Charlotte Bambara, du mouvement Aube du Faso : « Nous voulons lutter contre le chômage »

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L’Aube du Faso, aile dissidente du mouvement ‘’ Ça suffit ’’ vient en aide aux jeunes diplômés toujours sans emploi. Parmi les actions envisagées figurent, entre autres, l’aide à l’obtention de stages dans les entreprises mais aussi et surtout la promotion de l’auto-emploi. Charlotte Bambara, la secrétaire chargée de la communication de l’association a accordé une interview à Burkina24 dans ses locaux. Elle est revenue longuement sur les projets en cours.

Burkina24 (B24) : Expliquez-nous le projet que vous avez initié pour les jeunes.

Charlotte Bambara (B.C.) : Nous avons initié des projets, notamment des stages pour les étudiants qui finissent et qui ont des difficultés pour obtenir des stages dans les entreprises. Pour cela, nous tissons des relations de partenariat avec certaines entreprises de la place avec le soutien du ministère de la jeunesse et de l’emploi.

B24: Quelles sont les conditions d’octroi de ces stages ?

B.C.: Nous allons commencer en contactant certaines universités. Nous lancerons aussi une campagne de collecte de demandes de stage. Nous contacterons ensuite des structures comme le RMO job center pour nous faciliter la tâche (…).

B24: Là ce n’est pas vous-mêmes qui allez le faire. Vous demandez à ce qu’on vous vienne en aide ?

B.C. : Nous allons le faire partiellement. Mais si après, on se rend compte qu’on est débordé, nous allons aussi demander à RMO job center de nous aider.

B24: Concrètement, qui peut prendre part à ces demandes de stages ?

B.C.: Nous allons d’abord situer les profils que nous recherchons. C’est par rapport aux entreprises qui nous soutiennent que nous allons prendre des stages. Par exemple, pour le cas du BUMIGEB, nous savons très bien que c’est la géologie.

C’est des profils bien déterminés. Pour des étudiants qui ont ce profil-là, ils peuvent adresser une demande de stage. Il y a aussi le domaine des banques, le domaine des assurances et aussi la communication pour commencer.

Nous tenons aussi à dire que ces stages ne sont pas forcément payants. C’est juste pour la formation et pour ceux qui ont beaucoup de difficultés pour l’obtention de stages.

B24: Est-ce la seule ville de Ouagadougou que vous prenez en compte ?

B.C): Pour l’instant, nous allons commencer par Ouagadougou. Mais aussi, comme nous avons des représentations Aube du Faso dans d’autres régions du Burkina. Nous allons par la suite étendre notre projet.

B24: Y a-t-il d’autres projets du même genre ?

B.C.: Oui. Nous nous focalisons aussi sur des questions qui nous concernent tous, la sécurité routière, la promotion de la gente féminine. A Aube du Faso, il n’y a pas de discrimination. Il y a une certaine équité du genre. Nous allons parler beaucoup du civisme aussi parce que nous remarquons qu’au Burkina Faso, les gens ne respectent pas trop le code de la route.

Que ce soit dans le domaine de la salubrité, nous allons agir parce qu’en fait l’ex-mouvement « ça suffit » est né dans un contexte particulier. Le contexte de la modification de l’article 37 et de l’instauration du Sénat. Après cette lutte, nous avons décidé de nous focaliser aussi sur d’autres terrains pour aider le gouvernement de la Transition mais aussi le gouvernement à venir pour aller de l’avant.

Mais nous avons gardé certaines valeurs de l’ex-mouvement « ça suffit ». Nous sommes aussi pour la bonne gouvernance et nous sommes prêts aux cas où les évènements passés venaient à se reproduire. L’association Aube du Faso prendra ses responsabilités

B24: Pensez-vous qu’octroyer ces stages est une solution contre le problème du chômage ?

B.C. :   Oui. En octroyant des stages, nous voulons plus nous focaliser sur l’expérience professionnelle. Les stages sont une manière de se former efficacement dans le domaine du travail. Et avec ces stages-là, nous voulons faciliter l’insertion socio-professionnelle aux jeunes qui viennent de sortir fraichement des écoles de formation ou de l’université. C’est une manière aussi de lutter contre le chômage.

B24: Quels sont les autres objectifs poursuivis par Aube du Faso ?

B.C.:   Nous avons aussi en projet, la promotion de l’auto-emploi. Pour ceux qui ont des projets ou ceux qui voudraient établir un business plan (plan d’affaires), nous pouvons aussi leur faciliter la tâche. C’est une manière pour nous de faciliter la tâche aux étudiants en promouvant l’auto emploi.

B24: Etes-vous resté en contact avec l’autre aile dissidente du mouvement « ça suffit », c’est-à-dire le Collectif 3D ?

B.C.:   Il faut dire que chacun fait son chemin et l’avenir nous dira (sourire)… Enfin ! on s’est séparé, c’est vrai et puis chacun continue sa route. On n’a pas de contact en tant que tel. On n’a pas de contact avec eux.

B24: Vous évoluez tous comme organisations de la société civile, forcément…

B.C. : On n’a plus forcément la même manière de voir les choses. Les raisons qui ont poussé à cette séparation ne sont pas moindres. Parce que quand on arrive à un stade où on veut politiser une association ou un mouvement, ça va un peu à l’encontre de nos objectifs et de nos buts et ça ne nous rend plus très crédible.

Maintenant, ils sont libres de faire ce qu’ils veulent, de rentrer dans un mouvement politique. Et nous, c’est pas notre but. On a continué, on continue de se battre pour la jeunesse burkinabè et pour l’avenir aussi du Burkina.

Interview réalisé par Oui Koueta (stagiaire)

Burkina24



Oui Koueta

'The vitality of a country can also be measured through that of its journalists'

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