Polémique sur le lieu de commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo

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Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) a introduit depuis le 17 novembre 2014, auprès de l’Etat-major général des armées, une demande d’occupation de la Place de la révolution dans le cadre de la commémoration du 16e anniversaire de la « mort tragique » du journaliste célèbre burkinabè Norbert Zongo. Demande accordée. Mais les autorités militaires ont signifié que « cet accord est tributaire à un éventuel besoin d’occuper cette Place pour une activité militaire ou gouvernementale ».

L’anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo et de ses trois compagnons tombés le 13 décembre 1998 à Sapouy est célébré chaque 13 décembre à la Place de la révolution sans interruption, « sous le sceau de la recherche de la vérité et de la justice, même sous le règne de Blaise Compaoré », a souligné Chrysogone Zougmoré, Président du collectif CODMPP.

Cependant, il se trouve que le 13 décembre prochain, sera organisée une journée d’hommage national aux martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et que le même jour ces martyrs seront élevés au rang de héros nationaux.

Si « Norbert Zongo est aussi un martyr », comme l’a indiqué Maitre Farama Prospère, membre du Collectif, le CODMPP interpelle, en tout cas, « l’opinion nationale et internationale et estime que le choix parallèle du 13 décembre en hommage aux martyrs de l’insurrection est clairement de nature à instaurer un climat de division au sein du peuple burkinabè ».

Le Présidium du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) lors de la conférence de presse de ce dimanche 7 décembre 2014.
Le Présidium du Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) lors de la conférence de presse de ce dimanche 7 décembre 2014. (©Burkina24)

Est-ce une intention de « noyer » la journée d’hommage à Norbert Zongo ?

Au fait, après avoir agréé au Collectif la demande d’occupation de la Place de la révolution introduite le 17 novembre pour la commémoration du 16e anniversaire du crime de Sapouy, les autorités militaires avaient d’abord fait savoir que ladite Place aurait été réservée par une association du 8 au 28 décembre, tout en se refusant de dévoiler l’identité de cette association avec laquelle le Collectif désirerait trouver un arrangement.

C’est toujours dans l’attente d’une décision claire et précise sur la suite à donner à leur demande que le Collectif a ensuite appris la décision du Conseil des ministres du 4 décembre dernier, d’organiser la journée d’hommage aux martyrs à la même date du 13 décembre 2014.

Les autorités militaires ont ainsi signifié au Collectif, qu’au regard de cette nouvelle donne, la Place de la révolution pourrait être indisponible tout en donnant leur accord de principe, accord dépendant donc d’un éventuel besoin militaire ou gouvernemental.

Cependant, Chrysogone Zougmoré a affirmé que, jusqu’à preuve du contraire, le Collectif déposera, comme à l’accoutumée, des gerbes sur la tombe de Norbert Zongo au cimetière de Gounghin et organisera un meeting à la Place de la révolution, le 13 décembre 2014. Par ailleurs, le Collectif compte poursuivre la lutte pour la vérité et la justice sur tous les crimes restés jusque-là impunis.

Noufou KINDO
Burkina24


Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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Il y a 5 commentaires

  1. Caton l’Ancien avait l’habitude de conclure tous ses discours par cette invite v?h?mente:”Delenda Carthago est”, c’est-?-dire “il faut d?truire Carthage”.Il faut savoir qu’? l’?poque, Carthage ?tait l’ennemi mortel de Rome et mena?ait son existence, rivalit? qu’on peut comparer ? celle qui existe aujourd’hui entre Isra?l et la Palestine. Qui est notre Carthage ? nous Burkinab??Je r?ponds sans ambages:le RSP! Faites une revue de tous les martyrs qui jonchent le chemin de la libert? au Burkina Faso, vous verrez qui les a fait martyrs.Qui a fait de Tom Sank un martyr?Le RSP!Qui a fait de Oumarou Cl?ment un martyr?Le RSP!Qui a fait de Dabo Boukary, Guillaume Sessouma des martyrs?Le RSP!Qui a fait de Norbert ZOngo et de ses quatre compagnons des martyrs?Le RSP!Qui a fait des h?ros des Quatre Glorieuses des martyrs?Le RSP! Vous voyez, partout ou tombent des martyrs au Burkina Faso, c’est du fait du RSP. Le RSP est un faiseur de martyrs.Quoi de plus normal que la journ?e du 13 d?cembre leur donne des urticaires et r?veille leur mauvaise conscience(heureux qu’ils en aient toujours).Tant que ce corps dit d’?lite, mais qui s’est toujours rabaiss? au rang de bande de mercenaires stipendi?s par une famille et clan d’int?r?ts, tant que le RSP existera, nous ne finirons jamais de compter nos martyrs.C’est pourquoi je dis:”Delenda RSP est!, ILFAUT DETRUIRE LE RSP!

