Cpi- Soudan : Béchir bloqué en Afrique du Sud, Khartoum rassure

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Un tribunal de l’Afrique du Sud saisi par une organisation non gouvernementale, Southern Africa Litigation Center, a interdit au président soudanais Omar el-Béchir de quitter le pays tant que la justice n’aura pas statué sur une demande d’arrestation formulée par la CPI, a indiqué un jugement publié le dimanche 14 juin 2015.

Selon ce jugement « les autorités sud-africaines doivent empêcher le président Omar el-Béchir de quitter le pays jusqu’à ce qu’une décision soit rendue par cette Cour ».

L’affaire devait être examinée en urgence le dimanche14 juin après-midi. Omar el-Béchir est en Afrique du Sud pour participer à un sommet de l’Union africaine, mais la Cour pénale internationale (CPI) a appelé Pretoria à l’arrêter, dans le cadre des poursuites engagées contre lui en 2009 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et en 2010 pour génocide.

Les deux mandats d’arrêt sont liés aux événements au Darfour, région de l’ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l’ONU.

Dans une décision rendue publique dimanche, la CPI indique avoir rappelé le 28 mai à l’Afrique du Sud son obligation statutaire, en tant qu’Etat membre de la Cour, d’arrêter et de lui remettre el-Béchir si celui-ci se rendait sur son territoire.

Selon le document, l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Pays-Bas a rétorqué vendredi à la CPI, qui siège à La Haye, que son pays se trouvait face à des « obligations concurrentes » et que « la loi manquait de clarté ».

La réplique de la CPI est de plus en plus insistante car selon elle, ‘’il n’existe aucune ambiguïté ou incertitude quant à l’obligation incombant à la République d’Afrique du Sud d’arrêter et de remettre immédiatement Omar el-Béchir à la Cour’’, a-t-elle soutenu dans sa décision.

Southern Africa Litigation Center, une organisation de défense du droit en Afrique du Sud, s’appuyant sur cette base, a saisi la justice en urgence pour tenter d’obtenir une décision sur le sort du chef d’Etat soudanais.

Le gouvernement soudanais, quant à lui, a assuré que la visite du président Omar el-Béchir en Afrique du Sud se déroulait normalement et que son président rentrerait à Khartoum après le sommet de l’Union africaine en dépit d’une décision de justice locale interdisant son départ du pays.

« Il est difficile de donner les détails de l’emploi du temps de M. Béchir, mais il rentrera une fois terminée la principale session (du sommet, NDLR). Cela pourrait être aujourd’hui ou demain, je ne rentrerai pas dans les détails… Jusqu’ici tout se déroule normalement et son excellence le président ne court aucun risque», a précisé le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Kamal Ismaïl.

En arrivant en Afrique du Sud le samedi 13 juin dernier à la tête d’une délégation soudanaise au sommet de l’UA, El-Béchir défie, ainsi, la CPI qui le réclame pour crimes contre l’humanité au Darfour.

Mais M. Ismaïl a balayé la polémique. « Ce qu’on voit dans les médias n’a rien à voir avec ce qui se passe en Afrique du Sud », a-t-il assuré.

Le président soudanais, réélu en avril avec plus de 94% des votes, est visé depuis 2009 par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et contre l’humanité au Darfour, une région de l’ouest soudanais meurtrie par les violences, et depuis 2010 pour génocide.

Kouamé L.-Ph. Arnaud KOUAKOU

Burkina24

Source : Jeuneafrique.com

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