Le trafic d’héroïne dépose ses valises en Afrique de l’Est

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Les experts l’appellent le « Smack Track » africain. Ce circuit est devenu le trajet par excellence pour passer l’héroïne en provenance d’Afghanistan vers l’Europe en passant par l’Afrique orientale, affirme The Economist. 

Plus une preuve de l’importance de cette route que le signe des performances de la police kényane, la prise en novembre dernier de deux bustes de 712 kg de drogue est un record dans les saisies d’héroïne au large des côtes du Kenya.

Le mois d’Avril 2014 a été particulièrement marqué par la plus grosse saisie et ce dans un navire australien. D’une valeur marchande estimée à plus de 240 millions $, cette quantité, équivalente à toute l’héroïne saisie au large de l’Afrique de l’est entre 1990 et 2009,  était disséminée parmi des sacs de ciment.

L’autre route dite mineure, la “route du sud” passant par l’Afrique de l’Est, a existé depuis les années 1980. Toutefois, l’année dernière les saisies totalisant environ 3500 kg, selon le Bureau des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), démontrent de son intérêt pour les narcotrafiquants.

Selon The Economist, Alan Cole de l’ONUDC affirme que ce changement a été provoqué par «une meilleure application de la loi en Europe centrale et du conflit en Syrie ».

L’Institut international de la paix, un groupe de réflexion à New York, a déclaré que les fondements de l’Etat kényan avaient été “attaqués” par ces narcotrafiquants qui entretiennent des liens très étroits avec les élites politiques et les sécurocrates.

En 2014, les Etats Unis ont indexé et sanctionné sept personnes dont l’ancien député Kenyan, John Harun Mwau, comme étant un des «barons» de la drogue. Ce dernier se disant d’une conspiration, estime que les Etats Unis veulent saisir ses entreprises de supermarchés dans ce pays.

Ce même groupe de réflexion pense qu’il en est autant pour la Tanzanie qui court le risque que ses institutions soient muselées par les réseaux criminels transnationaux, estime ce même groupe de réflexion.

Les pays occidentaux s’inquiètent de la parallèle avec le commerce de la cocaïne de contrebande qui connaît un regain depuis le milieu des années 2000. Des pays comme le Ghana, le Mali et le Sénégal sont devenus à ce jour les lieux de prédilection du transbordement pour la cocaïne d’Amérique du Sud à destination de l’Europe.

Certains sont également acheminés depuis l’Afrique du Sud. La Guinée-Bissau a été la première marque “narco-Etat” de l’Afrique.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

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