Grève au 2iE : Le mémorandum des étudiants

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Ceci est un document parvenu à la Rédaction de Burkina24. Il contient le mémorandum des étudiants de l’institut 2iE, en grève depuis la semaine dernière.

Explications des revendications des étudiants

Nous, étudiants du 2iE d’une même voix apportons des éclaircissements concernant nos revendications. Nous n’avons jamais demandé d’alléger les cours ou diminuer les crédits pour que nous passions en classe supérieure. Les interprétations résultent d’une absence de dialogue entre les étudiants et la direction vu la réticence de cette dernière à dialoguer avec nous pour trouver des solutions.

ü Concernant l’annulation de la note de service n°2015/DG/SG/DFIP/DDD/IC n° 008 aux dispositions règlementaires pour passer en classe supérieure :

Dans notre institut, il faut 180 crédits pour avoir le diplôme de licence c’est-à-dire pour passer du cycle bachelor au cycle Master. Ces crédits sont répartit en 60 crédits par classe.

Le dernier livret d’étudiant de 2012-2013 signifie que pour passer de la 1ère année à 2ème année il faut 80% des crédits soit 48 crédits. Pour passer en troisième année, il faut 80% des crédits de 2ème année. Et pour avoir le diplôme de bachelor il faut 100% des crédits de toutes les classes.

La note de service signifiait que pour passer de la 1ère année à la 2ème année il faut 80% des crédits de L1 (1ère année).

Et de la deuxième année à la troisième année il faut 100% des crédits de L1 et 80% des crédits de L2 (2ème année) pour passer en L3 (troisième année) soit 108 crédits.

Exemple : Il y’a des étudiants du même cycle (bachelor) qui ont obtenus 58 crédits sur 60 en L1, 60 crédits sur 60 en L2 soit 118 crédits. Pour 2 crédits de L1 qui manquent (anglais), on leur refuse une inscription en L3.

Cela signifie qu’ils perdront une année à cause d’une seule épreuve dans un cycle de bachelor sans compter que parmi ces étudiants il y’a des boursiers qui perdront leur bourse et des dépenses supplémentaires pour les parents car durant toute une année l’étudiant ne reprend que cette matière.

ü Concernant le règlement du problème d’actualisation des notes :

Malheureusement, nous constatons que c’est à l’étudiant de courir derrière l’administration pour faire actualiser ces notes chose qui doit être faite automatiquement par cette dernière. Notons que pour les frais de scolarité élevées qui sont versées, nous ne devrons pas souffrir pour des problèmes qui ne sont pas de notre faute. Tout est actualisé automatiquement à l’université de Ouagadougou bien qu’ils soient des milliers d’étudiants.

En plus, nous remarquons qu’un seul étudiant peut avoir deux notes différentes pour un même devoir. Nous réitérons ici que ce ne sont pas que les étudiants en situation d’échec qui rencontrent ces problèmes. Depuis plus de 3 ans, nous recevons des promesses formelles non écrites sur le règlement du problème d’actualisation de notes, mais jusqu’ici aucun changement à ce niveau, raison pour laquelle nous ne faisons plus confiance aux promesses formelles non écrites.

ü l’annulation de la note de service n°2015/DG/SG/DFIP/DDD/IC N°007 relative à la date limite des inscriptions et réinscription pour le semestre en cours :

Cette loi stipule que la date limite des inscriptions et réinscriptions était fixée au 4 mars 2015 pour une rentrée qui devrait avoir lieu le 16 Février 2015. Ce qui constitue déjà un problème.

Pour ce cas plusieurs étudiants attendaient des notes de rattrapages pour pouvoir s’inscrire avant le 16 février mais n’ont pas reçu leur notes et plusieurs n’ont pas été actualisées. Ces étudiants ne sont donc pas autorisés à s’inscrire non pas de leur faute, mais à cause du retard accusé au niveau de l’administration.

