Quand l’eau minérale en vente inquiète les consommateurs

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L’eau dite minérale est une boisson très consommée par les Burkinabè. Se trouvant facilement auprès des revendeurs, dans les boutiques, les alimentations, et les poussettes dans nos rues, on en achète dans des emballages en sachets et en bidons. Nous nous y intéressons, à la suite d’une alerte d’une lectrice à la rédaction de Burkina24, preuve à l’appui, à propos d’une marque d’eau minérale en sachet de la place. Notre plaignante était outragée de découvrir des débris  dans les packs d’eau achetés dans une boutique de la place. Ses interrogations : pourquoi, comment, et que faire ? Quelques réponses sur ces lignes.

Les sachets d’eau que notre plaignante nous a présentés ce 19 janvier 2015 contenaient des débris blancs et noirs lorsqu’on les secouait. Au repos, l’eau se présentait sous une couleur légèrement rouge. Un autre sachet contenait des résidus.

L'eau minérale découvert par la plaignante
L’eau minérale découverte par la plaignante. Des résidus peuvent être observés au bas du sachet

Pascal Zaida, secrétaire général de la ligue des consommateurs du Burkina, section Kadiogo, vers qui elle a été renvoyée par la police municipale, nous expliquera plus tard que le produit en question, fabriqué en novembre 2014, était à deux semaines de la date de péremption, car le délai de consommation de l’eau minérale est de 3 mois.

Lorsque nous avons approché les responsables de l’entreprise qui  a produit l’eau en question, ils nous ont expliqué le processus de fabrication.

« Nous produisons de l’eau naturelle souterraine extraite à partir d’un forage situé à 70 mètres de profondeur. Une fois l’eau captée, elle est recueillie dans un réservoir appelé château en polytank plastique », explique le technicien de l’usine.

S’ensuit alors une gamme de filtration avec des filtres à carbone de 0,5 nitrons de taille, permettant de bloquer tous les corps solides.

L’eau est ensuite traitée aux ultraviolets pour anéantir les bactéries et les micro-organismes qui peuvent s’y retrouver. Puis, elle est conditionnée dans des sachets, en format de 40 et de 50 paquets, sur lesquels figurent les dates de production et de péremption.

« Nous conseillons 3 mois entre les deux dates. Mais au niveau du laboratoire national de santé publique, après analyse et après une longue conservation, il s’est avéré qu’un an après, les données physico-chimiques de l’eau n’ont pas changé », ajoute-t-il, en précisant que l’usine dont la qualité de l’eau est remise en cause par notre plaignante, a signé un protocole d’accord de suivi de qualité avec le laboratoire national, qui prélève mensuellement leur eau pour des analyses.

Pourquoi  la qualité de l’eau était-elle alors dégradée ?

Eau minerale en vente, exposée dans un environnement sale et au soleil
Eau minérale en vente, exposée dans un environnement sale et au soleil

Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Les conditions de conservations agissent sur la qualité de l’eau.

La législation pose problème

Il y a un hic, relève Zaida. Depuis 2012, il n’y a plus une autorisation de fabrique d’eau au Burkina, où il y a plus de 200 marques d’eau fabriquées sur le territoire, affirme-t-il. « Le problème est qu’au laboratoire national, lorsque les gens partent avec leur produit pour analyse et que le laboratoire analyse l’échantillon, si le produit est bon, le monsieur commence à vendre, malgré que la licence n’a pas été donnée par la maison de l’entreprise », commente Pascal Zaida. De ce fait, de nombreuses entreprises fabriquent et commercialisent l’eau sans une autorisation parce qu’aucune loi ne l’interdit non plus. Une situation que déplore la Ligue des consommateurs.

« Si l’on met l’eau à congeler au frigo, après décongélation, c’est normal que les produits physico chimiques de l’eau changent, et en ce moment, vous aurez des débris. C’est ce qu’on appelle une réaction chimique, le passage de la température de moins 0 degré à la température ambiante. C’est normal. Et c’est pareil pour l’eau de robinet fournie par l’ONEA », poursuit le technicien.

