L’Abbé Toussaint Daman dévoile ses « Mélancolies des temps anciens »

L’abbé Toussaint  Hènènè Daman pose la problématique du système des castes qui perdure dans les sociétés africaines sous un  angle  sociologique et philosophique à travers son deuxième roman édité par Harmattan Burkina « Mélancolies des temps anciens ». L’œuvre a été dédicacée, ce vendredi 12 juin 2015 à l’Institut français de Ouagadougou.

« Mélancolies des temps anciens » est un roman qui s’inscrit dans le courant de la critique de la négritude, qui estime que toutes les valeurs de l’Afrique précoloniale ne sont pas positives.

 Comment mettre le doigt sur ces valeurs négatives notamment celles qui mettent l’Afrique en retard et le bien fondé de certaines valeurs qui instruisent  l’ordre social en Afrique, s’interroge l’abbé Daman.

D’un point de vue thématique,  l’œuvre se veut une quête identitaire.  Le roman met en scène l’histoire d’un citoyen révolté contre le système de castes dans la société : les roturiers (esclaves, forgerons, griots)  et les nobles.

Les nobles naissent nobles et meurent nobles et vice versa.  Pour garder la pureté des classes, le mariage inter castes est interdit. Le personnage principal consacre toute sa vie à lutter contre ce système des castes en mettant en place des associations dans les établissements scolaires et universitaires. Lorsque qu’il sera ministre de l’éducation nationale, il  y consacrera toute son ardeur.

« On est étonné que ce peuple qui a été pendant longtemps considéré comme descendants d’esclaves puisse toujours considérer  des siens comme descendants d’esclaves », fait comprendre l’auteur.

Se posant en défenseur des droits humains, il va plus loin en disant que c’est la dignité humaine qui est bafouée à travers ces considérations.

« Malheureusement, le système de castes perdure de nos jours sous la forme de spécialisation du travail. Je suis médecin et on m’estime à la valeur de mon métier.  La dignité humaine ne se mesure pas au travail que l’on accomplit dans la société d’où la nécessité de respecter chaque homme tel qu’il est ».

« Melancolies des temps anciens » se veut être une proposition à la création d’une autonomie culturelle. Il prône à cet effet une réforme du système des castes.

 L’auteur n’est cependant  pas pessimiste : « le temps définira la solution à trouver au problème car l’une des chance du modernisme  est l’ouverture. Le fils du griot n’est plus ».

Cependant,  l’homme de Dieu estime que le roman n’est pas refuge pour sa conviction traditionnelle par rapport à sa religion catholique, une valeur de l’occident.

«  Les valeurs  qui viennent d’ailleurs ne devraient pas venir remplacer les anciennes, elles doivent venir les féconder afin de donner naissance à une troisième valeur », dit-il.

 S’inspirant des  écrits de Nazi Boni et Joseph Ki-zerbo, il demande aux éducateurs de jouer  leur rôle dans l’émergence  de la société.

Revelyn SOME

Burkina24



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