Certaines notes sont perdues par l’administration et on demande aux étudiants de recomposer l’année suivante. Même si les notes sont sorties il faut que chaque étudiant ayant valider au cours du rattrapage, soit obligé d’aller à la scolarité faire une actualisation de notes et prendre un ticket d’autorisation d’inscription. Etant donné que ces étudiants sont par centaines dans ce cas, ils font la queue devant le bureau en charge d’actualisation des notes de 2h à 7h juste pour faire actualiser leurs notes.

Notons qu’à l’université de Ouagadougou, il y’a plus de 10 000 étudiants mais ce problème ne se pose pas. De plus, on trouve inadmissible que la rentrée soit fixée sans que l’année en cours ne soit écoulée. En effet, certaines sessions de rattrapages n’ont pas été composées, les relevés de notes non actualisés, des notes non publiées que la nouvelle année débute déjà. Certains étudiants commencent donc la nouvelle année académique avec un retard sur les cours et les examens.

ü Concernant l’annulation des frais de reprise d’unité d’enseignement :

Pour les frais de reprises d’UE, nous étudiants ne sommes pas contre le fait de payer les crédits pour les reprises d’UE mais contre le cout élevé de ces derniers. D’année en année, les prix de reprise augmentent sans aucune justification (en L1 de 7500FCFA en 2010 par crédit à 15000FCFA à nos jours pour celui qui passe en classe supérieure et 30000FCA pour celui qui reprend la classe).

Les cours ne sont pas organisés pour les étudiants payant les reprises d’UE, les examens ne sont pas programmés en fonction du programme des étudiants reprenant les matières (il arrive très souvent qu’un étudiant ait deux examens le même jour à la même heure et l’administration demande à ce dernier de choisir une matière comme s’il n’avait pas payé pour les deux).

Plusieurs hauts cadres ou grands professeurs d’universités ont eu au cours de leurs études universitaires tantôt 17/20 dans une matière et 5/20 dans d’autres ; les étudiants canadiens (Montréal) ont grevé en 2012 contre l’augmentation des frais de scolarité. Est-ce à dire qu’ils sont des « voyous », des « drogués » ou des personnes jadis en « situation d’échec ».

ü Concernant l’accès sans conditions aux copies des étudiants pour réclamations :

Les étudiants devraient avoir accès à leurs copies sans demande et sans conditions car voir nos copies nous permettraient de voir nos erreurs et de s’en servir dans le futur vu que nous n’avons pas de correction pour les épreuves composées.

De plus des erreurs peuvent être faites lors du report des notes. 2iE, nous ayant inculqué des valeurs telles que l’amélioration continue et non la poursuite des notes, l’excellence académique pour fonder l’Afrique de demain, notre priorité 3 est d’avoir accès à nos copies pour ne pas commettre les mêmes erreurs et porter avec fierté le nom 2iE. Car comme le dit un vieux proverbe africain commettre la même faute deux fois n’est une erreur mais une habitude.

ü Concernant l’établissement du livret :

Le livret nous permet de comprendre nos droits, nos devoirs et le programme de formations. La dernière mise à jour de ce livret et sa distribution datent de 2012-2013.

ü Concernant l’adéquation entre le semestre académique et le logement IMODEV :

Nous avons constaté qu’il n’existe aucune synchronisation entre l’année académique et les contrats de logement fixés par IMODEV (agence s’occupant de la gestion du logement). En effet le semestre académique y compris les rattrapages peuvent se terminer 2 à 3 semaines après la date limite de libération des chambres. Notons qu’IMODEV n’accorde aucun traitement de faveur en ce qui concerne la libération des chambres. Cela met en difficulté non seulement les étudiants n’ayant pas de famille d’accueil à Ouagadougou, mais aussi les étrangers qui n’ont nulle part où aller.

ü Preuve de l’accréditation du 2iE par le CAMES :

La priorité de 2iE est de former des ingénieurs qui vont bâtir l’Afrique, pourtant les diplômes de cet institut n’ont pas l’air d’être accrédités par le CAMES à notre grande surprise (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur). Raison pour laquelle nous demandons la preuve de cette accréditation.

