Politique-fiction : Meeting de Yako, le 21 novembre 2020

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Le Burkina a su ce que 2014 lui a réservé. Qu’en sera-t-il en 2015 ? Puis, en 2020 ? Le mouvement Emergence 21 joue les devins, au point de deviner un meeting un 21 novembre 2020 à Yako dans le Passoré, province natale d’un certain lieutenant-colonel Isaac Zida…

Yako, le 21 novembre 2020… Une nuée ou plutôt une marée humaine se dresse devant le podium érigé en l’honneur de « l’enfant du pays ».

Sont-ce les mêmes qu’en octobre 2014 ? Une partie certainement, le reste étant constitué de conquis de la transition. Admiratifs de la responsabilité avec laquelle, sans politique politicienne aucune, cette transition fut conduite de main de maître par le jadis lieutenant-colonel.

Jadis, parce que son retour à la vie civile effectué en mars 2018 laissait déjà présager cette ambition politique que les plus avertis devinaient déjà au soir du mois d’octobre 2014. Pour les autres, les doutes se sont complètement évaporés après sa nomination au poste de premier ministre de la transition.

Le maître de cérémonie harangue la foule qui en réalité n’ena nul besoin car déjà chauffé à blanc.Le président sortant qui se représente encore, ayant conduit le pays de 2015 à nos jours, ici ils ne le craignent pas ; de toute façon depuis le jeudi 30 octobre 2014, les burkinabè ne craignent plus quiconque. Seul le respect dévolu à cette prestigieuse fonction présidentielle demeure et cela parait bien normal.

Nous y sommes, après 45 minutes d’attente, il va prendre la parole. De l’emploi des jeunes en passant par le soutien au monde rural, cheville ouvrière de notre développement, aucun sujet n’est abandonné. Plus que des simples vœux politiciens ou des promesses électoralistes, il s’agit d’engagements non plus de 1994[1] mais d’engagements qui correspondent à la réalité du Burkina 26 ans après.

Le peuple, du moins celui du Passoré y croit. Dans le reste du pays, les humeurs, les rumeurs, les bruits de kiosques, réels sondages à l’africaine donnent l’homme de la transition gagnant. Ses détracteurs mettent en cause son pseudo retour à la vie civile et tendent de le « rhabiller » dans leurs diatribes de campagne. Cependant le peuple semble s’accommoder parfaitement de ce passé militaire de leur candidat.

Il est donc bien parti pour être le second président élu par le peuple depuis la fuite de Blaise Compaoré. Il se susurre d’ailleurs que ce dernier, derrière les geôles hollandaises suit avec attention cette période électorale Burkinabé.

Apres trois heures de meeting, la foule s’éparpille, satisfaite de ce qu’elle vient d’entendre et plus confiante que jamais quant à la victoire finale de son candidat; c’était le dernier rassemblement. Le 29 novembre, ils s’affronteront dans les urnes. Après novembre 2015, le Burkina s’apprête à vivre ses deuxièmes présidentielles apaisées et justes. Quel délice, cette démocratie….

Emergence 21


[1]Six mois après la dévaluation du F CFA, le président du Faso, Blaise COMPAORE, prenait des engagements nationaux au stade du 4 août.



B24 Opinion

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Il y a 17 commentaires

  1. Belle contribution!!!! vraiment on a besoin de d?mocratie :!! en 2015 2020 …etc…. En tout cas votre scenario fait sourire mais on en sait jamais …;

  2. Ayez un peu de respect pour le peuple ne vous rabaisser pas jusqu’? ce point, vous pensez que zida prendra ce risque pour se rabaisser jusqu’? ce point? Une fois la transition m?ne ? bien, la bonne r?compense est le grade de g?n?ral.

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