Peinture : Adjaratou Ouédraogo dévoile son « intimité »

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 Adjaratou Ouédraogo fait partie du cercle restreint des femmes peintres au Burkina.  Autodidacte ses œuvres produites dans un ancrage plus sociétal et militant en disent long.  Après une exposition à Saint Etienne, en France, ses dernières créations, une quarantaine, font l’objet d’une exposition au Centre culturel français du 16 janvier au 14 février, autour du thème « Circonférence de l’intime ».

« Circonférence de l’intime  est l’occasion pour moi de communier avec le public, faire ressortir des choses que j’ai gardées au plus profond de moi. C’est comme une libération, je me suis laissée aller et faire sortir des choses que j’avais enfouies dans mon cœur. Circonférence de l’intime c’est juste moi, la personne derrière l’artiste », explique Adjaratou Ouédraogo, auteur des œuvres.

Le tableau « Tout va bien », le plus grand de l’exposition illustre à cet effet sa vie. «  Dans ma famille, nous sommes 35 enfants du même père.  Mon enfance n’a pas été facile, j’ai vécu des choses difficiles que j’ai envie maintenant d’en parler aux gens. J’ai été séparée de ma mère quand j’avais huit ans et j’ai fait une vingtaine d’années sans la voir. Avec les autres femmes de mon père, ça n’a pas été facile. J’ai envie de dire par ce tableau qu’on ne doit pas séparer un enfant de sa mère et dire ce que j’ai ressenti”, raconte Adjaratou.

« Les femmes de mon père », au-delà d’une toile, lève aussi le voile sur un pan de vie de famille de l’artiste. « Elles sont six, toutes habillées de  la même étoffe. Chez nous, quand mon père achète un pagne c’est pour tout le monde. Mais moi ma mère,  elle n’est pas avec les autres femmes. C’est elle qui est habillée avec le pagne différent de celui que portent les cinq autres femmes », ajoute-t-elle comme explication.

Plusieurs thèmes sont abordés sur les toiles, l’intimité, la relation mère–enfant, la polygamie, l’excision, la mésentente.

Cependant, l’artiste fait remarquer qu’elle n’a pas toujours été triste dans sa vie, ce qui explique aussi les couleurs gaies sur certains tableaux. « Je n’ai pas été toujours triste dans ma vie, j’ai eu des moments de joie, j’essaie de faire ressortir des couleurs gaies pour montrer que je n’ai pas toujours été triste dans ma vie ».

L’exposition durera jusqu’au 14 février, les heures de visites sont de 9h à 12h et de 15 h à 18h30, du mardi au samedi.



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