« Detekt », un nouveau logiciel pour contrer la cyber surveillance des Etats

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Les logiciels espions représentent une menace grandissante pour les militants des droits de l’homme, les journalistes et les opposants politiques. Face à ce constat, Amnesty International a lancé « Detekt », un outil qui permet de déceler la présence de logiciels espions sur son ordinateur ou son téléphone mobile. L’objectif est de sensibiliser et d’alerter le public sur les risques encourus.

Défenseurs des droits de l’homme, journalistes et opposants politiques sont de plus en plus la cible de logiciels espions installés sur leurs ordinateurs par leur gouvernement. Ces outils de contrôle permettent d’écouter les conversations Skype, de récupérer des documents sur le disque dur, d’actionner la caméra de l’ordinateur et de lire tous les mails de la personne ciblée.

Ces outils dont l’inclination permet de voir sans pour autant être vu sont de véritables opportunités pour certains Etats, de surveiller et réprimer en général les opposants politiques, militants des droits de l’homme et journalistes.

C’est face à ce constat que l’ONG Amnesty International, en collaboration avec les organisations « Digitale Gesellschaft », « Electronic Frontier Foundation » et « Privacy International », a lancé, le jeudi 20 novembre 2014, une application dénommée « Detekt », permettant de détecter la présence de logiciels espions sur ordinateurs et téléphones mobiles.

Aperçu logo de Detekt, un outil pour contrer les logiciels étatiques espions
Aperçu logo de Detekt, un outil pour contrer les logiciels étatiques espions

L’application fonctionnant sous forme d’antivirus mais ne s’intéressant pas au commun des virus, permet en effet de savoir si un gouvernement s’attache de trop près à l’activité en ligne de certains internautes.

Pour le moment, disponible uniquement sur Windows, Detekt scanne l’ordinateur à la recherche de logiciels espions et informe son utilisateur sur la surveillance de ses communications électroniques.

Même des Etats africains espionnent…

« La menace n’est pas nouvelle, mais avec les outils numériques, on a une possibilité d’accès et de contrôle sur des espaces qui étaient jusqu’à maintenant totalement privés », a expliqué Nicolas Krameyer sur RFI.

Nicolas Krameyer est le responsable du programme « Personnes en danger et Liberté d’expression » chez Amnesty International et a suivi de près le développement du projet Detekt.

Dans un communiqué publié par Amnesty International, une liste non exhaustive d’Etats ayant recours aux logiciels espions a été diffusée.

Il s’agit entre autres du Bahreïn, des Emirats Arabes Unis, Oman, Ouzbékistan, Kazakhstan, Azerbaïdjan, aussi des Etats démocratiques comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Australie ou le Mexique et surtout des pays africains tels que le Maroc, le Soudan et l’Ethiopie.

Faute de textes permettant de réguler et de contrôler le commerce de matériels de surveillance à des fins d’espionnage, l’opacité prédomine notamment sur le marché des technologies de surveillance électronique.

Toutefois, « Global Cause », une coalition contre l’exportation illégale de technologies de surveillance, estime que ce commerce représente plus de 3 milliards d’euros.

Néanmoins, « nous sommes bien conscients que ce n’est pas l’outil miracle qui va permettre de stopper toute surveillance, mais cela va permettre de sensibiliser et d’alerter le public sur les risques encourus », a souligné Nicolas Krameyer.

Noufou KINDO
Burkina24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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