Etats-Unis : le système informatique fédéral à nouveau piraté

Le gouvernement américain a annoncé jeudi 4 juin 2015 avoir détecté le piratage informatique des données personnelles de quatre millions d’employés fédéraux.

Cette « cyber-intrusion », repérée en avril 2015, a visé le Office of Personnel Management (OPM), qui gère les effectifs du gouvernement et attribue les accréditations à ses membres, selon le journal Le Monde qui reprend  le Washington Post, qui cite des responsables américains sous couvert de l’anonymat.

Cette attaque aurait été fomentée en décembre par des pirates informatiques chinois, déjà responsables d’un piratage majeur de l’agence l’année dernière.

Un million de dollars de dédomagement

Depuis de récents mois, l’OPM dispose de nouveaux outils informatiques qui lui ont permis de détecter cette attaque quatre mois après son lancement.

Dans un communiqué, l’Office of Personnel Management (OPM) a indiqué que les données personnelles d’environ 4 millions d’employés du gouvernement auraient été compromises et a annoncé que ces personnes seraient informées à partir du 8 juin.

Mais elle n’a pas exclu que d’autres employés soient identifiés au cours de l’enquête et a proposé de les dédommager à hauteur d’un million de dollars en cas« de fraude et de vol d’identité » et a appelé toutes les victimes potentielles à se montrer très « suspicieuses » dans la gestion de leurs comptes en banque et la manipulation de leurs données personnelles.

Le FBI a indiqué dans un bref communiqué enquêter sur cette affaire et « prendre au sérieux toutes les attaques potentielles contre les systèmes du secteur public et privé ».

Les piratages se sont multipliés ces derniers mois aux Etats-Unis, la plupart visant les systèmes informatiques internet de grands groupes comme le distributeur Target, l’assureur santé Anthem ou les studios de cinéma Sony Pictures Entertainment.

Quelque temps avant l’annonce du gouvernement américain, Propublica et le New York Times, s’appuyant sur des documents fournis par Edward Snowden, ont révélé que le ministère de la justice américain a autorisé en 2012 l’agence de renseignement à passer au crible des données sur Internet, sans mandat judiciaire, à la recherche de logiciels malveillants et de piratages liés à des gouvernements étrangers.

Lors de l’attaque de l’OPM l’année dernière, des pirates chinois s’étaient déjà introduits dans son réseau informatique ainsi que dans celui de deux sous-traitants, ciblant en particulier les dossiers de candidature pour une accréditation secret défense de dizaines de milliers d’employés. Détectée en mars 2014, elle avait été immédiatement bloquée.

Des boîtes de courrier électronique de la Maison Blanche et du département d’Etat avaient aussi été  pris pour cible par des hackers l’an dernier, et des courriels de Barack Obama lui-même avaient été lus, ont admis récemment des responsables américains. Cette fois-là, la Russie aurait été derrière l’attaque, selon le New York Times.

Le GAO, équivalent de la Cour des comptes française, n’est aucunement surpris par ces attaques car il avait pointé en avril les « faiblesses de l’approche du gouvernement américain pour protéger les systèmes informatiques fédéraux ».

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : Lemonde.fr



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