ü Traitement respectueux des étudiants par l’administration :

Il est inconcevable que des étudiants se voient insultés et dénigrés par l’administration. Allant même de fois à dire que si nous savions fallait qu’on aille en France. De plus, l’association des étudiants n’est pas intégrée dans certaines décisions. Car qui mieux que cette association connait les réalités que vivent les étudiants sur le campus.

ü Etablissement d’une connexion internet à haut débit et la restauration de l’électricité et de l’eau :

Depuis quelques mois, le débit de la connexion internet a connu une baisse considérable empêchant les étudiants d’ouvrir leurs boites personnelles, de télécharger des documents de recherche personnelle pour approfondir leurs connaissances et d’effectuer les projets. Cela nous a été expliqué par le fait que 2iE rencontre des problèmes financiers, pourtant la scolarité est restée la même que lorsqu’on avait une connexion haut débit.

Des coupures intempestives d’eau et d’électricité sont observées sur le site de Kamboinsé bien qu’on remarque la présence d’un groupe qui n’est jamais en marche et de château d’eau qui ne fonctionne pas. Tout cela se met sur le compte des problèmes financiers de 2iE. Pourtant la scolarité est restée inchangée. Les étudiants soucieux de leur réussite, de préserver la confiance accorder par leurs bailleurs de fond, leurs parents et, surtout de montrer au monde que la

formation de 2iE est de qualité, se voient contraints d’allumer des lampes, les phares de leurs motos, les torches des portables pour pouvoir réviser.

ü Règlement de la situation académique des boursiers suspendus l’année dernière :

Nous déplorons le manque de diplomatie au sein de notre institut. Des étudiants se sont vus expulser des salles de cours et d’examens à cause du retard sur la scolarité. Dire aux étudiants de régler les frais de scolarité sous prétexte qu’ils se feront rembourser par les Etats, c’est insinuer que tout le monde a les moyens de débourser des millions.

Or nous savons tous que cela n’est pas possible vu que la majorité des étudiants viennent des familles à revenus très modestes. Cependant, cet arrangement est risqué pour ceux ayant les moyens d’avancer une partie car ici à 2iE les étudiants n’arrivent pas à se faire rembourser sans la pression des parents. De plus, la scolarité des étudiants boursiers est supérieure de 1 millions de FCFA par rapport à ceux qui s’inscrivent à titre privé compte tenu des retards accusés par les bailleurs de fond.

ü Quant au problème d’anglais :

Nous sommes conscients de l’importance de cette langue dans le monde d’aujourd’hui. Mais ce que nous déplorons c’est le manque d’accompagnement pour réussir le TOEFL. Les cours devraient être donnés par niveau de maitrise de langue comme à l’institut de langue américaine. De plus, la majorité des étudiants recrutés venant de pays francophones et d’autres ou l’arabe est la seconde langue officielle au détriment de l’anglais, alors comment exiger de ces derniers le TOEFL, avec 16 heures de cours d’anglais par semestre et un centre de langue qui ne fonctionne pas, sans au préalable avoir évalué leur niveau. 2iE ne peut pas nous exiger le TOEFL à la sortie sans cours adéquat et sans avoir filtrer l’entrée.

Notons que la grande renommée d’EIER-ETSHER était due à la rigueur du recrutement des étudiants car le souci majeur du 2iE actuel est le nombre d’étudiant recruté par an. Nous regrettons le manque de respect de la parole donnée par la direction ce qui a contribué à radicaliser notre position le long de cette crise.

Nous réitérons les engagements formels écrites sur tous les points de notre revendication car les paroles s’envolent mais les écrits restent. Dire que ce sont des drogués et voyous qui revendiquent c’est mettre en péril l’image de notre prestigieuse école qui nous est chère.

Nous ne dirons plus désormais bureau de l’association des Etudiants mais ensemble des étudiants car nous formons UN, bien que nous venions de différents horizons.

« TOUS UNIS POUR UNE MEME CAUSE, UN 2IE MEILLEUR »

Fait à Ouagadougou, 10 Mars 2015

Ensemble des Etudiants de 2iE (EE-2iE)



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