Avant projet de la charte de transition : La plénière reportée à ce jeudi

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L’armée a fait ses “amendements”, “observations” ou “contre-propositions” (c’est selon) sur l’avant-charte de la transition élaboré conjointement par la société civile, les partis politiques et les autorités religieuses et coutumières qui ont été remis, par le biais du président Macky Sall, aux composantes sus-mentionnées ce mardi. Une sous-commission composée de l’ensemble des parties a planché ce 12 novembre sur ces observations et a fait une nouvelle proposition de charte qui devrait être soumise à une plénière dans l’après-midi de ce mercredi. Cependant, les mandataires de l’armée ont demandé à soumettre les nouvelles propositions à leur hiérarchie. La plénière a donc été reportée au lendemain jeudi dans l’après-midi.

C’est un sentiment de lassitude qui s’est affiché sur les visages des acteurs de la société civile (surtout) qui ont fait le déplacement de la salle de Conférence de l’Autorité du Liptako-Gourma pour assister à la plénière sur l’avant-charte de la transition, lorsque Zéphirin Diabré a annoncé le report pour le lendemain dans l’après-midi.

Selon les confidences d’un membre de la société civile, ces négociations commencent à prendre du temps. « Nous ne dormons plus depuis une semaine parce que c’est pour la patrie, nous n’allons plus au travail », se plaint-il.

« L’armée fait du dilatoire », est convaincu Siaka Traoré, porte-parole de la Coordination des organisations de la société civile sur la transition, qui dit ne pas comprendre que l’armée prenne autant de temps. « L’armée n’a pas fait de coup d’Etat, c’est une insurrection populaire », rappelle-t-il.

Mais du côté des partis politiques, on est un peu plus modéré. « Il se passe que nous  travaillons en réalité », explique Zéphirin Diabré, chef de file de l’ancienne opposition politique.

Il continue :  « Comme on a plusieurs composantes différentes, il est clair que si une composante a des propositions, il faut que les autres composantes aillent les examiner avant de donner leur réponse. Ce matin, les partis politiques se sont réunis, la société civile s’est réunie, les autorités coutumières et religieuses se sont réunies et ont fait des amendements au texte qui a été proposé.

La commission a informé la commission militaire de ces amendements-là. Il est normal que l’armée se concerte sur nos nouvelles propositions. C’est un jeu de ping-pong qui est inévitable, si l’on veut avoir un travail qui est bien fait ».

Aller à l’essentiel : les élections

Les discussions buttent sur notamment le nombre des organes de la transition, l’armée ayant proposé d’en supprimer quelques uns afin d’aller directement aux élections. Le Pr Augustin Loada, membre de la société civile, semble de cet avis.

« Finalement, je crois qu’il faut se concentrer sur l’élection pour sortir de cette situation qui n’arrange personne », dit-il, reconnaissant qu’ « il y a des questions lourdes, de réconciliation nationale, de refondation de la démocratie, qui ne peuvent pas trouver réponse en quelques mois ».

Il propose donc que la mise en œuvre de l’avant projet de charte soit confiée au prochain président élu. « Nous avons une charte, apparemment à laquelle les militaires ne veulent pas s’associer, nous pouvons revenir sur cet accord qui lie » les partis politiques et la société civile, dit Loada.

L’autre point de dissension est la participation de l’ancienne majorité à la transition. Roch Marc Christian Kaboré, président du MPP (ancienne opposition) trouve qu’il n’y a pas de problème en principe, même s’il faut quelques préalables.

« L’ancienne majorité doit tirer les leçons de son comportement pour pouvoir réintégrer normalement les choses (…). Mais nous pensons que l’arrogance, la manière de poser les problèmes ne permettent pas une réconciliation entre les gens.

Il appartient à cette ancienne majorité de faire les pas qui permettent à tout le monde  de les accepter et de les réinsérer normalement dans un processus où tous les partis politiques sont acceptés sans difficultés particulières. Nous n’en faisons pas une obsession particulière, mais il y a des stigmates qui restent qu’il faut qu’ils nettoient afin qu’on puisse avancer ensemble », a-t-il développé.

Mais dans l’ensemble, Roch Kaboré estime qu’il n’y a pas de contradiction de fond et que, espère-t-il, « nous pensons que demain, nous pourrons aboutir à un texte afin de pouvoir désigner un président de la transition ».

Abdou ZOURE
Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 120 commentaires

  1. Attention a une autre escalade. Que vous le veuilliez ou pas ils vous ont aid? a descendre blaise et son clan. Le merite de la victoire leur revient aussi. Et j’ose repeter encore: personne d’entre nous ne sait encore ce qui s’est pass? dans les coulisses ni les actes derri?re le rideau ni meme pourquoi et grace a qui l’arm?e en partie s’est rang? du cot? de l’opposition. Donc, gaffe a ce que nous pensons

  2. Qui a ?t? le premier ? parler de modification de l’article 37 ? Pas Blaise Compaor? ! Ces nouveaux “hommes int?gres” sont juste ? la conqu?te du pouvoir, conqu?te acc?l?r?e par le fait qu’ils avaient perdu leurs postes, leurs privil?ges. Plus arrogant que Simon Compaor? ? son temps, tu meurs. Sur 27 ans de pouvoir de Blaise Compaor?, ils en ont partag? 26 et m?me gouvern? ? la place de Blaise. C’?tait ? chacun sa sir?ne ! La preuve ? leur d?part, ils d?claraient tous, rappelez-vous: Nous n’avons rien contre Blaise Compaor?, nous d?non?ons seulement la gestion du parti (pour ne pas dire la direction du parti). Quant ? Simon Compaor?: Nous n’?tions plus respect?s…

  3. A ma connaissance, ce ne sont pas les militaires qui sont sorties march?s. donc je ne comprend pas pourquoi ils s'ent?te temps? oubien c'est une fa?on de permettre ? lex-majorit? de gagner en temps ou quoi?

  4. Bien dit. C’est pourquoi il ne faut pas tergiverser avec cette question de transition. Je suis convaincu meme qu’on peut tenir les elections dans le delai de 3 mois et je defie quiconque de me convaincre du contraire. Ou bien Marc? (les fonds du ref….)Alors allons a l’essentiel et ne cherchons pas a fabriquer un ancien President d’un an forcement.. Arnaud Mare Nabaloum Aim? Issaka Garango Marc Wendenso Zall

  5. Arr?tez ce cirque de pacotille et conduisez lz payys hors de ce bourbi? politico-militaire! On est faigue? de vous!

  6. Zida n’a qu’? faire attention. l’arm?e pouvait etre l? quand la charte etait en redaction. elle doit pas attendre et enssuite faire des contre propositions. Le peuple a n’en mar de cette mani?re de dialoguer(tactique de Blaise)qui fait perdre du temps de l’?nergie et au bout c’est la frustraction et la col?re. Donc attention Zida ? la mal?diction et ? la col?re des BURKINABES

  7. Si les militaires pense qu'il peuvent gagner du temps avec le GAL Gilbert et BLAISE depuis la RCI, ils nous trouverons en face d'eux. Voil? des arrivistes qui veulent r?cup?rer le pouvoir du peuple. Si jamais la communaut? internationale enclenche les sanctions contre le BURKINA FASO ils seront les seuls responsables et le peuple r?pliquera de la plus belle mani?re.