Délestages et circulation routière : Et si les feux tricolores solaires s’allumaient ?

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Un accident de la circulation n’a pas toujours une seule cause qui pourrait être une erreur humaine, une imperfection des infrastructures routières ou une défaillance de l’engin. Il est le résultat d’un processus générateur d’insécurité. L’absence de feux tricolores pour défaut de moyens financiers ou tout simplement à cause d’un délestage (récurrent en période de chaleur), peut suffire à dérégler un trafic routier, voire créer le pire. Alors que souvent, à quelque chose, coup de soleil est bon !

Le soleil, solution brillante !

La route tue beaucoup au Burkina. Surtout que le pays connaît un accroissement considérable du nombre d’engins à deux, trois et quatre roues. D’ailleurs, la Brigade de Prévention Routière de Gendarmerie nationale a déjà enregistré au cours du premier trimestre de 2015, 171 cas d’accidents dont 8 décès.

L’absence ou la défaillance des feux tricolores est une cause possible, surtout en ces temps de délestages.  Les feux tricolores fonctionnant à base d’énergie solaire se positionnent ainsi comme une solution alternative. Et de nombreux arguments sont en leur faveur.

Aperçu d'un accident de la route. (Photo ©DR)
Aperçu d’un accident de la route. (Photo ©DR)

Atouts environnemental et économique

Tout d’abord, notons que le développement durable se construit sur la base d’un épanouissement continu et stable des populations socialement et économiquement tout en préservant l’environnement pour les générations futures.

En plus des nombreuses vertus de l’énergie solaire (qui ne sont plus à démontrer), les feux tricolores solaires fonctionnent à base de ressources naturelles, ce qui signifie moins de dépenses.

Cette filière énergétique peut trouver une place aussi bien dans les milieux urbains qu’au village car les feux tricolores solaires ne produisent pas de gaz à effet de serre et l’utilisation de ces feux constitue en elle-même, des mesures d’urgence pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions notamment sur l’environnement.

En outre, leur implantation ne nécessite pas d’entailler la chaussée pour la pose d’onéreux câbles souterrains.  Par conséquent, adaptés au contexte burkinabè, ces feux « ensoleillés » peuvent apporter leur pierre à l’édifice d’une sécurité routière garantie au « Pays des Hommes intègres ».

Des acteurs votent déjà pour…

Quelques avis sont déjà favorables à  cette alternative, d’abord à l’idée qu’il faut faire du soleil, un allié. Bachir Ismaël Ouédraogo, docteur en économie des énergies renouvelables (EnR) et changement climatique de l’Université de Manchester, pense que « le Burkina doit diversifier ses sources de production électriques et privilégier les politiques qui nous permettent d’accéder à une indépendance énergétique ».

Aperçu des feux tricolores solaires développés par Kushiator Newlove Kwaku. (©Burkina24)
Les feux tricolores solaires développés par Kushiator Newlove Kwaku allumés pendant la nuit. (©Burkina24)

Une question qui pourrait être débattue lors  des « états généraux de l’énergie » que réclame le président de l’association des journalistes et communicateurs pour les énergies et le développement durable (JED), Grégoire Bazié. 

En attendant et concernant particulièrement la vulgarisation des feux tricolores solaires, le 2e prix  remporté par l’équipe « Feux tricolores » avec son projet portant sur les régulateurs de circulation solaires, lors de l’édition 2015 au Burkina, du concours international « Imagine Cup » de Microsoft,  donne espoir.

« Les gens commencent à comprendre que le Soleil est une richesse que nous avons au pays. S’il y a lieu de l’exploiter pour réguler la circulation, qu’on le fasse », a tranché le Directeur de la planification et de la promotion de la sécurité routière à l’ONASER (Office national de la sécurité routière), Sanon Casimir.

Joint au téléphone, il a soutenu que l’installation de feux tricolores ou piétons solaires notamment à Ouagadougou peut aider à mieux réguler la circulation routière,  surtout en ces temps de délestages.

« Présentement, je vois que de plus en plus au Burkina, il y a des lampadaires solaires installés dans des carrefours. Si on pouvait utiliser la même technologie pour développer des feux tricolores solaires, ce serait une solution salutaire pour la sécurité routière », a-t-il conclu.

Le développeur de feux tricolores solaires installé à Tanghin à Ouagadougou. (©Burkina24)
Le développeur de feux tricolores solaires installé au quartier Tanghin de la ville de Ouagadougou. (©Burkina24)

Remplacer les feux tricolores ordinaires…

Selon un commissaire de police (ayant requis l’anonymat), « ces feux, qui valorisent l’environnement et les ressources naturelles, même s’ils ne peuvent remplacer les agents de la route, peuvent aider à réguler la circulation en cas de coupure d’électricité, surtout qu’ils coûteraient moins chers ».

Il a également ajouté qu’il ne suffit pas de les installer, qu’il faudrait veiller au respect strict de ces feux tricolores solaires.

Mais la technologie est-elle disponible au Burkina ?

Installé au quartier Tanghin de Ouagadougou, le directeur général du Bureau de recherche et de transfert de technologie (BRTT), Kushiator Newlove Kwaku, développe, entre autres, des pompes éoliennes, des machines à pluie et des feux tricolores solaires « indépendants des réseaux électriques ».

Kushiator soutient que ces feux sont « efficaces et résistants » et qu’il remplace leur boitier électronique par un boitier d’interrupteur électrique automatisé.

« L’idée que j’ai des feux tricolores solaires en particulier, c’est d’instaurer des modes de consommation et de production soutenables à travers les énergies renouvelables et l’objectif visé est de pouvoir remplacer les feux ordinaires au Burkina à commencer par Ouagadougou pour que le pays soit suffisamment armé pour affronter la crise énergétique dans les années à venir à cause du boom démographique mondial », a-t-il confié.

Rappelons que, dans certains pays, notamment au Mali, plusieurs rues profitent déjà de cette technologie bon marché à travers l’installation de feux tricolores à base d’énergie solaire rassurant ainsi les usagers maliens lorsqu’ils empruntent certaines artères, même si le projet a bien avant suscité des débats entre les opérateurs et l’administration publique du pays.

Un débat qui mériterait également d’être posé au Burkina puisque la mise en place d’une telle infrastructure permet non seulement de promouvoir une industrialisation soutenable et profitable à tous tout en encourageant l’innovation, mais aussi garantir l’accès à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable.

Noufou KINDO

Burkina 24

Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

Il y a 32 commentaires

  1. On a des solutions a presq tous les problemes de societe,mais une fois le budget vote et les financements axes,on se rend compte que ceux charge de les executer deviennent subitement des voleurs pr qui le d?veloppement du Fado est loin derriere le d?veloppement de”leur ventre”, Les propositions emergentes existent depuis bien longtemps,mais les hommes emergents et integres ont disparu depuis 1987….Allons seulement……

  2. Le burkinabe est bizarre. L’Etat avait deja mis en place de l’?clairage public ? Goughin avec des plaques solaires. Mais les gens ont tout enlev? en commencant par la batterie. Que voulez vous. Soyez un peu disciplin? et avec nos peu de moyens, nous nous en sortirons

  3. Si l’on veut bien comprendre les d?lestages ne cesseront plus alors! Toujours une bonne id?e l’utilisation du soleil! Pourquoi ne pas ne pas utiliser ce m?me soleil pour nous fournir l’?lectricit? ? On est fatigu? de ces d?lestages!

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