Arrestation et exclusion d’élèves à Niangoloko : “La balle dans le camp de l’autorité”, prévient la CEEB

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La Coordination des élèves et étudiants burkinabè (CEEB), a exigé, au cours d’un point de presse ce 23 février 2015,  la libération des cinq élèves arrêtés et la levée de sanctions de cinq autres  à Niangoloko à l’issue de grèves en novembre 2014 et février 2015. Le cas échéant, elle dit se donner la latitude d’entreprendre “toutes les actions nécessaires”.

Les élèves du lycée municipal de Niangoloko, dans la province de la Comoé, soutenus par ceux du lycée Santa, à travers l’Association des scolaires de la Comoé (ASC) engagent une grève du 24 au 26 novembre 2014 pour protester contre le manque d’un enseignant d’anglais au lycée municipal de même que l’existence d’un seul enseignant d’éducation physique pour 17 classes.

Le Conseil de discipline du lycée Santa exclut temporairement deux élèves et définitivement trois autres. Le 2 février, le bureau provincial de l’ASC déclenche une grève de 24 heures pour exiger la levée des sanctions. Une grève non autorisée. Les forces de l’ordre interviennent. Le véhicule du proviseur du lycée Santa est saccagé. Cinq élèves sont arrêtés et leur procès est attendu pour ce 24 février 2015.

Exigences. La Coordination des élèves et étudiants burkinabè (CEEB), selon son premier responsable Patrice Zoehinga (par ailleurs président du comité exécutif de l’UGEB, l’Union générale des étudiants burkinabè), lors d’un point de presse ce 23 février, affirme avoir rencontré le 13 février, le ministère des enseignements secondaire et supérieur, pour exiger l’annulation de ce qu’une mission dudit ministère a approuvé, le 10 février à Niangoloko.

Il s’agit de la libération sans condition et sans délais des élèves détenus à la Maison d’arrêt et de correction de Banfora, l’annulation des sanctions prises contre les  élèves, la levée de la suspension de l’ASC/Niangoloko et l’adoption de franchises scolaires.

La CEEB insiste surtout sur l’abrogation de l’arrêté 2014/369/MESS du 29 septembre 2014 et le décret 2012-646 du 24 juillet 2012. Pour Zoehinga, ce sont des textes “liberticides”, les mêmes qui ont servi à  exclure des étudiants de l’Université de Koudougou en octobre 2012.

Le cas échéant, la CEEB informe qu’elle “entreprendra toutes les actions nécessaires allant dans le sens de la résolution des différents points de revendication” et “tient les autorités responsables d’une dégradation éventuelle du climat social au sein des établissements secondaires et universitaires  de notre pays“.

Manipulation ? Il est toutefois question d’une probable manipulation des élèves. Zoehinga rappellent d’abord que les manifestations ont été déclenchées sur la base de problèmes existants, en l’occurrence le manque d’enseignant. “Ces problèmes sont justes. S’il y a manipulation, ce sont les problèmes qui manipulent les élèves. La thèse de la manipulation ne tient pas la route“, ajoute-t-il.

Quant au saccage du véhicule du proviseur, Zoehinga impute la faute à l’intervention des forces de l’ordre dans un établissement d’enseignement. “C’est lorsque les forces de l’ordre interviennent que tout dégénère“, affirme-t-il, rappelant que lors des premières manifestations, rien de cela n’était arrivé.

Pour le reste, la CEEB dit attendre la réaction du ministère de tutelle. En attendant, avec le concours du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), des avocats ont été commis à la défense des élèves, “si le procès a lieu“, ce mardi, informe Zoehinga.



Abdou ZOURE

Abdou Zouré est le rédacteur en chef de Burkina24.

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Il y a 10 commentaires

  1. Tintigui Hema n’a fait que dire la v?rit?.c’est vraiment regrettable que l’on en vienne ? de telles violences mais des coll?gues enseignants et de l’administration ont r?cup?r? la crise ? leur profit afin de r?gler les comptes ? leurs adversaires locaux. Ainsi, le surveillant du lyc?e Santa (Niampa Boukary) et un prof de Maths fondateur du Lyc?e Priv? Thales ont mobilis? et continuent d’instrumentaliser la population analphab?te, des instituteurs, ainsi que certains de leurs coll?gues afin qu’ils s’en prennent ? un leader syndical local du nom de Ouedraogo Lassan?. Sans la moindre preuve de la manipulation des ?l?ves par ce dernier, ils ont envoy? Dabir? Wilfrid prof de philo et Gouem Abdoul Kader prof d’anglais l’agresser nuitamment ? domicile. Vivement que Lambert, Niampa, Dabir? et Gouem soient arr?t?s afin qu’ils r?pondent de leurs actes.

  2. ce qui est regretable avec la greve des eleves c’est sa recuperation par des individus mal intentionner comme Niampa Boukary surveillant du Santa et Ouedraogo Lambert prof de math et fondateur d’un lycee prive dans le but de regler leur compte a leurs ennemis syndicaux. c’est ainsi que ces 2 ont financer et mobiliser des groupuscules contre Ouedraogo Lassane, un responsable syndical qui les empeche de faire prosperer leurs business. Niampa a passer le clair de son temps a vendre du carburant frauder de la Cote d’Ivoire ainsi que des vehicules rechercher par Interpole

  3. Sylvestre, qu’ont-il pos? comme acte pour ?tre emprisonn?s? Adiguetou, il n’appartient pas ? ces ?l?ves d’assumer les cons?quences de manque d’enseignant et de mauvaises condition de vie et d’?tude.

  4. Anonyme, c’est vraiment mieux pour toi de rester anonyme pour tenir de tels propos. La lutte est noble. Les autorit?s ont int?r?t ? revenir ? la raison. Courage!

  5. Qu’est ce que ces gens la ns veulent encore? Assurement que francois compaore est devant(derriere???) toutes ces manifs d’eleves.Pitie?????????

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