Hamed Savadogo : « Le Camjbci ne souffre d’aucune instrumentalisation »

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24 heures après la rencontre manquée entre le Ministre de la sécurité burkinabè avec la diaspora de son pays en Côte d’Ivoire, Burkina24 a rencontré le leader du Collectif des Associations et Mouvements de la Jeunesse Burkinabè de Côte d’Ivoire, à l’origine des incidents qui ont émaillé cette rencontre.

Burkina24 : Suite à la manifestation de votre organisation le 9 Mars dernier en présence du Ministre burkinabè de la Sécurité de passage à Abidjan, il est à ce jour encore difficile, pour certaine opinion, de comprendre que pour une question de droit de vote, une telle violence soit exprimée. Que cache en réalité votre mécontentement ?

Hamed Sawadogo (H.S) : D’emblée, permettez-moi au nom de toute la camjbci de remercier Burkina24 pour son sens de professionnalisme et pour l’équilibre de l’information.

Je me permets de rappeler que depuis plus de 45 jours, le Camjbci entreprend à travers tout le district d’Abidjan, des rencontres avec les populations burkinabè sur la question du vote de la diaspora burkinabè en octobre prochain.

A cela s’ajoute, la rencontre en février dernier avec nos autorités diplomatiques. A la question de savoir qu’en est-il de notre vote, ils ont été assez clairs en ces termes : ‘’ A ce jour aucune décision officielle exclut le vote de la diaspora’’ et que cette question n’avait pas à alimenter des passions surtout que la constitution de notre pays le reconnaît.

Nous avons, toutefois, adressé successivement des correspondances à l’Union Africaine, l’Union Européenne, la Cedeao, les présidents français et américains à travers les représentations diplomatiques de leurs pays respectifs en Côte d’Ivoire pour attirer leur attention sur ce qui se prépare dans notre pays et qui est une grave violation de la constitution burkinabè.

J’ai été particulièrement sidéré que lors des différentes réunions préparatives de cette rencontre, le Camjbci qui a fait du vote de la diaspora une question centrale dans ses tournées ait été purement et simplement écarté, surtout que ce sujet est le principal ordre du jour de la visite de notre ministre.

Nous considérons qu’un tel mépris et que notre diabolisation auprès de nos mamans et concitoyens est inadmissible.

Ceci est la première raison. La seconde est que nous estimons que la visite du Ministre de la Sécurité du Burkina Faso est inopinée d’autant plus que ces derniers temps entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso les relations ne sont pas très bonnes si l’on s’en tient aux propos échangés par les uns et les autres au plus haut niveau. Il faudrait d’abord régler ce problème de communication par une mission diplomatique pour le bien-être des 5 millions de Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire.

B24 : Certaines réactions suite à ces évènements estiment que vous êtes instrumentalisés. Qu’en dites-vous ? En d’autres termes, pour qui roule le Camjbci ?

H.S : Lorsque le président Blaise Compaoré en 2009 instaurait pas décret présidentiel le vote des Burkinabè de la diapsora, nous avons dit qu’ayant peur de perdre les voies des Burkinabè au Burkina Faso, Blaise Compaoré veut se rabattre sur la diaspora. (…) Il voulait faire de nous un bétail électoral. Et nous avons fortement critiqué cela.

Alors maintenant que le vote des Burkinabè de l’étranger est une prescription constitutionnelle, il faut l’appliquer. Pour qui et pour quelle cause serions-nous instrumentalisés ? Tous les partis politiques devraient en profiter, tous les citoyens burkinabè devraient en profiter.

B24 : Un dernier message à passer…

H.S : Nous demandons à la communauté internationale de continuer de soutenir le Burkina Faso et son gouvernement qui a en son sein un fort taux de personnalités assez novices dans la gestion des affaires de l’Etat. Nous prions pour que les élections prochaines soient inclusives et que tous les Burkinabè s’y reconnaissent.

Enfin, nous demandons pardon aux uns et aux autres si nous les avons offensés. Notre intention n’était nullement de blesser qui que ce soit mais bien au contraire de  faire entendre la voix d’une frange de la population burkinabè, celle qui vit à l’Etranger et tient d’une main de fer à son droit de vote.

Propos recueillies par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Correspondant de Burkina24 en Côte d’Ivoire            



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There are 277 comments

  1. Chers diaspora ivariens vraiment si vous tenaient ? voter comme vous le dite mais cote d’Ivoire n’ai pas loin avec un 25000fcfa seulement vous rentre au Burkina Faso vot? et vous ?tes plus tranquille ou bien vous avez peur de votre pays natal que vous pr?tendez aimez tant.

  2. Blaise est un probl?me pour toute la r?gion et m?me pour la France. Il est un pour certains un “satan” et pour d?autres un “Dieu”. La confrontation entre les deux camps est incontournable. Je propose aux autorit?s actuelles de prendre leur responsabilit? en choisissant leur camp. Je propose aussi a tout ceux qui sont engag?s dans le combat pour un Burkina “propre” d?barrass? de tout “syst?me compaor?” de faire bloc actuellement et de rendre tr?s visible leur visions et convictions. L?espoir d?un Burkina nouveau est plus fort dans la conscience collective que tout autre forme de discours. Si les gens n?ont rien de nouveau ? pr?senter au burkinab? il faut dire qu?on est “foutu”. Au peuple africain je pense que le probl?me de Blaise vous concerne au plus haut niveau et vous devrez y faire face d?un jour ? l?autre. La C?te d?Ivoire en premier devrait affronter les d?mons de l?apocalypse (enrichissement illicite, la disparition de la morale, les pratiques de sorcellerie, l?obscurantisme). C?est mon point de vue

  3. au burkina il n’ya pas de famille qui Na pas de parent en ci. et generalement le burkinab? de ci est considerer comme deprouvu d’inteligence, pourtant la plupart prenne des familles complete en charge au faso. Salifou kouraogo si On verifie bien ton credit tu prend pour blofer sur internete provien la ci.