Répression des 30 octobre et 2 novembre : Le rapport accablant d’Amnesty

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Amnesty International (AI) appelle les autorités de transition du Burkina à ouvrir une enquête sur l’utilisation d’une force excessive et meurtrière en octobre dernier, par les forces militaires, à l’encontre de manifestants qui, pour la plupart, protestaient contre le gouvernement de manière pacifique. C’est ce qu’a été annoncé ce 15 janvier 2015, lors du lancement du rapport intitulé «Qu’est-ce qu’ils avaient dans la tête pour tirer sur les gens?» La répression de manifestations contre le gouvernement au Burkina Faso.

Ce rapport de plus d’une trentaine de pages fait état de 33 morts lors des manifestations des 30 octobre et 2 novembre 2014, dont 10 victimes de tirs des forces militaires et du Régiment de sécurité présidentielle. Ces forces excessives auraient été utilisées pour arrêter les manifestants dans les rues menant à la résidence du président et à celle de son frère, François Compaoré.

Selon le rapport, les forces militaires  n’auraient donné que peu ou pas d’avertissement avant d’ouvrir le feu sur les manifestants, puisque certains d’entre eux avaient les mains en l’air et beaucoup ont reçu des balles dans le dos, alors qu’ils tentaient de fuir.

Les presentateurs du rapport de Amnesty International
Les presentateurs du rapport de Amnesty International

«Ouvrir le feu sans sommation sur des manifestants pacifiques qui, de toute évidence, ne menaçaient personne constitue une utilisation scandaleuse et inacceptable d’une force excessive, laquelle a fait de nombreux morts et des centaines de blessés», affirme Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest.

En plus des balles réelles, les forces de l’ordre ont également utilisé des bâtons et des cordelettes pour tabasser et fouetter des manifestants et des passants, y compris des enfants. A la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, trois détenus ont été tués par balle également à la même période par les gardes de sécurité pénitentiaire, et 2 par asphyxie et déshydratation.

Amnesty international estime que selon la législation burkinabè, les forces militaires n’avaient pas le droit d’être déployées dans ces circonstances. De plus, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) des Nations unies, auquel le Burkina Faso est partie, oblige l’Etat à protéger le droit à la vie. Il énonce également le droit de réunion pacifique.

«Le recours délibéré à la force meurtrière, face à des individus qui, de toute évidence, ne constituaient une menace pour personne, constitue un recours arbitraire et abusif à la force qui doit être considérée comme une infraction pénale», a estimé Yves Boukary Traoré, directeur d’Amnesty International Burkina Faso.

Yves Boukary Traoré, directeur d’Amnesty International Burkina Faso
Yves Boukary Traoré, directeur d’Amnesty International Burkina Faso

C’est pourquoi Amnesty international réclame la traduction en justice des soldats et leurs commandants soupçonnés d’avoir participé à ces actions ayant entraîné la mort et blessé des personnes en dehors du cadre de la loi.

Mouniratou LOUGUE

Burkina24


 

Quelques témoignages

– « J’étais sur la voie menant à Kossyam quand nous avons entendu des tirs et tout d’un coup, quelqu’un portant un tee-shirt jaune et orange est tombé. C’était étrange, on avait l’impression qu’il avait été sélectionné. Les gens ont essayé de le soulever, c’était trop tard. Il est décédé sur le champ ».

– « J’étais sur ma moto pour manifester, un ami était avec moi. Quand nous sommes arrivés à Boins-yaare, une rue parallèle à la voie principale menant chez François Compaoré, deux véhicules à bord desquels se trouvaient des militaires, pourchassaient les gens pour les empêcher de s’approcher de la résidence. Tout en roulant, les occupants du véhicule tiraient sur les gens. Un homme portant des dreadlocks a été touché, il est tombé. Les gens ont pris la fuite. Quand on est revenu, il était déjà mort ».

– « Quand nous sommes arrivés devant la résidence de François Compaoré, nous avions les mains en l’air ; les militaires ont proféré des menaces et à un moment, ils ont commencé à tirer sur nous, des gens sont tombés devant moi.

J’ai été touché à l’abdomen et au bras. Je suis tombé sur le goudron. Les amis ont fui et ils sont revenus me chercher après. Ils ont cassé un banc et m’ont posé sur les planches pour me porter. Je voudrais qu’on demande aux militaires qu’est-ce qu’ils avaient dans la tête pour tirer ainsi sur les gens ? ».

