Croissance en Afrique : La Banque Mondiale prévoit un coup de mou en 2015

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Selon la Banque mondiale, le continent africain devrait connaître une croissance en baisse cette année. Les raisons évoquées : le coup de mou enregistré par les “locomotives” internationales et le recul des prix des matières premières. Décryptage.

Avec ces prévisions de croissance revues à la baisse pour le continent africain comme pour le monde entier, la Banque Mondiale rejoint le Fonds monétaire international (FMI) dans une publication faite le jeudi 11 juin.

Ainsi, l’Afrique subsaharienne, dont le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 4,6 % en 2014, devrait ralentir à 4,2  % cette année. En avril dernier, dans son World Economic Outlook, le FMI avait ramené ses prévisions de croissance de la région à 4,5  % en 2015 – en recul par rapport au taux de 4,9  % annoncé par la même institution trois mois plus tôt.

Les freins évoqués dans cette étude publiée par la Banque Mondiale et handicapant l’économie de la planète au point d’empêcher une accélération de l’activité et des échanges, sont au nombre de deux.

Le premier est le coup de mou que connaissent des « locomotives » comme la Chine, le Brésil ou la Turquie qui importent nettement moins que par le passé. Le second est le recul des prix des matières premières qui fait, certes, l’affaire des pays non-producteurs d’hydrocarbures par exemple, mais qui tarissent une source importante de revenus et qui mettent en difficulté les budgets de nombreux États.

Tout le monde n’est donc pas à la même enseigne. En Afrique du nord, si l’Algérie subit de plein fouet l’effondrement du prix du pétrole et du gaz (croissance à +4,1  % en 2014, mais à +2,6  % en 2015), les autres pays tirent leur épingle du jeu comme l’Egypte (+3,2 % et 4,3 %), le Maroc (+2,6 % et 4,6 %) et, dans une moindre mesure la Tunisie toujours convalescente des séquelles de son « Printemps » (+2,3 % et +2,6 %).

En Afrique subsaharienne, la situation est à la fois plus brillante et plus contrastée, selon les statistiques de la Banque mondiale. Des taux de croissance à la chinoise sont affichés par l’Éthiopie (+10,3 % en 2014 et 9,5 % en 2015), la RD Congo (+9 % et +8 %), la Côte d’Ivoire (+8 % et + 8 %), le Tchad (+7,3 % et +9 %), la Tanzanie (+7,2 % et +7,2 %) ou le Rwanda (+7 % et + 7 %).

En revanche, des taux médiocres sont relevés en Gambie (-0,2 % et 3 %), en Guinée (+0,4 % et -0,3 %), en Afrique du Sud (+1,5 % et 2 %), en Érythrée (2 % et 1,5 %) et au Lesotho (2 % et 4 %). Épidémie d’Ebola ici, mauvaise gouvernance là, et manque d’investissements un peu partout expliquent ces mauvais résultats.

Dans une interview accordée à Jeune Afrique,  Carlos Lopes, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, s’est montré très optimiste quant aux perspectives de croissance de la région. « En 2015, la croissance sera meilleure que prévu », a-t-il assuré.

À ses yeux, « on surestime encore l’impact de la baisse des prix du pétrole sur les économies africaines, en ne tenant pas suffisamment compte de leur récente diversification et, surtout, de la capacité d’endettement des pays concernés. Les États les plus affectés par la chute des cours sont aussi ceux qui sont le plus en mesure de lever des fonds et donc de résister pendant une certaine durée – environ un an – à la dégradation de leurs finances publiques. »

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : Jeuneafrique.com

 

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