SKIT Street Wear: Des vêtements aux couleurs du Burkina Faso

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Créée en 2013 par un étudiant en 3eme année d’Économie et Gestion, Billa Abdallah âgé de 23 ans a réussi à faire de la marque Skit Street Wear une réalité.

Burkina 24 (B24) : Qu’est-ce qui vous a motivé à créer votre marque?

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Billa Abdallah

Billa Abdallah (B.A) : La motivation essentielle m’est venue lors de la Can 2013 à laquelle l’équipe nationale burkinabè a participé. J’ai constaté que les marques ne proposaient que des vêtements de sports aux couleurs du pays.

A l’époque je dessinais déjà. Alors, j’ai entrepris de créer des vêtements qui iraient au-delà de l’aspect sportif. Parce qu’avant tout, les vêtements sont des effets de mode. L’idée principale était donc de lancer des vêtements aux couleurs du pays, mais que l’on pourrait porter dans toutes sortes d’occasions (dans la rue, lors d’un match, au service, en boîte de nuit etc..) d’où la dénomination « street wear ».

B24 : Parlez-nous un peu de Skit Street Wear. Pourquoi avez-vous choisi ce nom? 

B.A : SKIT, dans le lexique hip hop, représente les petites comédies entre deux morceaux d’un album ou dans un clip vidéo. Je suis jeune et j’ai  été traité de comique lorsque j’ai parlé de mon projet à certaines personnes. Tout cela additionné à mon amour pour la culture hip hop m’a encouragé à en faire ma marque.

B24 : Racontez-nous votre parcours. Des difficultés rencontrées?

B.A : Il n’est jamais facile pour un jeune de se faire une place dans un milieu déjà dominé par de grandes entreprises. Au début, j’ai d’abord cherché des financements auprès de mes proches et amis, mais sans grand succès parce que peu de gens croyaient en moi.10806379_851114871578711_6496494958720023125_n

Mes parents eux craignaient que cela perturbe mes études.

Il a donc fallu que je sacrifie tous mes autres loisirs et dépenses habituelles pour me concentrer sur la réalisation du projet et par la grâce de Dieu et avec l’aide d’un ami, Rachid Bambara, qui est aujourd’hui mon associé, la marque est désormais une réalité.

B24 : Comment la marque s’insère-t-elle dans la société aujourd’hui? Comment la voyez vous dans deux ans? 

B.A : La marque a à peine un an, mais le résultat est déjà au-dessus des attentes. Grâce au dynamisme de mon équipe et une bonne stratégie marketing, mes vêtements font la fierté du pays à travers le monde entier.

Lors de la dernière coupe d’Afrique des nations, hors du terrain, les joueurs de l’équipe nationale burkinabè et leur entraineur portaient d’ailleurs mes vêtements.

Et même si au départ ils ne s’adressaient qu’aux Burkinabè, nous avons élargi notre clientèle en créant des modèles plus appréciés par tous; quelle que soit la nationalité.

Mon souhait, tout en gardant ce degré de comédie qui caractérise la marque, est que SKIT soit dans deux  ans, deux fois plus grande car je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. On peut toujours faire mieux et peut-être qu’un jour,  nous réussirons à concurrencer les plus grandes industries du textile de ce monde. Je ne me fixe aucune limite.

B24 : Nous remarquons les mentions ‘’Ouaga’’, ‘’226’’ sur vos t-shirts. Que voulez-vous faire ressortir?

B.A : L’objectif de la marque avant tout est de valoriser mon pays le Burkina Faso à travers le monde, tout en restant tendance. D’où notre slogan de départ « représente ton pays avec style ».

On a donc voulu encourager les jeunes burkinabè à délaisser les t-shirts NEW York ou PARIS pour des vêtements OUAGA ou 226 (l’indicatif du Burkina).

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B.24 : Les jeunes se lancent de plus en plus dans le domaine de entrepreneuriat. Qu’en pensez-vous? Que représente entrepreneuriat pour vous?

B.A : Les jeunes de ma génération ne fondent plus leur rêve sur la fortune de leurs parents. Entreprendre est un peu une manière de s’accomplir, de se faire une place au sein de cette société alors je ne peux qu’encourager cela.

Quant à moi, mon entreprise m’a permis de m’affirmer quand personne ne croyait en moi et je sais que SKIT ne sera pas mon dernier projet car comme je l’ai dit, je ne me fixe aucune limite.

B24 : Un mot pour conclure?

B.A : Je dirai juste à tous ces jeunes qui ont des projets de ne jamais douter de leur capacité même si tout le monde essaie de leur faire croire le contraire.

Cela prendra peut-être plus de temps que prévu mais il ne faut jamais abandonner car ce n’est pas parce qu’une chose n’a jamais été réalisée auparavant qu’elle est impossible.

Propos recueillis par Dalila YARO

Chroniqueuse mode pour Burkina24

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