Candidature de militaires aux élections d’octobre : “Le processus doit être inclusif”

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Les militaires peuvent-ils être candidats aux élections d’octobre au Burkina ? Les avis sont partagés. Pour l’auteur de cet écrit, il faudrait faire valoir le principe de l’inclusion.

Depuis quelques temps, des idées malsaines et dangereuses sont distillées à dose homéopathique au sein de l’opinion publique. C’est d’abord Ablassé Ouédraogo, président du parti Le Faso Autrement, qui a donné le ton.

En effet dans une déclaration parue dans la presse en décembre 2014, l’ex-ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré avait demandé au ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la Sécurité (MATDS), qui avait suspendu le CDP, l’ADF/RDA et la FEDAP/BC, de poursuivre dans sa logique en excluant des prochaines élections les anciens collaborateurs du régime déchu.

Et quelques jours plus tard, c’est Abdoulaye Mossé, secrétaire chargé des jeunes du MPP qui embouchait la même trompette lors de la clôture de la convention de la jeunesse du parti au stade municipal de Ouagadougou en appelant à exclure du jeu politique le CDP et tous les proches de l’ancien président. Comme s’il y avait une sorte de synchronisation des actes, Luc Maruis Ibriga, lors du meeting organisé par les organisations de la société civile à la Place de la Nation pour exiger la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), a réitéré l’appel de suspension de tous les anciens dignitaires du régime en évoquant la Constitution burkinabè et la Charte africaine de la démocratie.

Récemment, c’est le M21 qui lors d’une conférence de presse revenait à la charge dans un discours guerrier débité par son premier responsable, Marcel Tankoano.. Il ne manquait que les partis politiques dans cette combinaison machiavélique pour compléter le tableau.

C’est désormais chose faite puisque le 10 mars dernier, des partis de l’ex-CFOP regroupés au sein d’un cadre de concertations remettaient un mémorandum au ministère de l’Administration du territoire, de la Décentralisation et de la Sécurité avec quatre points de revendication dont la mise en cause de la candidature des militaires à la présidentielle qui devaient selon eux démissionner trois ou cinq ans avant le scrutin pour avoir le droit d’y participer.

Nous n’allons pas entrer dans un débat juridique avec qui que ce soit, encore qu’aucun texte ne soutient ces niaiseries. Notre propos est d’attirer l’attention des autorités de la Transition sur ce projet d’exclusion de certains candidats savamment préparé par des officines politiques.

L’histoire est une source permanente d’inspiration qui doit servir de leçons et guider les peuples. Malheureusement, beaucoup d’hommes et de femmes ne semblent pas y puiser des enseignements pour la construction d’une société de tolérance et de dialogue. Rien ne peut se développer sans une paix durable.

Or pour un monde de paix, il faut bannir de nos comportements quotidiens l’exclusion et l’injustice qui font le lit des conflits armés. Plus près de chez nous, nos frères Ivoiriens ont vécu plus dix ans de crise sociopolitique du fait justement des velléités d’exclusion et des injustices de certains citoyens. Nous devons par conséquent être assez intelligents pour savoir que ça n’arrive pas qu’aux autres et que ce qui a été à l’origine du déclenchement des guerres dans des contrées proches ou lointaines est en train de se cultiver ici lentement mais sûrement. Les graines sont en tout cas semées et il faut prendre garde de ne pas les arroser et les entretenir car, qui sème le vent récolte la tempête.

Notre peuple a su juguler sa crise consécutive à la tentative de modification de l’article37 et les acteurs ont vite accordé leur violon pour l’élaboration et l’adoption d’une Charte qui a permis de mettre en place toutes les institutions. Le monde entier admire le peuple burkinabè pour sa vaillante lutte.

Le pays est en marche malgré les difficultés et l’objectif premier de la Transition, c’est l’organisation d’élections libres, transparentes et acceptées par tous. Pour ce faire, toute personne qui remplit les conditions physiques, intellectuelles, financières et juridiques doit être autorisée à compétir. Il n’y a pas de raison qu’on fabrique des artifices pour mettre à la touche des candidats déclarées ou potentielles.