  2. Dans le fond je partage la position de CODMPP mais je souhaite comprendre….. qui composent ce collectif qui avait plus ou moins disparu? La composante politique est repr?sent?e par qui? ? quel titre intervient Me FARMA Prosper?

  3. Ainsi donc nous sommes d?j? ? l’heure du “martyr” et des “sous-martyrs”. Vivement que chacun mettent de l’eau dans son vin.

  4. Le gouvernement doit ?viter tout ce qui peut s'apparenter ? une concurrence inutile sinon suspecte avec les organisations qui ?voluaient d?j? sur le terrain. Il faut aussi ?viter la pr?cipitation. Pour la fixation d?une date d?hommage aux martyrs, il faut des concertations plus pouss?es avec l?ensemble des acteurs.
    A mon avis, il n?y a pas d?urgence particuli?re ? vouloir organiser cela dans la foul?e des ?v?nements, moins de deux semaines apr?s la mise en terre des martyrs de l?insurrection de fin octobre 2014. La premi?re comm?moration nationale officielle peut se faire ? partir de 2015 si on la veut plus d?tach?e (non ?motionnelle) et cathartique, ? m?me de nous ?loigner le plus possible de toute d?rive susceptible de produire d'autres martyrs. Si on veut aussi qu?elle respecte son caract?re national mobilisant et impliquant toutes les r?gions. On a vu des Journ?es du pardon et des monuments sans la moindre valeur en termes de repentance des bourreaux, et qui finalement n?ont pas servi ? grand-chose. La preuve c'est qu'il a fallut de nouveaux martyrs pour balayer le syst?me devenu "insoignable" !
    Prenons le temps de m?rir les choses avant de les lancer en ayant ? l?esprit que les activit?s gouvernementales doivent ?tre clairement distingu?es de celles des OSC surtout en cette p?riode de transition o? nous devons tout faire pour reconstituer les contre-pouvoirs.
    M?me si le dossier Norbert Zongo n?est pas l?apanage exclusif du Collectif, ce dernier en reste le principal acteur, celui qui n?a jamais l?ch? et qui a r?ussi ? montrer ? la face de l?Afrique les carences dans le traitement judiciaire local du dossier. Le gouvernement ne doit pas faire fi de cette donne, bien au contraire il devrait lui ?tre reconnaissant en commen?ant par le laisser organiser sans entrave ses activit?s le 13 d?cembre.

  5. Le gouvernement doit ?viter tout ce qui peut s'apparenter ? une concurrence inutile sinon suspecte avec les organisations qui ?voluaient d?j? sur le terrain. Il faut aussi ?viter la pr?cipitation. Pour la fixation d?une date d?hommage aux martyrs, il faut des concertations plus pouss?es avec l?ensemble des acteurs.
    A mon avis, il n?y a pas d?urgence particuli?re ? vouloir organiser cela dans la foul?e des ?v?nements, moins de deux semaines apr?s la mise en terre des martyrs de l?insurrection de fin octobre 2014. La premi?re comm?moration nationale officielle peut se faire ? partir de 2015 si on la veut plus d?tach?e (non ?motionnelle) et cathartique, ? m?me de nous ?loigner le plus possible de toute d?rive susceptible de produire d'autres martyrs. Si on veut aussi qu?elle respecte son caract?re national mobilisant et impliquant toutes les r?gions. On a vu des Journ?es du pardon et des monuments sans la moindre valeur en termes de repentance des bourreaux, et qui finalement n?ont pas servi ? grand-chose. La preuve c'est qu'il a fallut de nouveaux martyrs pour balayer le syst?me devenu "insoignable" !
    Prenons le temps de m?rir les choses avant de les lancer en ayant ? l?esprit que les activit?s gouvernementales doivent ?tre clairement distingu?es de celles des OSC surtout en cette p?riode de transition o? nous devons tout faire pour reconstituer les contre-pouvoirs.
    M?me si le dossier Norbert Zongo n?est pas l?apanage exclusif du Collectif, ce dernier en reste le principal acteur, celui qui n?a jamais l?ch? et qui a r?ussi ? montrer ? la face de l?Afrique les carences dans le traitement judiciaire local du dossier. Le gouvernement ne doit pas faire fi de cette donne, bien au contraire il devrait lui ?tre reconnaissant en commen?ant par le laisser organiser sans entrave ses activit?s le 13 d?cembre.

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