortir le peuple des souffrances etc.La corruption ronge ? tous les niveaux.C’est pourquoi la jeunesse souffre.Toutes les t?tes sont pourries c’est pourquoi rien ne va.La jeunesse doit forger son destin et non ?tre suiviste.

  9. C’est une bonne chose, mais sachiez qu’on ne peut pas dialoguer avec une ent?t? et droguer par le pouvoir par le pouvoir, la seule fa?on de vous faire entendre, c’est de faire comme en 1998, sortez le 28.10.14 nombreux et vous exprimer silencieusement, m?me un mois s’il le faut, c’est la d?mocratie et l?gitime: Le printemps burkinab? a pris son chemin, sauf la rue fera partir un cam?l?on et un menteur qui veut s??terniser au pouvoir. Lors d?une manifestation scolaire, Blaise Compaor? le meneur nous disait ? l??poque que la rue ?tait l?endroit o? on obtient ses revendications car le gouvernement ne tuera pas tout le monde. Blaise a peur de la rue. Tous les soul?vements populaires au Burkina ont eu des bons r?sultats ? commencer par le p?re d?Hermann Yameogo Chasser du pouvoir. Peuple Burkinab?, rappelez-vous de ce 15 D?cembre 1998 apr?s l?assassinat de Norbert Zongo, les ?l?ves les ?tudiants par milliers dans la rue, s?en prennent au r?gime Compaor?, la soci?t? civile, les syndicats, pendant un mois ont pris un bras de fer contre le r?gime sanguinaire, des manifestations, des gr?ves, au bout d?un mois et un jour, Blaise Compaor? accepte avec la solution finale des conseils des sages de quitter le pouvoir apr?s ses deux mandats, et de respecter la lettre et l?esprit de l?article 37 qui interdisent tout pr?sident de Faso de briguer 3 mandats pr?sidentiels cons?cutifs rendu obligatoire par la constitution de 1991. Le peuple ne peut pas avoir confiance a un pr?sident qui ment comme il respire, sortons et chassons celui qui nous trahi a tout moment.

  10. Sans objet. Vous ?tes sur quelle plan?te??
    Vous voulez nous dire qu’il n’ya pas eu de dialogue?
    Savez vous que vous vous foutez des gens??
    Vous mettez o? la m?diation de JBO et le dialogue inclusif du Chef de l’Etat?
    Ces deux cadres de dialogues ont ?chou? car la classa politique n’a pas pu s’entendre.
    C’est en cela qu’il faut saluer l’initiative du Gouvernement.
    Vos propositions sont anachroniques et contre productives.
    Les besoins des populations sont immenses et ce n’est pas cela qui emp?chera le processus de r?vision de l’article 37.
    Vous ?tes en retard
    Revoyez votre agenda SVP

  11. Voila des gens qui reflechissent! chere burkinabes prenez exemple sur vos pays voisins! cette crise peut etre resolu par le dialogue! il y a parmi les citoyens honnetes des gens qui n’attendent que ca degenere pour en profiter! Ne vous adonner pas a un enthousiasme aveugle pense avant tout a ceux qui attendent pour ensuite en rire de vous.

  12. Franchement soyons franc,nous voulons tous la paix dans notr pays,m? eske ? l’heure actu?l le dialog ? possible? Le presi ne vapa ced? e le peuple non plus.C? domage de le constat?,m? l? d?s de l’instabilit? sont lanc?,seul Dieu poura donc nou aid

  13. il serais mieux pour la jeunesse consciente de se mettre au travail au lieu des politiciens qui ma foie ne se soucis que de leur compte en banque .Ces derniers utilisent la jeunesse comme un bouclier .Ils appellent la jeunesse ? descendre dans la rue pourtant toute leur vie politique ,ils n'ont jamais rien fait pour la jeunesse et c'est quand il s'agit de bien garnir leur compte ils savent que la jeunesse existe .S'il vous plait ne nous parlez d'int?r?t national car nous savons que c'est pour votre propre cause !!!

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