Léonce Koné du CDP : L’extradition de Blaise Compaoré « est un projet vain et inutile »

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Depuis l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014, le ciel semble tomber sur la tête du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Son candidat « naturelle », Blaise Compaoré, a été contraint de quitter le pays en quittant le pouvoir. Des arrestations sont légions dans ses rangs et parmi ses cadres. Un code électoral, modifié le 7 avril, risque de frapper d’inéligibilité certains de ses candidats aux prochaines échéances électorales de 2015. On reproche à certains cadres du parti de ne pas respecter l’esprit des martyrs de l’insurrection en se précipitant sur les postes électifs. Mais Léonce Koné, poussé à la tête du directoire du parti, ne semble pas être ébranlé outre mesure. Il est convaincu que c’est parce que le parti fait peur qu’il reçoit ces volées de bois verts. Comment compte l’ancien parti au pouvoir s’en sortir ? Léonce Koné répond aux questions de Burkina24.

Burkina24 (B24) : Bonjour ! Vous êtes le président du directoire national du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Alors comment se porte votre parti le CDP aujourd’hui ?

Léonce Koné (L.K) : Notre parti se porte plutôt bien, vu les agressions multiples et l’environnement hostile dans lequel il se trouve actuellement. Il se trouve que nos structures sont mobilisées. Elles sont sur le pied de guerre. Je le dis parce que cette formule, c’est un euphémisme pour dire qu’ils sont debout.

B24 : Depuis les évènements des 30 et 31 Octobre 2014, le CDP traverse ce qu’on va qualifier de crise. Le 7 avril dernier, le projet portant modification du code électoral a été voté par le Conseil national de transition. Vous au CDP avez déjà donné votre avis. Alors comment vous vivez cette modification ?

L.K : Comment nous le vivons n’a pas une grande importance, nous avons décidé de nous opposer à ce texte-là. Il a été voté, il a été promulgué, mais nous sommes dans un Etat où j’espère qu’il subsiste encore des règles de droit, nous avons une première possibilité, celle de faire des recours devant les juridictions compétentes.

La première de toute, c’est la plus haute juridiction de notre pays. C’est le Conseil constitutionnel. Nous avons déposé un recours au conseil constitutionnel. Nous comptons également, (nous sommes en train de travailler à cela), déposer un recours à la Cour de justice de la CEDEAO.

C’est sur le plan judiciaire. Parce qu’on sait que cette loi est anticonstitutionnelle et elle est contraire par ailleurs aux traités que le Burkina a ratifiés et sur lesquels s’appuient ceux qui veulent nous écarter le droit de participer pleinement aux élections comme le prévoit la constitution. Nous allons déposer ces recours-là. C’est une question politique.

B24 : Quel commentaire faites-vous des propos du ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité Auguste Denise Barry, qui affirme que la loi vise une trentaine de personnes et non les partis politiques ?

L.K : Comment peut-il le savoir aujourd’hui ? Ils ont déjà jugé ? Ils ont déjà statué ? Comment peut-on le savoir ? Les termes sont tellement généraux que personne n’est habilité à dire 30 personnes. Si c’est le cas, pourquoi ne pas nommer ces 30 personnes ? Ce n’est pas une bonne loi.

Une loi qui vise à exclure n’est pas une bonne loi. Une loi qui va diviser les Burkinabè, ce n’est pas une bonne loi. Vous savez l’expérience des pays voisins récente et ancienne montre que chaque fois qu’on commence à diviser les gens dans un pays, ça crée des fractures. Ce n’est pas bien.

B24 : Par rapport aux recours que vous comptiez déposer, quelle pourrait être la suite si vous n’obtenez pas gain de cause ?

L.K : Nous sommes un parti légaliste, un parti républicain, un parti démocrate. Dès lors, si aux termes de tous ces recours s’il s’avère que les juridictions ne nous donnent pas raison, nous prendrons acte. Nous avons toutes les raisons de penser qu’au regard de la nouvelle composition de nos juridictions locales, que ces dernières ne seront pas impartiales sur des questions comme celle-ci.

