Blaise Compaoré face au jugement de l’histoire

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Ceci est une analyse d’un citoyen sur l’ancien président du Faso Blaise Compaoré

On le disait taciturne et peu enclin à se prononcer. Très discret pour d’autres, Blaise Compaoré semble donner aujourd’hui une autre image de lui. Tout juste près avoir été contraint de quitter le pouvoir, l’ex président ramène l’image d’un enfant malheureux d’avoir perdu son jouet préféré : le pouvoir.  Une semaine tout juste après son départ forcé du Burkina Faso, Blaise Compaoré veut s’inviter au débat qui se mène actuellement pour l’avenir du pays. Accusant à tout vent, le refugié de Yamoussoukro veut se donner le beau rôle.

S’il s’est voulu apaisant dès les premiers moments de son exil ivoirien, allant jusqu’à utiliser l’image biblique de l’agneau sacrificiel pour se dépeindre, la nature véritable de Blaise Compaoré a vite fait de le rattraper : celle d’un assoiffé de pouvoir.

 Ses dernières révélations au journal panafricain  « Jeune Afrique » achèvent de convaincre qu’il n’a jamais quitté le pouvoir de lui-même pour « éviter les pertes en vies humaines » mais bien sous la contrainte. Si, par orgueil et peut-être par aveuglement, Blaise Compaoré refuse d’admettre qu’il a été chassé du pouvoir par un soulèvement populaire et non par un coup d’état comme il s’efforce de se convaincre, les faits sont pourtant là pour prouver le contraire.

Non, non et non M. Compaoré. L’opposition n’a point ourdi, avec la complicité de l’armée, un coup d’état pour vous renverser. Connaissant votre propension à fabriquer des coups d’état, vous vous seriez saisi de cette occasion pour arrêter et faire disparaître de l’opposant.

Vos adversaires politiques connaissaient tellement vos méthodes qu’aucun ne se serait risqué à comploter avec l’armée. Une armée que vous avez divisée et noyautée à souhait dans le seul but de vous maintenir au pouvoir.  A quoi bon ourdir un complot quand le fruit lui-même se gangrenait de l’intérieur ?

 Croyez-vous que si tel était le cas, les atermoiements constatés après votre départ se seraient vus ? Admettez-vous-même que rien n’était prémédité. De toutes les façons, vous le faites dejà quand vous ne souhaitez même pas à votre pire ennemi d’occuper le fauteuil du chef d’Etat Isaac Yacouba Zida.

Nous avons obtenu votre départ à la suite de votre entêtement. Puis, nous avons entrepris de nous organiser pour gérer l’après Compaoré.

Croyez-vous que si l’opposition avait voulu pactiser avec les militaires, ce serait avec les éléments de  votre garde prétorienne, le Régiment de sécurité présidentiel, qui  gère aujourd’hui la transition qu’elle aurait composée. Vous faites fausse route et le mieux ce serait de vous arrêtez net. Admettez et accepter que le peuple à conduit sa révolution comme il l’entendait.

Tout seul et vos hordes de courtisans avec vous n’avez pas vu sourde la colère du peuple qui doucement mais sûrement montait. Et pourtant, les signes n’ont pas manqué.

Les manifestations dont le nombre de protestataires augmentaient de plus en plus devraient donner l’alerte. Que nenni ! Aveuglé par la soif du pouvoir et les avantages conférés par 27 années de gestion d’un pouvoir sensé être démocratique mais qui dans sa réalité était clanique, vous n’avez rien vu venir, toi et ton clan. Ou bien était-ce trop vous demander que de savoir interpréter les signes où d’entendre les nombreux messages qu’on vous faisait parvenir par manifestations interposées ?

Voilà ce qui arrive quand on est coupé des réalités de son peuple. Les Burkinabè vous avaient élu pour vous occuper de leurs problèmes en premier. Vous avez cru bon de vous muer en médiateur interplanétaire, convaincu que seule l’obtention d’une reconnaissance internationale dans la recherche de la paix vous garantirait un avenir loin des geôles.

Vous avez  donc choisi la gestion du pays par procuration. Et bien, vous en payez le prix aujourd’hui. Procuration a donc été établie pour donner tous les droits à votre jeune frère François Compaoré et à travers lui à l’ensemble du clan et aux courtisans.

Certes, il n’y a pas plus grande honte pour le « rectificateur » que vous  fûtes  d’admettre que vous  avez été chassé par un soulèvement populaire. Mais, il vous faudra l’admettre. C’est la réalité. Car, « il n’y a pas plus aveugle que celui qui refuse de voir ».

Oui, nous avons voulu que vous partiez  et nous l’assumons. Il était plus que nécessaire que vous partiez. Après 27 ans, vous ne pouviez plus penser notre avenir.

Personne ne souhaitait votre départ avant terme. Que croyiez-vous récolter en décidant de violer la constitution ? Celle-là même qui obligeait les populations à votre respect. Vous vous targuez d’être un président démocratiquement élu, légitime…Mais, vous omettez  volontiers de dire que votre légitimité venait de la constitution que vous vous apprêtiez vous-mêmes à violer. Dès lors que vous avez tenté le coup d’état constitutionnel, vous vous êtes fourvoyés et ainsi avez ouvert la boîte de pandore.

Quel est ce président qui ne sait pas entendre son peuple ? Quel est ce président qui s’est convaincu que son intérêt personnel passe avant celui de 17 millions de Burkinabè ?

En refusant de vous inscrire dans la marche globale de l’humanité, en refusant d’épouser l’air du temps, Blaise Compaoré, vous vous êtes vous même situés à la remorque de l’histoire.

