Honte à la CEDEAO !

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Le syndicat des chefs d’Etat, pardon la CEDEAO, a raté une occasion le 19 mai dernier pour entrer dans l’ère de la démocratie.

Les chefs d’Etat n’ont pas apprécié l’audace de leurs ministres des affaires étrangères, qui la veille ont estimé qu’il était indigne que les constitutions de certains pays membres ne limitent pas le mandat présidentiel. Ils ont voulu mettre un article 37 à toutes les constitutions, pardon, ils ont voulu limiter les mandats présidentiels à deux.

Touche pas aux nombres de mandats présidentiels !

Suite au soulèvement burkinabè, mais également s’inspirant de ce qui se passe au Burundi, les ministres des affaires étrangères de la CEDEAO se sont dit que le développement économique étant intimement lié à la stabilité politique des Etats, il fallait marquer le coup et faire entrer la CEDEAO dans la cour des organisations qui se respectent.

La CEDEAO restera une organisation molle

Elle a regardé la Côte d’Ivoire se déchirer, elle a observé tranquillement l’envahissement du Mali. Elle peine à instaurer la libre circulation des biens et des personnes. Elle n’a pas honte de voir Boko Haram instaurer sa loi dans ses territoires. Elle a été muette sur la volonté de Compaoré de modifier sa constitution.

Aujourd’hui, elle vient encore de mettre la queue entre les jambes pour fuir face à deux individus qui se croient immortels : l’homme Faure du Togo et le Dieu de la Gambie. A deux ils ont fait plier la CEDEAO.

Si au Mali, au Sénégal, en RCI, les présidents sont mortels, ça c’est leurs oignons, ils peuvent limiter le mandat présidentiel. Au Togo et en Gambie, on ne limitera pas le mandat pian !

Les chefs d’Etats se sont donc rétractés. Ils ont jugé que l’harmonisation des constitutions était anticonstitutionnelle. Et qu’il fallait laisser chaque pays s’occuper de ses oignons.

Et les oignons du Burkina alors…

Ces oignons là ne piquent pas les yeux. La CEDEAO a sermonné Kaf de transition. ADO en a profité pour donner une leçon de droit constitutionnel à nos illustres professeurs agrégés de droit constitutionnel : c’est élémentaire ! Dans une démocratie, on n’exclut personne.

Il fallait faire comme ADO ou Macky

Notre transition a commencé à l’envers. Bon,  elle n’avait pas de propriétaire, ça se comprend.

La bonne méthode, c’est le gnouf d’abord et le reste après. Karim Wade, Gbagbo, Goudé en savent quelque chose. Attention hein ! Je n’ai pas dit que c’est de l’exclusion ça ! En bon français, on appelle ça la réclusion. C’est différent de l’exclusion dèh !

Aujourd’hui on ne sait plus trop qui est sincère et qui nous pompe l’air

Pour endormir Kassoum Kambou, beaucoup commence déjà à se moucher en comptant sur la CEDEAO pour arriver à Kossyam.

Voilà Ladji Djibi, qui prêche dans le désert. Je ne sais pas si c’est au propre ou au figuré, mais c’est dans le Sahel qu’il a capté RFI tout en remontant le temps. C’était beau à voir, un monsieur tout de blanc vêtu, avec un accoutrement de touareg, l’immaculé Djibi, ne saurait mentir : il n’a jamais soutenu la modification de l’article 37.

Mais bon moi j’ai réécouté RFI émettant depuis Sebba. Le Général n’a rien dit qui pourrait valider sa candidature, pardon je voulais dire qui pourrait montrer qu’il n’a pas soutenu le projet de loi.

C‘était en mai 2011. Il a dit qu’à l’époque, c’était inopportun la révision de l’article 37. Mais vu qu’en 2014, il n’a rien dit,  on peut supposer que comme il était présent quand Blaise signait le décret, il a marqué son accord.

En bon croyant, on dit qu’il a péché par omission, même s’il prêche activement aujourd’hui qu’il est le Judas qui a sauvé le Burkina. Cela est insuffisant pour qu’il soit élevé héros national. Nous on préfère mille fois Rock qui avait soutenu que l’article 37 était antidémocratique, mais qui a choisi de rejoindre la lutte pendant le règne du roi.

Bon faut pas fâcher hein mon général, mais la politique,  ce n’est pas de la science diplomatique. La route Dori- Sebba,  on veut la voir « goudronnée ». C’est toi qui as dit hein !

Bon soyons sérieux et souhaitons de la réussite à tous les candidats et surtout une campagne inclusive.

Gageons que la validation des candidatures ne nous fera pas regretter l’insurrection.

Yelmighan


« Les sermons du vieux  Yelmigan » est une chronique satirique proposée par un « Observateur » avisé de la société burkinabè. Elle traitera deux fois par mois (le 1er et le 15 du mois) sur Burkina 24 de sujets liés à la vie de la nation burkinabè. Véritable sermonneur, le Vieux Yelmigan ne prendra pas de gant pour parler à ses fils et ses filles de leurs comportements quotidiens dans la société.  Ame détestant les sermons, s’abstenir donc !

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