Lettre ouverte au Lieutenant-colonel ZIDA et à l’ensemble des forces vives du Burkina

Ceci est une lettre ouverte d’un citoyen au lieutenant-colonel Isaac Zida et aux forces vives, sur la situation nationale. 

En ce moment historique de notre pays dont la vocation naturelle est illustrée dans sa dénomination, Burkina Faso, il est nécessaire que tous les enfants du pays apportent avec humilité mais avec conviction leur contribution à l’écriture de cette histoire. C’est en ce sens que nous venons par cette lettre ouverte pour tenter d’attirer l’attention des grands acteurs du moment sur certains aspects qui auraient pu les échapper.

Sur ce qui vient de se passer dans notre pays, ne nous trompons pas de diagnostique au risque de ne pas prévenir suffisamment les prochaines crises. Le soulèvement populaire a été enclenché par la soif réelle d’un changement. Il ne serait pas juste de réduire cette quête de changement à la seule alternance à la tête de l’État.

L’expression dit que « l’arbre ne doit pas cacher la forêt. » En effet, l’envie fortement exprimée depuis des années de se séparer du Président Compaoré était présente, la volonté d’avoir une autre politique était tout aussi forte.

Depuis combien d’années les sessions académiques sont décalage ? Qui a un minimum de capacité et qui laisse ses enfants étudier au Burkina ? Les jeunes déscolarisés ou non instruites, combien d’entre eux travaillent dans des conditions proches de l’esclavage – sans sécurité, ni protection sociale, souvent avec des arriérés de salaires de plusieurs mois, sans le moindre recours ?

Qui n’a pas entendu parler de la multiplication des actes d’incivisme ? Un banal accident de circulation peut vite susciter des menaces de lynchage… En 2011, la mutinerie dans l’armée avait été enclenchée par des jeunes… Il y a de la colère, il y a de l’amertume dans cette jeunesse. Cette jeunesse qui a accepté de payer un lourd tribut est désormais consciente de ses capacités. Cette conscience est à apprécier dans toutes ses facettes.

Ce constat n’apparait pas encore dans la version de la Charte de la Transition rendue publique. Cela nous a motivé à tenter une intervention par cette voie de la lettre ouverte. Car la Transition ne doit pas se concentrer uniquement sur les questions institutionnelles qui sont certes essentielles mais pas suffisantes.

La question de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes est la trame de fond de cette profonde crise. Et lorsque l’on parle de jeune dans le cas du Burkina l’on parle de près de 70% de la population soit de l’écrasante.

L’avenir de la nation en dépend directement et les institutions futures quelles que soient leurs assises ne pourront contenir les rancœurs et la révolte de cette masse qui se cherche et tire le diable par la queue.

Ce soulèvement populaire, cette révolution, doit profiter immédiatement à la population et surtout à la jeunesse. Il n’est pas question de laisser cette question cruciale aux seuls partis politiques qui viendraient à accéder au pouvoir pendant à l’issue des élections à venir. La Transition est une période idéale pour rassembler l’ensemble des forces vives autour d’un consensus pour s’entendre sur un programme général mais suffisamment concret pour répondre aux besoins des jeunes.

Ce programme de large consensus serait alors mis en œuvre selon l’approche et les valeurs idéologiques propres à tel ou tel autre parti qui prendrait la tête de l’État. Le Président de la Transition ainsi que l’Assemblée nationale de la transition, devront avoir aussi pour mandat – cela mérite d’être dans la charte – de convoquer des assises nationales sur la jeunesse.

Il faudra veiller à ce qu’il ait un changement perceptible en faveur de cette jeunesse grouillante d’impatience. Cela ne peut être des « mesurettes ».

Soyons clair, si comme leaders d’un peuple à la croisée des chemins, nous ne prenons pas de mesures audacieuses pour offrir à la majorité de notre population des raisons d’espérer, nous aurons manqué notre rendez-vous. A Dieu ne plaise, car Lui seul sait à quand et à quelle ampleur sera le prochain soulèvement.

Vive le Burkina Faso qui n’a d’autre vocation que d’être réellement la patrie des hommes et des femmes dignes et intègres en bonne intelligence avec les autres peuples.

Je vous remercie.

Le 12 novembre 2014.

Moussa SINON

([email protected])


 

PS : Le Programme du Conseil national de la Résistance française(1944)  et Les assises nationales du Sénégal(2009) sont des sources d’inspiration quoique nous puissions et devrions exceller et aller plus loin.



