Commission de la réconciliation nationale : Réussir ce virage

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Le dernier organe majeur de la transition, prescrit par sa Charte, est sur le point d’être mis en place. En attendant que le Conseil constitutionnel l’avalise, le Conseil national de la transition a consacré son existence juridique, le vendredi 23 janvier 2015. Autant que les élections, ses résultats sont fortement attendus par les Burkinabè.

L’injustice, les crimes économiques et de sang sont les principaux ingrédients qui ont conduit à la chute de l’ancien régime.

La persistance de ces maux avaient fait éclore une gangrène qui corrodait le comportement des Burkinabè. Cela avait donné l’impression que les valeurs morales, qui naguère faisaient la renommée de ces hommes et femmes réputés travailleurs, agonisaient. L’occasion est désormais donnée de les réconcilier avec eux-mêmes et avec leurs vertus.

C’est dire à quel point la mission de cette Commission est importante et sa responsabilité devant l’histoire du pays, très lourde. Elle ne doit donc pas échouer.

Réussir sa composition. Pour cela, il faudra réussir sa composition. Ses 36 membres seront désignés paritairement par le Président du Faso, le Président du Conseil national de la transition et le Premier ministre.

Point n’est besoin d’insister que les hommes et femmes qui composeront les cinq sous-commissions de l’organe doivent faire l’unanimité absolue. La cacophonie qui a arrosé la composition du Conseil national de la transition doit être à tout prix évitée. Le désagréable tollé qui a entouré les nominations de certains membres du gouvernement ne devra pas figurer au menu.

Et pour cela, on s’en tient aux propos du ministre de la Justice Joséphine Ouédraogo, qui a déclaré devant le CNT dont l’un des membres l’a interpellée le 23 janvier dernier, que « le gouvernement a tiré leçon» de ces épisodes.

Réussir sa mission. La commission doit ensuite réussir sa mission, à savoir délivrer un rapport après cinq mois de réflexion et d’investigation. Cinq mois paraissent peu pour passer en revue tous les problèmes et toutes les réformes nécessaires. Mais le respect du délai de la transition doit avoir guidé ce compte à rebours.

Qu’à cela ne tienne, le rapport que livrera cette commission devra répertorier toutes les sources de frustrations des Burkinabè, les crimes de sang (commis pendant les 27 ans de règne de Blaise Compaoré, mais aussi ceux commis pendant l’insurrection populaire), les crimes économiques, les facteurs d’injustice et d’inégalité sociales, la « normalisation » de l’armée, la fortification des institutions républicaines, etc. Le diagnostic devra être sans complaisance.

Réussir l’application de son rapport. Mais une chose est d’établir un rapport et l’autre est de l’appliquer. Des projets et des propositions de lois seront recommandés.

Des rapports seront établis sur les présumés coupables de crimes de sang et crimes économiques (la sous-commission justice et réconciliation a le droit de se saisir de tout crime et d’entendre et d’auditionner des témoins ou des présumés auteurs). Les autorités de la transition ont à charge de les appliquer. Et si le labeur n’est pas terminé à la fin de leur mandat, les nouveaux dirigeants s’en chargeront. Le Burkina nouveau est à ce prix.

La Rédaction


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Rédaction B24

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Il y a 1 commentaire

  1. Nous sommes 17 millions d’intelligences. Nous ne manquerons pas de bonnes solutions. Il suffit juste que la composition de cette grande commission ignore les opportunistes, les usurpateurs et les plaisantins. C’est de notre pr?sent et de l’avenir de nos enfants qu’il s’agit. Ceux qui ont la lourde responsabilit? du choix des hommes et des femmes de cette n i?me commission se doivent d’?tre correctes.

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