Le plus grave, c’est que cette idée nauséabonde d’exclure certains de nos compatriotes de l’exercice de leur droit citoyen vient de gens qui se proclament démocrates et qui ont lutté pour la démocratie en empêchant la modification de l’article 37. Aujourd’hui, ces « chantres de la démocratie » se lancent dans des diatribes et font l’apologie de l’exclusion. Si aujourd’hui, des pays comme la France et les Etats-Unis sont de grandes nations, c’est aussi en partie du fait de leur acceptation de l’autre, de la différence. Ce qui compte chez eux, c’est la valeur intrinsèque de l’homme, ses idées, sa contribution au développement et au bien-être des populations.

Les personnalités dont il est question de leur exclusion des prochaines élections générales sont avant tout des Burkinabè, qui ont servi avec loyauté leur pays, qui ont des projets de société qu’ils veulent proposer au peuple et il appartient au peuple souverain de les juger librement et de décider ou pas de les voter. Il est inconcevable que des individus qui n’ont aucune représentativité sociale s’arrogent le droit de vouloir qu’on mette en marge du processus électoral des hommes compétents, valeureux, qui ont des adresses et des réseaux qu’ils veulent exploiter en faveur des filles et fils du Burkina Faso.

En Côte d’Ivoire, on a violé la Constitution pour trouver un consensus national en vue de permettre à tous les candidats de prendre part à la course vers le fauteuil présidentiel. Au Burkina, on veut prendre le chemin inverse ; heureusement que ceux qui tentent d’inoculer aux Burkinabè le dangereux virus de l’exclusion sont minoritaires.

En réalité, derrière ces prophètes de malheur se cachent des gens qui ont peur de la candidature de certaines personnalités parce que ce sont des poids lourds.

L’argument selon lequel les hommes en treillis sont au pouvoir depuis des décennies ne saurait prospérer. Nous osons croire que les autorités de la Transition ne vont pas se lancer dans cette aventure hasardeuse en suivant ces individus égarés et des politiciens à la petite semaine au risque de mettre en péril la paix sociale, la cohésion et l’union sacrée de tous les burkinabé pour construire une nation forte et prospère. Le processus doit être inclusif. La paix sociale y dépend, l’avenir radieux du Burkina aussi.

Ouédraogo Franck Ahmed


NDLR : Le titre est de la Rédaction B24



B24 Opinion

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There are 107 comments

  1. Mr,Sid-Lasida,Siidy,a t’entendre parler tu n’aime pas du tout ton pays ,pourquoi soutenir ou defendre tous ceux la qui voulaient coute que coute modifier cette loi a leur. faveur uniquema mais pas dans l’interet general du peuple?

  2. Je crois que tu es limite ds tes idees,est ce que tu crois que 25000f peut amener quelqu’un a donne sa vie? Et d’ailleur qui fut ce philantrophe qui donnait ces sous la?Mlle ou c’est madame excuse mw….Observatrice BF.

  3. Ns osons croire que Kafando, Zida et ts les autres acteurs dignes de confiance sauront prendre des dispositions pour eviter l’ouverture du “2eme battant de l’enfer” sur le Burkina Faso

  4. Ns osons croire que Kafando, Zida et ts les autres acteurs dignes de confiance sauront prendre des dispositions pour eviter l’ouverture du “2eme battant de l’enfer” sur le Burkina Faso

  5. Toi tu as l’air responsable mais tu est limit? dans ta r?flexion. Malgr? qu’il est en c?t? d’ivoire il troubles le sommeil des oportiniste si tu le sais pas depuis son silence il fait peur

  6. Mobilisons nous ici et maintenant sans justice et condamnation de ces voleurs, assassins corrupteurs et corrompus n’allons pas au ?lection en octobre la transition veut couvrir les crimes de l’ancien r?gime d’ou le rapport de leur fausse commission de r?conciliation qui n’est autre que th?orique est attendu en ao?t quelle poursuite serait possible ou envisageable avant octobre. Soyons vigilent ils veulent caresser nos coeur avec paul ouedraogo ? la t?te de cette commission meme tromperie de 2011 avec le coll?ge des sages

