Marc Pozmentier, DG Brakina : « Nous sommes ouverts au dialogue, même ce weekend »

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L’augmentation de 100% des salaires revendiquée par les travailleurs de la Brakina/Sodibo (principale brasserie du Burkina), en grève depuis trois jours,  n’est pas dans ses cordes, avoue le Directeur général, Marc Pozmentier. « Il y a des choses qui peuvent se faire » mais il faudrait que cela soit autour d’une table, a-t-il déclaré lors d’un point de presse, ce 29 janvier 2015.

Le DG de la Brakina/Sodibo Marc Pozmentier invite les travailleurs en grève à  s’asseoir autour de la table de discussion pour trouver une solution à la crise qui a mis les employés dehors, une première fois  pour 48 heures et une deuxième fois pour 72 heures.

Pour rappel, les grévistes réclament, entre autres, une augmentation de salaires de 100% et l’amélioration de leurs conditions de travail. L’entreprise ne peut-elle pas consentir cette augmentation de 100%, eut égard à sa bonne santé financière et qu’exhibent ceux qui y travaillent ?

« Je ne connais pas de société dans le monde qui fixe les salaires par rapport à son chiffre d’affaires, commence le DG. Ce n’est pas une façon de gérer une entreprise en bon père de famille comme on essaie de le faire depuis des années (…).  

Les 23 ou 24 milliards d’investissements qu’on a fait en 2014, il fallait bien qu’on trouve l’argent quelque part. (…) Vous avez été témoins de l’évolution de Brakina ces dernières années et cela ne peut pas se faire avec des 100% d’augmentation de salaires ».

Salaires des expatriés. Les employés reprochent cependant à l’entreprise de pratiquer une politique salariale discriminatoire et en faveur des expatriés. 1,5 milliard de F CFA aurait été versé à 6 employés expatriés et le même montant à quelque 400 employés nationaux. « C’est impensable », rejette Pozmentier, qui déclare qu’ « heureusement, ça ne fonctionne pas comme ça ».

L’augmentation des 100% réclamée par les travailleurs n’est donc pas dans le registre du réalisable car n’étant « pas une base de discussion », selon Marc Pozmentier. Quel taux d’augmentation la direction est-elle alors prête à concéder ? Le DG dit n’avoir pas de chiffres à donner. Toutefois, ajoute-t-il, « il y a des choses qui peuvent se faire, mais il faut que le dialogue soit ouvert, il ne faudrait pas que ce soit un monologue ».

Il affirme même que la direction est prête à renouer le dialogue avec les grévistes dès ce week-end, si ces derniers sont disposés.

Pas de sanctions. La grève de 72 heures des employés expire ce 29 janvier à 00h. Le DG espère une reprise des activités dans la sérénité. Les grévistes doivent-ils craindre des sanctions ? « Le droit de grève est un droit et nous ne revenons pas là-dessus », répond Pozmentier qui  assure qu’aucune « chasse sorcières » ne sera faite. Il déplore toutefois que les grévistes aient empêché leurs collègues qui voulaient travailler de jouir de « leur droit au travail ».

Le DG espère au-dessus de tout, une reprise rapide du travail et du dialogue, car, selon ses révélations, ces 72 heures d’arrêt de travail  ont empêché la production de 12 millions de bouteilles, ce qui équivaut à  une perte de 2 milliards de F CFA  pour les caisses de la Brakina/Sodibo et de 150 millions  de F CFA de recettes pour les impôts.

Abdou ZOURE

Burkina24



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 3 commentaires

  1. DG arr?ter de faire trop de tapage m?diatique. Les travailleurs sont d?termin?s ? jamais donc devant c’est ma?s!!!!!. Ceux qui veulent commenter ? la faveur de la direction en mettant de l’huile dans le feu qu’ils continuent. Mais la d?termination est ? KOSSODO.
    Allez au dialogue et trouver un terrain d’attente. Proposer les ce que vous jug? faisable tout en ayant en t?te une pes?e des postes qui fera un reclassement normal sans distinction de service. Mettez ensemble un bon outil de GRH qui garanti un bon plan de carri?re des travailleurs. Si possible chercher ? organiser un forum de tous les travailleurs ? fin de recueillir touts les probl?mes qui minent votre entreprise.Arr?tez de trop ?couter certains cadres noirs car ce sont eux votre malheur.Les travailleurs ne vous d?testent pas DG, mais par contre, il y a certain cadre qui ne sont m?me pas aim? ? 0,00001% dans l’usine. Alors comment associer de telle personne ? votre table de n?gociation? Le linge sale se lave en famille, ce que vous ?tes entrain de faire sur les m?dias, si touts les travailleurs et leurs familles d?cident de d?voiler tout ? l’opinion je crois pas que vous puissiez faire plus de 24 heures ici encore. soyez sage et plus strat?gique, car chaque fois que vous persister, cela ne fait que mobiliser plus les travailleurs.

  2. Mais que vous ?tes m?prisante, voir m?prisable ma pauvre dame. Que savez-vous exactement du traitement des expatri?s de la Brakina ? Que savez-vous des salaires des Burkinab? de la Brakina ???
    Savez-vous que certains cadres burkinab? ont des salaires annuels ?gaux, voir sup?rieur ? ceux de certains expatri?s ???
    Et puis, les occidentaux, comme vous dites, ne sont pas les seuls actionnaires de la Brakina. Que dites vous de ces soci?t?s burkinab? bien connues sur la place qui paient leur personnel ? 35 000 francs par mois ? Que dites vous ? ces entreprises burkinab? qui exploitent financi?rement, socialement et physiquement leur fr?res ?? C’est bizarre, on ne vous entend pas !!!! Que voulez-vous, que les occidentaux, comme vous dites, quittent le Burkina avec leurs investissements sous le bras ???
    Savez-vous combien de personnes vivent directement ou indirectement de la Brakina ? Connaissez-vous d’autres soci?t?s industrielles, au Burkina, dans la sous-r?gion voir en Afrique, qui s’implique autant de le social que le groupe Castel ???
    Qu’en on sait rien, on ferme son clavier surtout quand on a m?me pas le courage de signer son propos et que l’on se cache derri?re un pseudo Anonyme.

    David Ouedraogo
    Abidjan

  3. Il est temps que les occidentaux des grandes entreprise et de la coop?ration payent les travailleurs locaux au m?me tarif que les expatri?s pour un travail ?quivalent. Et qu’ils arr?tent de dire que c’est normal qu’il payent les locaux au tarif local. Non ?a n’est pas normal vu les b?n?fices r?alis?s et les salaires ahurissant que vos confr?res gagnent en comparaison !

    Combien de burkinab? qualifi?s sont exploit?s actuellement par les entreprises priv?s ou les ONG venus d’Occident ?

    C’est r?voltant d’entendre certains ami(e)s raconter comment leur coll?gues blancs touchent des salaires de cadre ? 3000 euros alors qu’ils accomplissent les m?mes t?ches qu’eux au quotidien en touchant moins ? peine 300 euros.

    Ras le bol de ces exploitants du Nord qui viennent se remplir les poches avec les consommateurs du Sud, tout en profitant d’une main d’oeuvre bon march? !

    Brakina l? c’est pas petit le nombre de bouteilles ?coul?es chaque jour dans les maquis gr?ce aux travailleurs burkinab? qui se d?tendent ? la descente.

    Bravo aux travailleurs de Brakina/Sodibo ! Une fran?aise de tout coeur avec vous.

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