Le marché aux fétiches de Lomé : Au-delà de la santé, préserver l’identité africaine

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Avant l’arrivée de la médecine moderne sur le continent noir, les Africains utilisaient déjà leur savoir-faire pour se soigner et résoudre un certain nombre de problèmes qu’ils vivaient, à travers l’usage de parties de plantes et/ou d’animaux.

Aujourd’hui encore, ce savoir-faire reste d’actualité en dépit des avancées technologiques en matière de santé humaine ; certains maux demeurent insaisissables par les analyses médicales, les formules physiques et chimiques de la science moderne.

Le marché aux fétiches d’Akodesseoua à Lomé au Togo, est unique en son genre en Afrique. De renommée internationale mais peu reconnue par les Africains, ce pouvoir traditionnel multiséculaire a contribué et toujours, à soulager plusieurs personnes du joug physique, moral et mental.

Le terreau du savoir ancestral dahoméen existe depuis 1806 au Dahomey au Bénin, et les féticheurs qui occupent aujourd’hui le marché aux fétiches de Lomé sont arrivés au Togo il y a environ un siècle et demi.

Les fétiches rendent plusieurs services à l’être humain, à l’image de la ‘’magie blanche’’ à laquelle font allusion les féticheurs, tradi-praticiens, guérisseurs. Des maladies physiques (maladies du corps) à la recherche du bien (le foyer, le boulot, la promotion) en passant par les jougs moraux et mentaux, le mauvais sort, le marché aux fétiches se met au service de la personne noire ou blanche.

Pouvoir traditionnel et savoir faire ancestral s’y conjuguent au présent où le service à rendre reste permanent. Ils se transmettent de père en fils depuis les aïeux dans cette partie de l’Afrique occidentale.

L’initiation commence par une consultation pendant que l’enfant est encore dans le ventre de sa mère, selon Patience Dako, tradi-praticien et guide au marché aux fétiches, afin de déterminer le rôle exact qu’il doit jouer dans la lignée de féticheurs. Deux années après sa naissance, l’enfant reçoit une formation qui lui permet d’intégrer sans risque la fonction.

‘’L’objectif du féticheur n’est pas la recherche de l’argent ; c’est les esprits qui lui ont dit de travailler au service des gens’’, a précisé M. Dako.

Le mot ‘’marché’’ n’est donc qu’un cadre pour permettre de disponibiliser les ingrédients (végétaux comme animaux) nécessaire à la composition, la fabrication des produits et décoctions et aux incantations afin de guérir les maux de l’Homme.

Au-delà de la recherche de la santé physique, morale, mentale et spirituelle, certains visiteurs du marché aux fétiches d’Akodesseoua à Lomé, sont de simples spectateurs qui y vont à la découverte des espèces animales et végétales, même mortes, selon Elias K. Guedenon, guide titulaire du marché.

Boureima LANKOANDE

Burkina24



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