Mais nous espérons que le Conseil constitutionnel, malgré sa composition actuelle, aura l’occasion de montrer son impartialité à travers cette première affaire.

B24 : Etes-vous d’avis avec les propos du Ministre de l’administration territoriale, de la décentralisation et de la sécurité, qui vous accusait de n’avoir pas été suffisamment responsables ?

L.K : Je récuse, je n’autorise pas quelqu’un en dehors de notre parti de qualifier nos actes de responsable ou de pas responsable. Cela me parait totalement déplacé pour dire la vérité. Je crois que depuis que nous avons mis en place ce Directoire, nous nous sommes efforcés de participer à cette transition de manière loyale, de manière constructive, de manière responsable.

Je pense que ces propos sont des propos qui excèdent la pensée de ceux qui les tiennent. Ça, ce n’est rien du tout. Dans tous les partis politiques, il y a des cas comme ça. C’est un faux procès.

B24 : Vous étiez l’un des partis les mieux implantés au Burkina Faso. Est-ce toujours le cas maintenant?

L.K : Oui c’est toujours le cas. Vous savez si nous apparaissons comme un parti terrassé, croyiez-vous que le code électoral allait-elle nous exclure ?

Les histoires sur le soutien de la modification de l’article 37 sont des prétextes. Figurez-vous qu’il y avait 13 000 conseillers municipaux qui étaient en fonction. Est-ce que tous ces personnes sont des criminelles ? Est-ce parce qu’ils ont soutenu la modification que l’on doit les exclure ? Je ne pense pas.

B24 : L’autre actualité ce sont les arrestations de certains membres de votre parti. Certains estiment qu’ils ont été victimes de maltraitance ?

L.K : Il y a eu une quinzaine de personnes de notre parti qui ont été interpellées. Certains ont été relaxés car dans certains cas, la procédure judiciaire en vigueur dans notre pays n’a pas été respectée. Dans beaucoup de cas, la procédure a été hâtive, elle a été bâclée.

Quelques échos que j’ai eu, donnent à penser que certains de nos camarades ont été maltraités, c’est-à-dire qu’ils ont subi des traitements inhumains et dégradants. Nous n’en faisons pas un problème. Mais nous voulons nous assurer que dans l’avenir, les gens seront traités avec décence.

B24 : Avez-vous des nouvelles de l’ancien ministre Salif KABORE qui est toujours détenu à la MACO ?

L.K : Je lui ai rendu visite, une visite amicale. C’est n’est jamais agréable de rencontrer quelqu’un dans ces conditions, surtout quand on a le sentiment que c’est injuste. Je l’ai encouragé et il va très bien.

B24 : La mise en place de la Haute cour de justice est-elle une coïncidence ou un acte prémédité en vue de faire une chasse aux sorcières, selon vous ?

L.K : Je ne sais pas mais imaginez que des arrestations massives se fassent les mêmes jours et que quelques jours après on opérationnalise la Haute cour de justice dont la compétence c’est de juger les ministres, qu’ils soient en fonctions ou pas.

Dire que c’est une coïncidence, je ne sais pas. Mais nous n’avons pas de problème avec ça. Nous espérons que cette cour va œuvrer dans le respect des droits des Burkinabè. Aussi, vous savez, la Haute cour de justice est par essence une juridiction politique au regard de sa composition (magistrats, députés). Je souhaite que lorsque cette cour aura à statuer sur ces dossiers, j’espère qu’elle sera impartiale.

B24 : Si vous aviez une autorité de la transition en face de vous, quel conseil alliez-vous lui donner ?

L.K : Ce que je dirais c’est que la transition doit se recentrer sur ce qui est sa véritable mission, c’est-à-dire d’organiser des élections démocratiques, libres et transparentes, des élections ouvertes à tous sans exclusion aucune.

De telle sorte que le peuple dira au sortir des élections  « maintenant nous sommes dans un pays démocratique, maintenant le pays peut se réconcilier dans un esprit de cohésion nationale dans le développement ».

