Sanou Senemi : ‘’L’exhumation de la dépouille de Thomas Sankara est un sacrilège’’

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La récente actualité au Faso a été décortiquée par Sanou Senemi, président des jeunes burkinabè de la commune de Koumassi dans le district d’Abidjan et coordonateur général du Collectif des Associations et Mouvements de Jeunesse Burkinabè de Côte d’Ivoire. Il aborde d’importantes questions avec franc-parler. De la transition aux prochaines élections d’Octobre 2015 et de l’exhumation de la dépouille de Thomas Sankara, Sanou Senemi vide son sac.

Ses griefs contre la transition burkinabè

Très bouillant sur les réseaux sociaux, Sanou Senemi explique que son premier grief contre la transition au Burkina Faso est “l’impartialité dont elle fait montre’’. ‘’Cette transition qui est  la nôtre et particulièrement la mienne en tant que Burkinabè, je la reconnais et je la soutiens sans réserve. Toutefois, il nous revient le devoir de la guider pour éviter des errements pouvant conduire notre pays au chaos. Quand on aime quelqu’un, il faut lui dire la vérité’’, a-t-il martelé, avant d’ajouter que ‘’pour preuve, aux premières heures de cette transition, nous avons conduit une délégation au pays pour matérialiser ce soutien”.

Pour argumenter son point de vue, il fait d’abord allusion à la loi “d’exclusion qui disqualifie les personnes qui auraient soutenu la modification de l’article 37…J’ai été personnellement choqué par les propos d’un ministre disant que ceux que cette loi concerne se connaissent, il s’agit des leaders de l’ex-majorité présidentielle. Venant d’un ministre, c’est carrément aberrant !’’, s’est-il indigné.

Pour Sanou Senemi, une loi devrait rester impersonnelle donc ne cibler aucune personne, sinon serait arbitraire et injuste ce qui est le cas du nouveau code électoral promulgué au Burkina.

“La Côte d’Ivoire en plus d’être un pays frère au Burkina Faso est un exemple palpable pour le peuple burkinabè. Nous ne voulons pas que l’article 35 qui a embrasé la Côte d’Ivoire par le passée ait son équivalent dans notre pays. Et les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous donnons de la voix pour une paix durable au pays”.

La tenue des prochaines élections au Burkina Faso

Sur la question des prochaines élections générales au Burkina Faso, Sanou Senemi n’y croit pas et est formel car selon lui “la transition n’aura pas l’argent pour les organiser dans le délai. Il ne faut pas rêver. L’Union Européenne qui doit financer ces élections a dit non à l’exclusion et de ce fait je ne pense pas que le financement de ces élections vienne de là”, a-t-il soutenu.

L’exhumation de la dépouille de Thomas SANKARA

‘’Sur cette question, je m’incline, tout d’abord, sur la mémoire du président Thomas SANKARA en qui nous nous reconnaissons tous. Toutefois, à beau imiter l’occident, l’Afrique ne doit pas fouler aux pieds ses propres traditions et coutumes”, a-t-il introduit avant d’ajouter, “en exhumant le corps de Thomas SANKARA, le Burkina Faso vient de violer une de ses traditions, le Burkina Faso a perdu une de ses valeurs.

L’exhumation ne se fait pas au Burkina Faso pour des personnes mortes accidentellement. Chez eux-mêmes dans leur région (allusion faite à celle de Thomas SANKARA), les cadavres n’ont pas droit à la dernière toilette à plus forte raison ce à quoi nous avons assisté…C’est un sacrilège et j’en suis meurtri”, a-t-il conclu.

Entretien réalisé par Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU                                                                                                               Correspondant de Burkina24 en Côte d’Ivoire                                                                                                                                   (Suivre l’intégralité de l’entretien sur http://radiob24.com/ dans l’émission la diaspora qui bouge’’)



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