Extraits du rapport d’Amnesty International


NB : Ce rapport est le fruit de 70 entretiens en tête à tête à Ouagadougou en novembre dernier, avec des victimes, des proches de victimes, des responsables gouvernementaux, des journalistes, des défenseurs des droits humains, des professionnels de la santé, des détenus, appuyés de séquences vidéo tournées par les médias ou d’autres personnes.



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Il y a 8 commentaires

  1. Eh Dieu! MIA et KAVERI, c'est parce que vous ?tes en vie que vous vous foutez des gens. pensez aux familles des victimes, leur d?tresse. Seigneur, touche leur c?ur et transforme le mal en bien. Les responsabilit?s doivent ?tre situ?es. Et ce sera le cas. Blaise et sa bande paieront.

  2. Eh Dieu! MIA et KAVERI, c'est parce que vous ?tes en vie que vous vous foutez des gens. pensez aux familles des victimes, leur d?tresse. Seigneur, touche leur c?ur et transforme le mal en bien. Les responsabilit?s doivent ?tre situ?es. Et ce sera le cas. Blaise et sa bande paieront.

  3. Amnesty doit nous dire qui a br?l? l’assemnbl?e, car c’est une institution.aujourd’hui on se pose la question si on peut br?ler lAN; qu’estce qu’on ne peut plus br?ler.
    hier ? Ouahigouya les caterpillars ont ?t? br?ler.
    dites nous qui a ouvert la voie ? ces d?rives.
    dites nous!

  4. Amnesty doit nous dire qui a br?l? l’assemnbl?e, car c’est une institution.aujourd’hui on se pose la question si on peut br?ler lAN; qu’estce qu’on ne peut plus br?ler.
    hier ? Ouahigouya les caterpillars ont ?t? br?ler.
    dites nous qui a ouvert la voie ? ces d?rives.

  5. va arr?tez les responsables du RSP; si tu peux, association tra?tre c’est vous qui vendez l’Afrique aux am?ricain. tous ?a pour avoir financement.
    allez aussi au Nigeria arr?tez BOKO ARAM; car ils ont tu? plus de 1000 africains la semaine derni?re.

  6. Mme la ministre de la justice, il sera imp?ratif, comme c??tait le cas en C?te d?Ivoire en 2011 d?arr?ter l?ex-premier ministre TIAO et toute sa bande, ce fut le cas de Ak? le premier ministre de GBAGBO et sa bande. Je vous demande, m?me si TIAO est dans un trou, trouvez le, car j??tais a la porte de Kossyam avec les enfants, et le mot d?ordre de tirer venant de TIAO. Que la justice soit faite pour nos enfants tomb?e sous les balles selon l?ordre donn? par le premier ministre.

  7. IL FAUT UN JUGEMENT RAPIDEMENT POUR SOULAGER LES FAMILLES DES VICTIMES. ON NE PEUT PAS TUER LES ENFANTS DES AUTRES ET PARTIR SE CACHER DANS LES PAYS VOISINS. Depuis son accession au pouvoir,le “facilitateur-falsificateur(A37)” n’a jamais eu de respect pour la vie humaine. ?liminer physiquement ?tait un exercice pour lui. Il est mont? dans le sang , il a ?t? chass? dans le sang. Il DOIT PAYER SES P?CH?S(CRIMES) SUR TERRE. TOUS LES COMMANDITAIRES(Yamoussoukro et Cotonou) ET LES EX?CUTANTS(militaires)doivent comparaitre ? la justice pour dire pourquoi ils ont pos? ces actes. Pendant 27 ans les crimes, les mensonges, la mal gouvernance, la corruption et les d?tournements ont ?t? la politique des fr?res Compaor? et son lobby financier. Heureusement tout se paie crash sur terre ils ont fui avec leurs familles en plein midi. Que le SEIGNEUR SOIT LOU?. ILS ONT FAIT TROP DE MAL AU BRAVE PEUPLE BURKINAB?

    A NOS MARTYRS QU’ILS SE REPOSENT EN PAIX. Plus on traine plus on perd les preuves. Toutes les conditions sont r?unies pour que la v?rit? s??clate. QUE JUSTICE LEUR SOIT RENDUE RAPIDEMENT.
    Merci Brave Peuple BURKINAB? pour ce soul?vement populaire.

    QUE LE SEIGNEUR B?NISSE LE BURKINA.AMEN
    PAIX ET SUCC?S A TOUS LES BURKINAB?S. AMEN
    BONNE ET HEUREUSE ANN?E 2015 BRAVE PEUPLE BURKINAB?

    ACHILLE TAPSOBA
    Partisan inconditionnel de l’Alternance

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