Allô, le Service Après Vente de l’insurrection ?

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La période de transition qui s’ouvre à nous est une période de tous les dangers. La réussir est une mission que se sont assignées de nombreuses bonnes volontés. Pour ça, je leur dis merci. Exit le CFOP, place aux querelles byzantines des partis politiques.

 Déjà ils se préparent à se rentrer dedans et absorber certaines OSC, pour préparer l’assaut final de Kosyam. Il ne restera plus que la presse. Alors, j’ai choisi d’ouvrir grande ma gueule, heu, ma bouche pour prévenir.

La transition, une échelle vers les sommets de la démocratie

Les organes actuels de la transition doivent se souvenir qu’ils ont été mis en place pour gérer les affaires courantes et préparer les élections de 2015.

Il y a donc des priorités parmi les priorités. La transition c’est accompagner un processus exceptionnel vers la normalité. En français facile, c’est servir d’échelle pour monter sur une terrasse. L’échelle ne doit donc pas se prendre pour la terrasse, mais elle doit être exempte de tout défaut.

Il est vrai que le chantier est vaste et qu’il y a une abondance de bonne volonté, les compétences débordent mais attention…

Il faut temporiser les déclarations et accélérer les actes concrets

Il se susurre que pendant que ZIDA faisait ses déclarations choc, il a  laissé certains dignitaires disparaître avec des dossiers encombrants.

Notre brave ZIDA doit faire attention aux déclarations tout azimut qui peuvent le rattraper, les promesses livresques qui peuvent s’avérer irréalisables en peu de temps. Ici au Faso, les déclarations de bonne intention, on a déjà entendu Tertius parler, même Tiao a dit que les « brouteurs » de l’Etat allaient être punis. Mais rien au-delà des paroles. Le peuple a soif de changement et il faut éviter de lui dire juste ce qu’il veut entendre. Bon mon colonel, euh monsieur ZIDA, « au repos » !

On attend maintenant la traduction en actes concrets et visibles de vos bonnes déclarations. Comme dit l’artiste « trop parler, c’est maladie… ». Moi j’attends le premier acte concret pour dire « ouf Blaise n’est plus président ».

Attention à la justice spectaculaire des vainqueurs.

Il faut calmer le jeu et bien examiner les dysfonctionnements de la justice, afin que les décisions qui se prenaient au nom de la dynastie Compaoré, se prennent  désormais au nom du peuple burkinabè. Heureusement que Joséphine la révolutionnaire nous a promis des institutions judiciaires fortes, on attend de voir.

Et ces salariés en transition vers le chômage… on fait quoi ?

On les appelle les déflatés. Pour le moment il n’y a que le désormais célèbre hôtel Azalaï qui a annoncé une vague de licenciements. Espérons que les autres entreprises touchées ne feront pas autant. Ce dossier doit constituer également une priorité des autorités de la transition.

 La règle de droit en matière de licenciement doit être respectée. Heureusement que le ministre du travail est un juriste de renom, on peut dormir sur nos deux oreilles. Mais attention à ne pas flatter les déflatés avec les déclarations révolutionnaires.

Honorables conseillers… euh …députés  de la transition

Bon moi je dis d’entrée de jeu, qu’on aurait pu se passer de ce CNT, ou bien le garder comme l’avait voulu les militaires : 60 membres et un rôle consultatif.

Espérons que le « chérif » de la transition et sa bande des 90 sauront rester sombres pour se consacrer aux priorités. Les réformes législatives, mêmes si elles sont indispensables, ne peuvent pas toutes se faire. Une loi avant d’être adoptée doit être écrite, portée par son concepteur, expliquée, examinée en commission, lue et relue.

Sauf si l’on fait du copier-coller de lois françaises comme il en existe plein et qu’on adopte à la hâte. Dans ce cas, on aura des lois ennuyeuses comme tant d’autres dont regorgent les journaux officiels. A peine adoptées, qu’elles sont déjà foireuses.

On avait fustigé les députés dormeurs accrochés à leurs indemnités, on avait critiqué les chèques de trois millions pour les fêtes de fin d’année. Espérons que nos députés du Burkina nouveau ouvrirons l’œil pendant les séances et fermerons leur poches aux avantages immodérés.

La transition est née de l’insurrection, l’insurrection est née des mauvaises pratiques du système Compaoré  alors la transition doit permettre d’aller vers les bonnes pratiques désirées par le peuple, sinon…

Yelmighan

« Les sermons du vieux  Yelmigan » est une chronique satirique proposée par un « Observateur » avisé de la société burkinabè. Elle traitera deux fois par mois (le 1er et le 15 du mois) sur Burkina 24 de sujets liés à la vie de la nation burkinabè. Véritable sermonneur, le Vieux Yelmigan ne prendra pas de gant pour parler à ses fils et ses filles de leurs comportements quotidiens dans la société.  Ame détestant les sermons, s’abstenir donc !



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