  7. Mobilisons nous ici et maintenant sans justice et condamnation de ces voleurs, assassins corrupteurs et corrompus n’allons pas au ?lection en octobre la transition veut couvrir les crimes de l’ancien r?gime d’ou le rapport de leur fausse commission de r?conciliation qui n’est autre que th?orique est attendu en ao?t quelle poursuite serait possible ou envisageable avant octobre. Soyons vigilent ils veulent caresser nos coeur avec paul ouedraogo ? la t?te de cette commission meme tromperie de 2011 avec le coll?ge des sages

  8. Bien dit mon fr?re! malheuresement tout le monde ne voit pas de la m?me mani?re que toi.Les gens ne font que penser ? leur int?r?t au d?triment de l’int?r?t g?n?ral,tous ont perdu la valeur de l’assistance du prochain.C’est vraiment domage pour nous!

  9. Bien dit mon fr?re! malheuresement tout le monde ne voit pas de la m?me mani?re que toi.Les gens ne font que penser ? leur int?r?t au d?triment de l’int?r?t g?n?ral,tous ont perdu la valeur de l’assistance du prochain.C’est vraiment domage pour nous!

  10. Je pense que d autres font sourde oreilles, on ne parle pas d exclusion de certains fils, on parle de regles, de droits et de respect de constitution.

  11. C’est vraiment dommage que beaucoup d’entre nous ne pensent que par leurs fragiles intestins. Si l’arm?e veut compatir, autant leur laisser toute la place. Depuis 1966, c’est l’armee qui est aux commandes de nos destins. Et voyez le r?sultat. Un militaire pr?sident ne quitte le pouvoir que par un coup d’?tat. M?me s’il est venu par les urnes. Ces gens sont ?duqu?s dans une discipline robotique et ne supportent nullement la contestation. Et comme en pareille situation, les opportunistes sans foi ni loi ne sont pas loin, les tantines, tontons et amis du pr?sident ont vite fait de le convaincre qu’il est irrempla?able, qu’il doit finir ses grands chantiers, que la constitution ne saurait bloquer des hommes de valeur,…? leurs tour, les intellectuels charognards se rapprocheront pour d?montrer la divinit? de monsieur le colonel ou g?n?ral pr?sident, qui a la radio, qui a la t?l?, qui sur les forums, …et on devra recommencer ? z?ro, avec de nouveaux martyrs…nous disons non, plus jamais ?a. On est la et on est pr?t .

  12. C’est dommage mais ? voir les r?actions ? cette article, on est loin du bout du tunnel. Partout ailleurs, un militaire en fonction ne peut comp?tir ? une ele?tion d?mocratique. Un militaire est toujours tent? d’utiliser son arme dans la comp?tition. Si un militaire veut compatir, il doit dabord quitter son uniforme. D’ailleurs, ces gens cachent mal leurs intentions. Ou ?taient-ils aux pre?edentes ?lections ? C’est la m?me chose pour les burkinab? de RCI. Tous des pions de Blaise Compore. Les gens qui les supportent sont soit mal inform?s, soit de mauvaise foi avec une conscience citoyenne inexistante. On ne se pr?sente pas raisonnablement ? une ?lection pr?sidentielle ? quelques mois de celle ci avec un parti pratiquement inconnu dans le pays r?el. Tous ils on ?marg? pour prendre des pactoles avec le clan Compaore pour troubler les ?lections, semer le chao si n?cessaire et r?cup?rer leur pouvoir. Mais c’est fini. Dites leur que cest fini. Ils ont en face d’eux un peuple d?termin? ? ne plus tomber entre les griffes d’une dictature implacable. Soit ils marchent sur nos cadavres, soit ils abdiquent. Mais ils ne peuvent pas nous tuer tous. Les survivants c?l?breront un Faso libre et prosp?re. Qu’ils continuent ainsi. La confrontation n’est pas loin. On verra!!!

  13. Blaise lui m?me connais son sort personne ne va lui dire ce qu il doit faire et ce qu il serais si il est vraiment int?gre qu il retourne dans sont pays?

  14. Je fais d?s remarque que les jeunes expatri?s la C?te-d’Ivoire s’impliquer trop dant la vie politique de notre pays Burkina Faso nous nais voulons pas qu’il transporte la gu?re ici bon na tandeur salut