B24 : Des voix s’élèvent pour demander l’extradition de l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré. Quel commentaire faites-vous ?

L.K : Cela ne nous fait pas peur au niveau du CDP. Je n’aimerai pas être désobligent parce que d’abord sur quel chef d’accusation le président Blaise COMPAORE sera extradé ? En plus, il y’a une loi d’amnistie qui a été votée, il y a quelques temps qui s’applique à lui. Le pays dans lequel il est, est un pays ami du Burkina, avec des relations fraternelles.

Je ne vois pas comment une telle procédure pourra aboutir. C’est un projet vain et inutile.

B24 : Le congrès de CDP c’est pour bientôt. Comment se prépare-t-il ?

L.K : Pour notre congrès, il y a des commissions qui sont chargées de l’organisation et je reçois des rapports sur l’évolution de l’organisation. Et je pense que tout le chronogramme concernant ce congrès prévu pour le 8 et 9 mai, est en bonne marche pour consolider l’unité du parti et aussi la bataille électorale à venir sur cet environnement hostile.

B24 : Pourrait-on voir un candidat au cours de ce congrès ?

L.K : Au moment où je vous parle, le CDP n’a choisi aucun candidat. De plus, notre parti n’a pas l’intention de soutenir Djibril Bassolé. Je crois savoir qu’il y’a un parti qui a été créé pour ça.

Interview réalisée et retranscrite par Bienvenue APIOU

Burkina24

Rédaction B24

L'actualité du Burkina 24h/24.

Il y a 71 commentaires

  1. Mr L?once sait que c’est a la faveur de l’insurrection qu’il est au devant de la sc?ne. D’ailleurs il est mal plac? pour parler d’exclusion. Pourquoi Assimi, Yoda, les Achille Tapsoba et autres du CDP se sont terr?s. Pour mieux exister Le CDP a mis ses bonzes en retrait. Une exclusion qui ne dit pas son nom. Il ne reste plus que de dire a Yam?ogo Hermann de venir participer le 30 mai a l’hommage que nous voulons rendre a nos martyrs au nom de l’inclusion. Le CDP exclut certains membres du bureau Notamment ceux cit?s plus haut pour leur role qui a entrain? l’insurrection et il veulent qu’on les f?licite. On dirait que Hermann Yam?ogo ne fait plus parti de l’UNDD et a laiss? Mr Dabo au devant de la sc?ne. On va extrader Blaise pour l’inclusion qu’ils veulent surtout qu’il est couvert par l’immunit?. Blaise pourra nous ?tre util avec les 27 ans qu’il a pass? au pouvoir n’est ce pas?

  2. Ce Leonce Kon? figure parmi ceux qui ont d?truit l’?conomie de notre pays donc que personne ne le prenne au s?rieux car ils fait parti ?galement de ceux qui ont milit? contre le changement donc il a peur de ce qui se passe actuellement mais qu’il s?appr?te pour la maco

  3. Mais Mr KONE! Comme vous aimez tant BC alors rendez-vous coupable de ses crimes et le peuple va enfin finir avec vous pour que justice soit rendue! Faut pas chercher travail au lieu de chier degue! N’importe quoi.

  4. N’oublie pas kil a ?t? ministre de la d?fense alors ? titre il n’est pas couvert par la loi d’amnistie ? ce que je sache. Donc il peut venir r?pondre sur la gestion de ce minist?re.

  5. ?a c’est votre probl?me…allez vous vous reposer a pr?sent et laissez vos petits enfants ue nous sommes prendre la rel?ve…qu’est ce que vous n’avez pas encore eu pour vouloir toujour rester aux affaires?

  6. SVP il ne faut pas parler au hasard vous aussi… A quoi sert de voter une lois qui va diviser les gens ou pour des int?r?ts d’un clan ? Je pense que si on est tous d?mocrate et si nous voulons tous le bien du pays, on devrait laisser les peuples choisir leur dirigeant. Vous ?tes l? c’est la lois c’est la lois et quelle est son b?n?fice pour le pays ? Si le peuple ne veut pas d’un candidat il le vote pas c’est fini. Moi j’ai pas envie de voir mes enfants souffrir ou dormir dans le noir par ce que des ?go?stes ont vot?s une lois… qui d?stabilise le pays et leur vie.

