Emoluments au CNT : Le Forumiste répond au député Evrad Sorgho

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Dans une déclaration parue sur Burkina24, Evrad Sorgho, député au Conseil national de la transition, avançait des raisons, qui, selon lui, auraient motivé son collègue, Alexandre Sankara, à divulguer des informations sur les émoluments des députés du CNT. Dans l’écrit qui suit, le Forumiste n’est du même avis que le président du Parti écologiste pour un développement nouveau (PEDN).

Dans sa déclaration relative au débat qui a cours sur les émoluments des députés dans les médias, Monsieur Sorgo Evrard –membre du CNT et Président de parti politique- a été, dès son titre, très bien inspiré de sommer l’opinion publique de relever le niveau du débat. Pour un débat qui était à un niveau déjà satisfaisant, on s’attend à nettement mieux. Malheureusement, notre cher député nous surprend. Il ramène le débat encore plus bas. Au menu, son plat de résistance n’était rien d’autre que de la diffamation.

Des recettes d’un niveau de débat élevé : l’objectivité sans faux-fuyant, sans attaques personnelles

Notre cher député pourrait se racheter en apportant des réponses claires dans une autre éventuelle sortie, avec arguments solides, sur les différentes composantes de la structure des émoluments servis au député de la Transition, en rapport avec l’esprit de la Charte, de modération et du renouveau attendu de tous les vœux par les Burkinabè.

Il est souhaitable qu’il dise à l’opinion, si exercer au CNT doit être considéré comme une sinécure, en d’autres termes, comme un coup de chance pour avoir un certain niveau de revenu ? Si tel est le cas, en quoi le travail à effectuer peut-il être considéré comme prééminent par rapport au revenu ?

Si tel est le cas, l’accès à cette chance a été égal pour tous les citoyens burkinabè ? Le député du CNT accède t-il à ce titre (de député), aux mêmes conditions de compétitions ouvertes à tous comme celui conféré à l’issue de suffrages (votes) ?

Dans son développement, Monsieur le député parle de loi ; qu’il réponde à cette question, puisque l’accès équitable à l’emploi relève aussi de la Loi fondamentale. C’est justement contre de telles visions trop sommaires et obtuses sur la lecture de la loi, hors du contexte, que le peuple burkinabè s’est élevé contre le régime déchu.

 Avec des émoluments moins élevés, le travail du député du CNT est-il impossible ? Avec des émoluments moins importants, d’autres compatriotes compétents ne sont-ils pas disponibles pour exécuter les mêmes tâches en bonne et due forme ?

 Avant sa désignation, le Membre du CNT savait-il le montant qu’il devait toucher ? Si tel n’est pas le cas, pourquoi notre cher Monsieur, à la différence de l’opinion générale, fait-il de la fixation sur ce qu’il dit être la loi, qui, à l’évidence, est désuète ? Notre cher député serait-il disponible à céder son poste aisément à un compatriote disponible pour le même travail à abattre ?

 Si tel n’est pas le cas, l’argumentaire de sa déclaration suffit à lui seul comme preuve, pour démontrer qu’en lieu et place de la conviction à servir, l’aspect pécuniaire semble prendre le dessus !  Ce qui est fort dommage !

Ne pense-t-il pas que cet avantage pécuniaire est de nature à susciter des envies à juste raison ? Ces envies sont-elles de nature à favoriser la sérénité dans le travail du député du CNT ? Quel est l’avenir pécuniaire du député du CNT au terme de son mandat annuel ? Cet avenir, probablement moins rémunérateur – du moins dans notre pays – n’est-il pas de nature à susciter des craintes pour les membres du CNT pour sa sortie ?

Il est souhaitable que le CNT se saisisse de ces questions, engage un débat ouvert avec l’opinion publique, pour appréhender tous les contours ! En fonction des réponses pertinentes, de ressorts éthique, philosophique, socio-économique, le député doit calibrer ses émoluments sur des réalités objectives. Le plateau de la RTB auquel Alexandre Sankara a répondu avec  le Balai Citoyen, n’était qu’une entame de cette démarche salutaire.

 Il est souhaitable donc que le débat se poursuive et soit suffisamment transparent au détriment de certaines résistances – rétrogrades d’un point de vue démocratique. Aussi, pour préserver une bonne image de notre institution qu’est le CNT, ses membres doivent faire beaucoup attention à leurs sorties et à leurs communications publiques !

La transparence et l’objectivité vis-à-vis de la Charte est la principale condition de sérénité de notre Transition. Aussi, qu’on ne se trompe pas. L’argument qui consiste à brandir à tout vent le délai court restant de la Transition, pour demander au citoyen de se taire, n’est pas du tout digeste !

Que chacun reste fidèle à l’esprit de la Charte –décideurs comme gouvernés- en agissant et réagissant dans la célérité et le calme règnera au grand bonheur de la Transition et de tous !

Attaque injustifiée contre le Balai citoyen 

C’est le deuxième point de rabais du niveau du débat. On croirait qu’il s’agirait d’un règlement de compte si notre cher député se limitait à critiquer son seul collègue du CNT, mais non ! Il s’en prend vertement à une organisation respectable de la société civile, le Balai Citoyen, OSC qui se voyait ennobli par cette expérience fâcheuse sur les émoluments.

En effet, cette triste expérience venait de montrer à la face du monde, combien le Balai Citoyen s’était montré prévoyant et lucide, au coût de bisbilles en son propre sein, en refusant d’intégrer les organes de pouvoir de la Transition, pour jouer simplement le rôle de sentinelle. Et notre cher député, plutôt que de reconnaître ces mérites unanimement relevés dans le forum des médias, choisit plutôt d’aller à contre-courant !

