Arrestations : L’ex-opposition exhorte le gouvernement à se munir de “garanties juridiques”

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Ceci est une déclaration du Cadre de concertations des partis politiques, qui regroupe les formations politiques de l’ex-opposition politique, sur la situation nationale.

La situation nationale est marquée par l’interpellation de personnes qui sont supposées avoir commis des crimes économiques et politiques. Les partis regroupés au sein du Cadre de Concertation de Partis Politiques (CCPP) apprécient favorablement ces actes qui participent de l’assainissement de notre vie publique. Ils félicitent et encouragent les autorités de la transition pour leur combat implacable contre l’impunité.

Ils regrettent que ces actions n’aient pas commencé dès le début de la transition, alors que les autorités disposaient des rapports de l’ASCE, de la Cour des Comptes et des Corps d’inspection, qui identifient clairement de nombreux auteurs de crimes économiques et le montant de leurs forfaits.

Ces rapports ont été établis après des enquêtes diligentes. Les auteurs des forfaits ont même eu la possibilité de faire leurs observations avant que les dits rapports ne soient publiés dans la presse.

Dans ces rapports figurent de nombreux procès verbaux d’audition dans lesquels des criminels économiques ont avoué leurs fautes, certains allant même jusqu’à négocier des modalités de remboursement. Se basant sur ces faits, les autorités de la transition avaient dès leur arrivée, des bases solides pour procéder à des interpellations.

Or, rien ne s’est passé. Au moment où les autorités de la transition procèdent à des interpellations sur la base de nouvelles enquêtes, beaucoup de burkinabè sont gagnées par le doute, et soupçonnent même l’opération d’être discriminatoire, toute chose qui peut nuire à la crédibilité de la transition. Il est donc important que des signaux très forts de diligence et d’impartialité soient donnés à notre peuple, et que l’opération mains propres qui a commencé n’épargne personne, que l’on appartienne à l’ancienne majorité ou à l’ancienne opposition. En effet le peuple burkinabè se rappelle que la lutte engagée par les partis ex membres du CFOP était contre la modification de l’article 37 de notre Constitution et aussi contre la politique du gouvernement de Blaise COMPAORE notamment contre la corruption et l’impunité.

Les partis membres du CCPP, tout en apportant leur soutien plein et entier aux autorités de la transition dans ce noble combat contre l’impunité, les invitent à persévérer sur cette voie tout en s’entourant de garanties juridiques suffisantes afin d’éviter que demain, par le truchement de plaintes relatives aux vices de forme ou de fond, des délinquants notoires ne soient exonérés de leurs forfaits, comme ce fut malheureusement le cas dans le passé.

Le gouvernement de la transition vient aussi de promulguer le code électoral amendé dont la modification majeure réside dans la prise en compte de critères additionnels d’éligibilité aux élections présidentielles, législative et communale. Ces critères s’inspirent des fondements de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

En effet le peuple burkinabè qui aspire à un mieux-être et à faire l’expérience d’une alternance politique paisible s’est soulevé contre le désir de Blaise COMPAORE, soutenu par le CDP et ses alliés, de se donner un pouvoir à vie.

Dans un souci de créer un environnement post électoral sain et non partisan les composantes des partis politiques, de la société civile, des autorités coutumières et religieuses et des forces de défense et de sécurité, signataires de la charte de la transition, ont accepté d’écarter le Président de la transition, le Premier Ministre et les membres du gouvernement de tout mandat électif de sortie de la période de transition.

Le code électoral qui vient d’être adopté est une suite logique et implacable du processus de l’insurrection populaire. Il est inimaginable que le peuple qui a conduit son insurrection accepte de reconduire les forces du mal dans la période d’après transition.

Les critères d’éligibilité qui ont été définis et qui ne satisfont pas les dirigeants de l’ex majorité, sont des conditions minimales que le peuple s’est données pour éviter de perpétuer la culture de la présidence à vie, l’impunité et de la mal gouvernance. S’abstenir de se donner ce minimum de garantie reviendrait à méconnaître les fondements de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. Sur le plan juridique le Burkina n’a fait qu’appliquer les dispositions d’un texte supra national qu’il a ratifié.

Que ceux qui se sentent concernés par ces dispositions du code électoral, acceptent enfin de reconnaitre que leur volonté d’instaurer un pouvoir à vie est à jamais révolue.

S’il leur reste un minimum de dignité et de considération pour la majorité des burkinabè qui a perdu plus de 30 de ses enfants et enregistré plus de 600 blessés dont certains sont toujours en soin dans nos hôpitaux, les concernés doivent définitivement arrêter d’insulter le peuple.

 Pour le CCPP le Président du Mois

 François Ouindélassida OUEDRAOGO

Président du RDS

B24 Opinion

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