    Et dans tout ce que M. Kon? a dit, il y a quoi d’arrogant ici ??? Les autres partis politique parlent plus mal que ?a, l? il en ai rien,vraiment vous faites piti? ? la fin.
    Merde…

  7. Golleau Isidore TRAORE |

    Bonjour. J’aimerais savoir si la C?te-d’Ivoire est amie du Burkina Faso ou de Blaise COMPAORE et son CDP?

  8. Je ne sais pas si ceux qui ont soutenu le projet de r?vision de la constitution avaient de cervelle, comment comprendre qu’ils d?cident de compromettre leur avenir pour un homme aussi cynique. Lui s’est entour? d’une amnistie comme bouclier et vous monsieurs les tripat
    ouilleurs?

  9. De la m?me mani?re dont la loi d’amnistie fut votee par le parlement de cette m?me mani?re un autre vote du parlement (ici CNT) peut voter une autre loi pour lever lamnistie..

  10. A ce je sache Blaise n’?tait pas encore pr?sident lors des ?v?nements du 15 octobre 1987. Au moment des faits il ?tait ministre de la justice.Il n’est donc pas couvert par l’amnistie et peut ?tre jug? pour complicit? d’assassinat.

  11. Je suis d?sol?, mais il a parfaitement raison. Il faut que nos autorit?s prennent toutes les pr?cautions possible pr juger Blaise en bonne et due forme, dans les r?gles d l’art. C’est l moment d regler totalement les failles et faiblesses l’appareil judiciaire, Et qu’aucune loi ou rien du tout n vienne mettre des batons dans les roues du processus d son jugement. Ainsi tous les futurs pr?sidents saurons que nul n’est au dessus d la loi.

  12. Le vieux l?,est en train d’enfonce plus le cdp dans le trou de la mort. Il est d?stabilis? par les ?v?ments. Aah,c’est bien ?a. Le directoire de l’ex-majorit? devie vers la brousse pour du bon.

  13. M. Leonce KONE, j’ai un grand respect pour le Pr?sident Baise COMPAORE et pour toi m?me. Je suis apolitique, donc ce que je vais te dire est purement personnel. Tout croix, que la constitutions du Burkina ne peux pas ?tre chang?? Si cette loi a ?t? vot?, pourquoi l’avez vous fait? Sans doute parce que vous aviez comment vous et le Pr?sident Blaise COMPAORE ont commis des crimes de toute sortes et seriez pris au pi?ge de la constitution que vous m?me avez ?crit et soumettre au notre peuple pour votre seul int?r?t. Vous rendu veuves plein de femmes et orphelins plein d’enfants. Des parents regarde chaque jour le ciel demandant justice pour leurs enfants assassin?s sous le r?gne de votre de votre r?gime. Je pleure en vous vous r?pondant parce le bilant est lourd, si justice n’est pas rendu, la lutte du peuple du peuple serait vendue. MERCI

  14. Personne t’a parler de dieu ici nous savons bien que toutes loi ?volue donc peut ?tre abrog?. La loi c’est la loi m?me si c’est dure il vont bien goutter ? l’opposition

  15. Voici le vrai article 37 qu’on doit modifier sans attendre. L. Kon? parle de quelqu’un qui serait prot?g? par une soi-disant loi amnistie. Depuis quand une loi prot?ge un individu au Burkina??? C’est plut?t maintenant que cette protection va commencer a mon humble avis. Donc il jase pr rien ce mec !!!

  16. Jai cru comprendre que l’amnistie cest de 1960 ? 2012 donc la mort de nos martyrs en 2014 n’ont rien ? voir avec amnistie qu’il se pr?pare ? r?pondre t?t ou tard e t?t tard il va r?pondre

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