Emile Ilboudo : “Ma priorité, le rayonnement des Burkinabè en Côte d’Ivoire”

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En Côte d’Ivoire, on l’appelle le communicateur de la diaspora burkinabè et fait partie des Burkinabè les plus en vue grâce à ses nombreuses actions en faveur de sa communauté. Son nom Emilie Ilboudo. Burkina24 l’a rencontré et il s’est prêté à nos questions. Interview…

Burkina24 (B24) : Que doit-on savoir sur l’identité d’Emile Ilboudo ?  

Emile ILBOUDO (E.I) : Je suis Emile ILBOUDO et j’ai pour nom de plume Emile Scipion. Je suis né le 22 mai 1969 à Abengourou. Je suis originaire du village de Bana dans la province du Zoundweogo au Burkina Faso.

Je suis journaliste politique au quotidien ivoirien, La Matinale, le journal du parti au pouvoir.  Je suis père de trois enfants (un  garçon et deux filles). Je suis au niveau de la vie associative, le Secrétaire général et le porte-parole du Réseau des Communicateurs de la Diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire (Recomdbci).

B24 : Racontez-nous  votre parcours du Burkina Faso à la Côte d’Ivoire où vous vivez.

E.I : Je dois dire que pour être né en Côte d’Ivoire, mon parcours part d’abord d’Abidjan où jai effectué les études primaires à l’EPP Dion Robert à Abidjan Koumassi Sicogi.

Après l’obtention du CEPE et l’admission au test d’entrée au séminaire, j’ai été pensionnaire du Petit Séminaire de Pabré (1983-1988) et du Petit séminaire de Koudougou (1988-1991) où j’ai fait mes humanités et  le BAC A4. Après quoi, je fis des études théologiques, philosophiques et bibliques en intégrant le Grand séminaire Saint Jean Baptiste de Wayalgen à Ouagadougou (1991-1998).

Au bout de ce parcours, et  compte tenue de plusieurs contingences, j’ai dû mettre in extremis une croix au choix de vie sacerdotale, pour me consacrer aux lettres et au journalisme. A ce sujet, je suis titulaire d’un Master en journalisme option presse écrite de l’Université de l’Atlantique.

B24 : Comment est-ce que votre histoire d’amour avec la communication a-t-elle commencé ?

E.I : Avouons, au regard de mon parcours scolaire et académique dont je viens de vous lever un important coin de voile, que je suis arrivé au journalisme par la force des choses. Pas que je n’en ai pas  les pré-requis ou les aptitudes.

Mais simplement parce que j’avais choisi  d’embrasser la vie sacerdotale. Pour moi, le journalisme est venu comme un plan ‘’B’’. Au Grand séminaire déjà, lors de mon stage à la  Cathédrale de l’Immaculée conception de Ouagadougou, j’étais de l’équipe d’animateurs à Radio Maria (1995-1996).

J’avais une séquence dénommée en mooré ‘’Sebr Song bangr soré’’, ce qui se traduit en français par ‘’A la connaissance de la Bible’’. Cette expérience radiophonique a été, sans nul doute, une préfiguration de ma carrière journalistique.

Cette fonction pour moi n’en est pas moins un sacerdoce, car je la vis avec à cœur de dire ce qui est, de dire les faits, mais surtout de dénoncer les injustices, l’arbitraire et les démocraties bananières.

B24 : Vous êtes journaliste et nous ne pourrions terminer cette interview, sans vous demander votre lecture de la vie politique dans votre pays, le Burkina Faso, depuis la révolution des 30 et 31 Octobre 2014 jusqu’à maintenant.

E.I : Franchement, le CDP et le Président Blaise Compaoré auraient dû  être politiquement plus lucides en sachant appréhender et interpréter les signes du temps et les convulsions sociales comme un trop plein de frustrations.

En se campant dans leurs fausses certitudes  et en s’emmurant dans leurs tours d’ivoire, ils ont été surpris par la tournure des événements des 30 et 31 octobre 2014. Moi, particulièrement, j’ai été outré qu’une grande personnalité de la trempe de Blaise Compaoré soit chassée comme un malpropre d’un pays qu’il s’est investi à bâtir et à moderniser au prix d’abnégation et d’offensives éco-diplomatiques tous azimuts.

Je suis d’autant plus outré que stratège et fin négociateur, dans plusieurs foyers de crises dans la sous région, Compaoré se soit laissé prendre au piège du ‘’naabaïsme’’, en optant de s’éterniser au pouvoir par des artifices.

Cela étant, il faut néanmoins saluer la sagesse qui l’a habité, tout de même, et qui l’a conduit à partir. Cela dit, j’ai une si belle occasion pour  rappeler aux premiers animateurs de la Transition que leur rôle n’est pas de diviser ou de classifier les Burkinabè en distribuant de mauvais ou bons points aux uns et autres, mais de consolider la fragile cohésion et de préserver une paix durable, socle sur lequel l’on peut espérer le décollage économique  du pays.

B24 : Quels sont vos projets professionnels ?

E.I : Moi, je ne rêve jamais singulier, parce que je m’inscris toujours dans un grand ensemble, dans une vision communautaire. Et c’est la raison pour laquelle, j’ai toujours mis en première ligne la question de l’essor et du rayonnement de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire.

Avec mes camarades du Recomdbci, je m’emploie à doter notre communauté en Côte d’Ivoire d’une radio, et s’il plait à Dieu, avec le vent de la libéralisation du secteur audio-visuel, d’une télé. Nous en avons la compétence et l’expertise. Il s’agit pour nous d’avoir un accompagnement financier et logistique afin de réaliser ces moyens modernes de communication pour le bonheur de nos parents.

B24 : Un mot pour mettre fin à cette interview ?

E.I : Je remercie Burkina24 pour l’initiative qu’elle a prise de faire parler les ‘’diaspo’’ que nous sommes, parce qu’à la réalité, nous avons notre mot à dire dans la consolidation des bases démocratiques du Burkina Faso, mais plus encore dans le rayonnement du leadership de notre si beau pays.

Je souhaite dans ce sens, pour que nos avis soient efficacement pris en compte au plus haut niveau au Burkina Faso, que soient organisés les états généraux de la diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire.

J’y tiens et je crois qu’un tel forum nous permettra d’une part de recenser et de consigner par écrit nos forces, nos faiblesses, nos potentialités et nos aspirations mais surtout de trouver les personnes ressources qui puissent y réfléchir et nous proposer des solutions et des plans d’action pour la dynamisation de la communauté.

Faute de quoi nous naviguerons à vue, dans une guéguerre improductive entre  leaders associatifs et autorités diplomatiques et consulaires, qui ne sont que des fonctionnaires de l’Etat burkinabè en poste. Je vous remercie.

Interview réalisée par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Correspondant de Burkina24 en Côte d’Ivoire.



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