B24 Opinion

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11 commentaires

  1. Je ne comprend toujours pas pourquoi les mesures conservatoires de ZIDA ne concernent pas le gel des comptes bancaires des dignitaires de l'ancien regime Compaore!!! Ca devrait ?tre la toute premi?re mesure, ? mon sens et tout ?a me laisse un peu perplexe. Mais, bon!!!! De toute fa?on, que ce soit pour les autorit?s de transition que celles issues des ?lections de 2015, le gros du combat ? mener est du cot? de deux minist?re: celui de la justice et celui de l'?conomie et des finances. Il faut vraiment assainir ces deux departements sinon plusieurs bourreaux du peuple passeront ? travers les mailles du filet. Je salue le Grand et Honorable Peuple du Burkina Faso qui a su ? un certain moment que la procuration qu'il a donn?e au deput?s pour le representer notamment pour consentir l'impot, controler l'action du gouvernement et voter la loi, lui devenait prejudiciable et qu'il lui fallait retirer cette procuration et se presenter lui-meme ? l'Assembl?e Nationale pour une democratie directe. Cela est gagn? certes mais il va falloir rester vigilent et moblis?. Chacun doit jouer son role de citoyen vrai en participant activement ? la vie de la nation: s'interesser aux eventuels projets de lois, s'inscrire sur les listes electorales, participer aux elections afin de faire son choix, etc. Mes condoleances aux familles ayant perdues un proche, prompt retablissement aux bless?s. La nation vous est reconnaissante. Vive le Burkina Faso democratique, tranparent et prosp?re! C'?tait le r?ve de nos a?eux!!!

  2. SLT JAIMERAI VOU DEMANDER .POUQUOIS LES AUTRES PARTI POLITIQ N VEUL PA Q LEX MAJORIT? SW PRESENTE DAN LA TRANSITION? EN OUBLIANT Q SANS EUX IL NAURA PA D PAIX PR NOTR CH?RE PATRI Q NOU AIMON TOUS .DNC PRION ALAH POUR Q LA PAIX REVIENNE .J VOU REMERCI

  3. Correct et bien dit. Ils ne pourront pas se d?biner devant l'histoire de notre peuple en cours d'?criture acc?l?r?e; avec ses h?ros et ses morts

  4. Bien dit Issaka, mais regardes, chez nous en France on a beau etre en Democratie, si il n’y a que des nuls a se presenter aux elections presidentielles depuis 30 ans, et bien nous sommes oblige de voter pour un nul, meme si c’est le choix du peuple il ne profite pas au peuple.

  5. Mai qi gagnera les election ne sera qe le choix du peupl alors porqoi pens? qe celui ci ne profitera pa a ceu ci …oubien y aura til deu sorte de peupl???
    L’homm politik es le vigi,l’aigulleur,la sentinel parce qil es la pens?e et l’intelligence reflet? par le peupl..alor ne pens? vou qe s’accorder serai meilleur por la nation et le peupl pluto qe d’accelerer le procesus et se perdr en chemin??? C a vou qe l’on placera desormai notr confiance et no ambition,alors ne deriver pa avan mm de lever les amard!!!!

  6. Tu connais koi sur les paysans au Burkina toi? Fait tes vacances et rentre se toi. Ces vos dirigeants seulement qui chauffe l afrique . Des faut pompier . Laisse nous respirer toubabou

  7. Le pouvoir doit revenir aux plus jeunes et aux representants de toute la soci?t?Burkinab?,sans exclusion aucune.Progres et r?ussite au nouveau Burkiba Faso,insha Allah !

  8. l?insurrection populaire qui a conduite au depart de Blaise Compaor? n'est pas seulement fond?e sur l?alternance d?mocratique. La jeunesse Burkinab? veut plus de transparence et d'?quit? dans la gestion du pouvoir notamment les questions relatives aux recrutements du personnel de l'administration publique et m?me priv?e. Des soci?t? d'Etat telle que la SANABEL, SONAPOST, LONAB ONEA ont tendance a faire des recrutement par affinit?. Il faut donc revoir le mode de recrutement du personnel des ces soci?t?s. A mon avis, c'est le minist?re de la fonction publique qui devrait en temps normal proc?der aux recrutement de tout personnel de l'administration Publique Burkinab?. En effet, l'on trouve au sein de ces soci?t?, toute une famille comme personnel. Le changement n'est pas seulement le fait d'une alternance d?mocratique mais une pratique dans notre vie quotidienne. Ensemble disons non ? la d?magogie
    et la corruption.

  9. Nous les jeunes nous attentons vraiment de cette transition et de celui qui va succ?d? apr?s en primo la justice une justice re?le au attentes de tt ceux qui attendaient de ?a depuis la nuit des temps ,Secondo un changement de la vie a toute les couches sociales;avoir au moins les trois repas par jour( atteinte de autosuffisance alimentaire) ,du travail pour les jeunes et la libert? de cr?er des entreprises et d’exerc? librement ses activit?.Que le parent paysan qui est au village sent un r?el changement dans sa vie…
    plus de monopole,une implication de la jeunesse dans les prises de d?cision.

  10. je pense que cette lettre est ? prendre en compte, car ceux qui ont fait partir l’ex-pr?sident sont des pionniers. ils le seront de plus belle encore s’il ne sont pas impliqu? en tend que acteurs.ne penser plus qu’on utiliser les jeunes comme des instruments ? objectifs. il est toujours tend de responsabiliser les jeunes dans cette transition. pas de second r?le. n’oublier pas que les pionniers de r?volution de SANKARA ont au moins 30 ans.

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