Général Tiémoko Marc Garango : Décès d’une « figure historique » du Burkina

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Le Général Tiémoko Marc Garango, le premier Médiateur du Faso du Burkina, est décédé  au petit matin du 6 mars 2015, des suites de maladie a appris Burkina24.

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Il était hospitalisé en France avant d’être rapatrié au Burkina où il a rendu son dernier soupir.

Le Général Tiémoko Marc Garango figure parmi les premiers généraux de la Haute-Volta. Il a ensuite occupé des postes politiques dont les plus significatifs resteront son passage au ministère de l’économie et des finances et son poste de Médiateur du Faso.

« Un bon militaire ». Des premiers témoignages recueillis, il ressort d’abord l’image qu’il a laissée en tant que militaire.  « J’ai retenu en lui un bon militaire, un bon officier », confie Yamba Malick Sawadogo, homme politique. 

« C’est un ancien militaire qui a vraiment incarné les valeurs militaires de rigueur, de droiture et, qui dans le contexte actuel, me paraît absolument important à souligner », ajoute Germain B. Nama, journaliste et directeur de publication du bimensuel « L’Evènement ».

Politique. Les plus jeunes Burkinabè retiendront sa position lors du débat sur la mise en place ou non du sénat burkinabè. Il avait estimé à l’époque que le Burkina pouvait se passer de cette institution.

Celui qui est né à Gaoua un 27 juillet 1927 a été également contre la révision de l’article 37 de la Constitution, rappelle le député Alexandre Sankara.   « Nous, en tant que jeunes, de la part d’un homme de cet âge, ça nous a donné beaucoup de courage pour continuer la lutte », ajoute-t-il.

Difficile mais nécessaire « Garangose ».   Mais un peu plus loin dans l’histoire, l’ancien ministre des finances a également laissé des empreintes dans la mémoire de ses compatriotes.

De nombreux Burkinabè se rappelleront de la « Garangose », cette expression qui a été utilisée dans les années 66 pour qualifier la politique d’austérité du ministre du commerce Tiémoko Marc Garango dans le gouvernement du Général Sangoulé Lamizana.

« J’étais adolescent à l’époque, se souvient Germain Nama. Nous avions souffert parce que les bourses avaient été réduites par la « Garangose » et nous en avons beaucoup souffert, d’autant plus que nous étions des élèves dont les parents payaient les études. Mais au finish, c’était des mesures salutaires, qui ont permis de redresser l’économie du pays ».

« Il a essayé de trouver un système local pour redresser l’économie au niveau national. C’était vraiment une première au Burkina, pour ne pas dire en Afrique », atteste Yamba Malick Sawadogo.

Zéphirin Diabré, homme politique, économiste et ancien ministre des finances, ira plus loin. « (…) Dans notre histoire moderne, c’est clairement le meilleur ministre des finances que nous n’ayons jamais eu. Le travail qu’il a fait (…) est un travail de grand génie. Toute la réglementation financière que le pays a aujourd’hui provient de lui », commente-t-il.

« En tant que fiscaliste, je retiens que c’est lui a amené la retenue à la source de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) », détaille le fiscaliste et homme politique Alexandre Sankara.

Feu Tiémoko Garango avait aussi des qualités humaines. « Rigueur », « générosité », « humilité », « intégrité » et « droiture » lui sont reconnues comme valeurs par les témoignages. « C’est une figure historique de notre pays », résume Germain Nama.

Le Général Tiémoko Garango aurait eu 88 ans, le 27 juillet 2015.

Biographie 

Etudes

  • études secondaires au Lycée Sainte-Geneviève, à Versailles en France
  • 1963 : études supérieures successivement dans les facultés de droit et sciences économiques de Dakar, Paris, Aix-en Provence, ainsi qu’à l’institut des sciences politiques d’Aix-en-Provence
  • 1965 : Centre d’Enseignement Militaire Supérieur de Paris (école supérieure de l’intendance) et poursuivra sa spécialisation à l’école du Commissariat de l’air de Salon-en- Provence.
  • 1965 : Licence en droit public et sciences politiques, du diplôme de l’école supérieure de l’intendance, de l’auditorat de l’institut des sciences politiques d’Aix-en- Provence.

Parcours

  • 1994-2000 : Médiateur du Faso
  • 1990 : Vice-Président du Conseil Economique et Social et Président de la Commission de Concertation Etat/Secteur Privé
  • 1981-1983 : Ambassadeur auprès des Etats-Unis d’Amérique
  • 1977-1981 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en République Fédérale d’Allemaggne
  • 1972-1975 : Président du Comité des ministres des finances chargé de la réforme des institutions de l’Union Monétaire Ouest Africaine
  • 1968-1970 : Président de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (1968-1970)
  • 1966-1976 : Gouverneur du Fonds Monétaire International
  • 1966 : Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Haute-Volta (non résident) auprès de la Rrépublique de Chine.
  • 1966 : Ministre des Finances et du Commerce du premier Gouvernement militaire formé par le Général Sangoulé Lamizana (décret n°3/PRES DU 8 JANVIER 1966)
  • formation militaire en France

Décorations

  • Grand Croix de l’Ordre National burkinabè
  • Grand Cordon de l’Ordre National de l’Etoile brillante de la République de Chine
  • Commandeur de la Légion d’Honneur française
  • Commandeur de l’Ordre National de la République de Côte d’Ivoire
  • Médaille militaire et Croix de Guerre françaises

Source : AIB

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Abdou ZOURE

Abdou Zouré, journaliste à Burkina24 de 2011 à 2021. Rédacteur en chef de Burkina24 de 2014 à 2021.

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