 Seul contre tous, notre cher député donne des coups de balais ; non ! Plutôt des coups de fouet au Balai Citoyen ! Il va jusqu’à mettre en doute les objectifs nobles de notre Balai civique. N’est-ce pas de la diffamation ça ? N’est-ce pas une attaque frontale voire, osée ça, en ce beau matin du nouvel an, où les uns et les autres s’évertuent encore s’adresser de nobles vœux.

C’est visiblement, contre tous ceux qui étaient sur le plateau de la RTB, que Monsieur Sorgo, notre cher député, s’élevait. On peut douter donc qu’il ne fût même pas contre la RTB ou le journaliste, pour avoir respectivement organisé et animé ce débat !

 Comment peut-on vouloir être dans une institution qui se veut démocratique et élaborer des textes démocratiques, si soi-même, ne reflète pas les valeurs de la démocratie ? Si on déteste soi-même la démocratie et ces fondements, notamment la transparence, Monsieur le député ?

Nous n’allons plus nous laisser berner par certaines catégories de politiciens, dans le silence

Cher Monsieur, pendant longtemps, nous avons laissé et toléré dans le silence, au nom du pluralisme démocratique, certains politiciens croire que leurs présences et propagandes sur la scène médiatique s’expliquait par leurs qualités hors norme et leur précellence sur nos concitoyens !

 Ce silence ou cette résignation a montré ses limites et ses conséquences funestes que nous connaissons tous. Désormais, nous nous érigeons en dissolvants de politiciens qui refusent de se mettre à un certain niveau noble et élevé et qui pire, tentent d’obscurcir et d’opacifier le débat.

Ce n’est point une gageure. On peut bel et bien faire la politique avec  un minimum de valeurs, de logique, de transparence et d’intégrité. Le plus important est de proposer une offre meilleure, comparativement à ces concurrents.

Et dans ces interstices d’intégrité constituant l’essentielle de la charpente de l’action publique, on a encore la latitude d’user de manœuvres politiciennes, sans véritable dommage pour le peuple.

Cela fait maintenant la énième sortie de nos honorables députés qui sont ratées, au point de susciter des interrogations puissantes ! Qui sont certains au fond ? Ces maladresses, sont-elles de nature à rassurer, d’autant plus que le rôle des députés est d’élaborer les textes censés nous régir ?

Ces impairs ne viennent-ils pas donner raison aux citoyens, plus particulièrement à mes collègues « forumistes », sur la pertinence de maintenir les émoluments à un niveau modeste, d’autant plus que la désignation des membres du CNT n’est pas parti sur la base de compétition ouverte à tous et de critère d’experts initialement qualifiés pour cette tâche, entre autres raisons.

Diffamation matinale contre un collègue député en début de nouvel an 

Diffamation oui, parce que notre député s’insurge ouvertement contre un de ses pairs, en la personne de Monsieur Alexandre Sankara, qu’il accuse entre autres de pratique populiste ou de dessein non avoué, simplement, pour avoir dit la vérité, rien que la transparence sur le salaire perçu par lui au terme d’un mois d’exercice de son mandat, soit la somme de 1 800 000 FCFA presque.

En quoi, un député installé au nom du peuple, qui communique son salaire à ce dernier qui est son mandant, est-il du populisme ? Comprenons tous vraiment le sens de ces termes ? Il était bon que Monsieur nous dise lui-même son entendement de l’expression « populisme » pour qu’on se comprenne aisément. Donc notre cher député préférait l’opacité !

Une opacité qui ne peut même pas tenir longtemps,  puisque les sources de vérification ne peuvent manquer. Ou bien, dans ce pays de savane où chacun voit chacun derrière de petits buissons, certains continuent à ignorer naïvement encore le rôle des journalistes d’investigation ? Même si un 1er député ne le dit pas, un 2ème, entre autres, pour raison d’intégrité, va le dire ! Si ce dernier ne le dit pas, un 3ème va venir à la rescousse du peuple !

C’est comme ça, l’omerta ne peut prospérer dans ce cas de figure ! A défaut des membres du CNT, ce sont les conjoints (es) qui vont délier la langue auprès des amis, sans oublier que le CNT a un bilan financier à faire ! Mieux, j’oubliais ! J’oubliais ! Peut-on nier que ce sont des comptables publics ou privés (à la banque) et non députés, qui sont tout aussi des burkinabè plus ou moins attachés aux valeurs de la Transition qui paient ces émoluments ? Si non par intégrité, pour d’autres raisons, ces comptables pourraient communiquer sur ces montants, de nature à réveiller l’envie chez nombre de nos concitoyens.

Notre cher député pouvait donc raisonnablement comprendre qu’avec toutes ces sources, l’information allait sortir pian ! Son collègue Alexandre sur le plateau RTB, a juste fait son devoir, qui procède de la transparence, en l’absence de la laquelle, la rumeur pouvait faire dégénérer les choses.

En somme, une sortie ratée par notre cher député

A contrario d’Alexandre Sankara, cher Evrard Sorgo a totalement raté sa sortie. Il a rabaissé le niveau du débat en l’assombrissant. Plutôt que d’apporter davantage de lumières, il s’est confondu dans des attaques, à l’allure de règlements de comptes personnels.

C’est faire dans l’euphémisme de dire que quasiment, aucun avis sur le forum ne lui est favorable. Nous espérons que ces remarques, qui méritent d’être reçues comme amendements à son égard en termes de communication, serviront aussi bien à l’intéressé directement qu’à d’autres acteurs publics, à faire davantage attention aux prochaines sorties et à se corriger un peu …

Le 16 janvier 2015

LE FORUMISTE

Parleur du mauvais français pian !

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