Croyez-moi, l’histoire ne vous donnera pas raison dans la bataille que vous semblez vouloir engager avec le peuple burkinabè. Les peuples se construisent leur destin. Nous bâtirons le nôtre comme nous l’entendons. La principale menace qui planait sur la cohésion sociale, c’était vous et votre projet d’accaparement du pouvoir d’état. Vous parti, le Burkina Faso a déjà repris sa marche en avant. Et nous nous en porterons mieux. Vos partisans ont vite compris que le destin du Burkina Faso n’était pas lié à votre destin personnel. Pour le bien de la mère patrie, nous saurons nous retrouver. Mais de grâce, arrêtez d’intervenir dans le débat. Vous pourrez ainsi garder le peu d’honneur qui vous reste.

Encore que pour l’officier que vous fûtes, votre comportement est loin d’être honorable. Non seulement, votre régime est né d’une traitrise fondatrice, un certain 15 octobre. Mais, il s’est perpetué par le même procédé. Toute chose qui vous disqualifie de parler de traitrise. Car en matière de traitrise, M. Compaoré, vous avez des leçons à donner.  Dans votre cas, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Vous avez été un TRAITRE, alors… Excusez nous. N’en parlez plus.

Et que dire de votre forfaiture suprême ? Le courage de notre peuple vous boutant hors du territoire national a fini par reveler au grand jour votre soif inassouvie du pouvoir. Sinon, comment comprendre que pour votre sécurité et votre pouvoir personnel, vous ayez poussé l’outrecuidance jusqu’à dégarnir toutes les casernes du pays au profit de votre bijou : le Régiment de Sécurité Présidentiel. Les seuls qui avaient droit aux armes étaient la soldatesque autour de vous.

  Quid de notre sécurité. Tout ce qui comptait, c’était la sécurité du chef et de son clan. Votre amour effréné du pouvoir plaçait le Burkina Faso à porter d’attaque de n’importe quel groupuscule armé. Mais de cela, vous n’en aviez cure.

Peut-être que cette forfaiture nous donne là un motif suffisant de vous poursuive pour haute trahison et attentat à la sureté de l’état ? Car, pour votre pouvoir, vous avez mis en danger 17 millions de personnes, 17 millions de burkinabè. Alors que votre serment vous engageait à tout mettre en œuvre pour la sécurité des biens et des personnes, et la préservation de l’intégrité de l’ensemble du Burkina Faso. Il n’y a pas plus grand crime connu dans ce pays.

Vous avez suggéré qu’on attende le jugement de l’histoire pour savoir si nous avions eu raison de vous « chasser ». Son verdict est déjà tombé.

Vous concernant, le jugement de l’histoire sera cruelle et son verdict implacable.

S. MAO


NDLR : Le titre est de l’auteur



B24 Opinion

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Il y a 18 commentaires

  1. Tr?s bel article. Le tra?tre trahi. Venu au pouvoir par trahison,Blaise aurait du s’attendre ? cela. C’est la dure loi du KARMA ou tout simplement, la loi du boomerang ou la loi du juste retour. Ce que vous faites vous le r?coltez. Ce sont de petites sagesses que nous dirigeants ignorent et apr?s ils se retrouvent coinc?s et confus dans la marche de l’histoire.
    Blaise ?tait un homme d’affaires, trafiquant d’armes, dealers de mati?res pr?cieuses (or, diamant etc.). Il allumait les foyers de tension dans les autres pays (C?te d’Ivoire, Mali avec son accointance avec les touareg, Lib?ria, Sierra L?one, Angola) pour la recherche du CFA,du Dollars et de l’Euro avant de repartir pour la recherche de la paix.
    Pendant 27 ans, Blaise n’a fait qu’? sa t?te. Faux strat?ge, homme fort devenu faible par son ent?tement ? mourir au pouvoir, nous allons le poursuivre, sans oublier le dernier gouvernement TIAO et les membres de la majorit?, POUR HAUTE TRAHISON ET OUTRAGE A LA NATION. Nous y veillerons nuit et jours jusqu’? ce que V?RIT? JUSTICE ET R?CONCILIATION soient le socle de notre d?mocratie naissante.

  2. C’est propre mon fr?re! il faut tout faire pour que cette analyse parvienne ? Blaise COMPAORE, le peuple burkinab? n’a jamais choisi ce dernier! il nous a ?t? impos?, A bas les dictateurs!!!!!

  3. blaise a tant aim? le pouvoir qu”il a convoy? des mercenaires d”un pays voisin afin que quiconque s”oppose ? lui soit massacr? et p?risse. il n”a aucunement d?missionn? pour ?viter un bain de sang. quand les langues se d?lieront vous comprendrez tout.
    maintenant il faut qu”il soit jug? et puni et que son nom soit d?finitivement jet? dans les poubelles de l”histoire

  4. Voici au moins des personnes qui font une juste et bonne lecture de la situation. C'est tellement bien dit que je me garderai d'en rajouter. Merci mon fr?re.

  5. Oui, les burkina parlent, ecrivent bien fran?ais, analysent bien. Je ne sais pas comment vous avez gard? si longtemps cet assassin au pouvoir! Le sang de SANKARA et autres commence ? lui demander les comptes.. Bravo vaillant peuple burkina.

  6. Merci S.MAO tres bonne analyse.Mais s’il te plait envoie une copie au refusie de Yakro n’oublie pas gilbert de meme que le gueulard maxime.

  7. MAO, F?licitation ? vous pour ce d?cryptage combien juste. c’est bien dit, l’histoire rattrape toujours et Blaise est rattrap? par elle. Il n’?chappera pas. c’est une loi divine.

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