Ensuite, les sachets ne sont pas imperméables à 100%, si bien que plus ils séjournent au soleil, plus les rayons solaires, l’air et la poussière ont un impact sur l’eau.

Mais comment s’assurer que la faute ne vient pas du fabricant ? La ligue des consommateurs a sa méthode.

Méthode

« Nous procédons à l’identification du produit, lieu d’achat et conditions d’achat(…) Au-delà d’aller dans la même boutique, notre démarche consiste à aller dans 3 ou 4 coins différents pour payer l’eau», explique Pascal Zaida.

Et c’est lorsqu’elle retrouve les mêmes aspects dont le consommateur fait état, que la Ligue des consommateurs suppose que le fabricant est en porte-à-faux.

Ayant un pouvoir de dénonciation, elle contacte alors les structures assermentées qui remontent le filon pour savoir si le propriétaire de la marque est faussaire ou victime d’une contrefaçon.

 A l’évidence, le mauvais état du sachet d’eau présenté par la plaignante relevait plus de la conservation que de la fabrication. Comment donc éviter que cela ne se reproduise ou d’en consommer ?

Sauver notre consommation                                     

Pascal Zaida, lors de notre entretien
Pascal Zaida, lors de notre entretien

Pascal Zaida a son idée. Toute personne qui paye de l’eau, devrait faire preuve d’auto-contrôle.

Observer le mode de conservation : « Il n y a rien de plus propre au monde que l’eau. Lorsqu’elle se mêle à des impuretés, l’eau perd ses qualités ». Les sachets d’eau doivent être disposés sur des bacs spécifiques, loin de produits comme la viande et le yaourt et de préférence dans un réfrigérateur réservé à la vente d’eau. De même, l’eau doit être à l’abri des rayons solaires et de la poussière, conseille Zaida.

Il faut ensuite vérifier les informations contenues sur l’emballage, notamment  le fabricant et les dates de fabrication et de péremption.

Exiger un reçu protège le consommateur et permet de poursuivre le vendeur en cas de problème sur la qualité ou le prix du produit.

La Ligue des consommateurs, confie Pascal Zaida,  lutte pour le vote d’une loi sur le droit des consommateurs. Cette loi contraindrait le fabricant à soigner le consommateur victime d’une maladie due à la consommation de son produit de mauvaise qualité. Une meilleure arme donc, est-il convaincu, pour défendre le consommateur et lutter contre la contrefaçon et le fricotage.

Mouniratou LOUGUE

Burkina24

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Il y a 3 commentaires

  1. c’est juste un message pour ceux qui se souci de la sant? de la population pour que chacun prenne conscience.si non pas des gens comme vous mr Oloman

  2. Monsieur sidnsobeogo, parfois soyez humble dans la vie.Est ce que vous ?tes capable de donner des explications mieux ca pour que les gens comprennent?Je ne croix pas.Donc inutile de se livrer a contester au hasard sinon vous finirez par vous contester vous m?me.

  3. je pense que tout se qui se dit ici est bien faux. les multiples maladie dans ces derniers temps ne sont autre que l’irresponsabilit? accru et enrichissement sans consciences de certains commer?ants et responsables. dans tous les cas m?me si par le contr?le on d?couvre des germes dedans il y aura toujours des explications pour ne pas sanctionner. si non combien de burkinab? peu faire cette auto contr?le parce qu’ils ne savent pas lire et font confiance parce que ? l’origine c??tait de l’eau propre? rappelez vous qu’une fois ? la Tel? on nous avait montrer un qui pr?levait l’eau de l’ONEA pour conditionner et revendre? quel sanction ? rien m?me pour avoir tromp? le peuple. je pense qu’il est temps que la ligue des consommateur prenne leur responsabilit

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