Opinion – « Le report de la transition, plus qu’une nécessité »

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Ceci est une réflexion d’un citoyen sur la transition.

Cette réflexion est la suite logique des réflexions et propositions que j’ai déjà faites .

Le peuple burkinabè qui s’est révolté les 30-et 31 Octobre l’a fait pour qu’il y ait un véritable ancrage démocratique dans notre pays. Pour ce faire, la transition en plus de relever les défis de la réinstauration des valeurs cardinales de probité , de dignité et d’intégrité qui caractérisent tout bon burkinabè doit également avoir à la fin de son action nous laisser à son bilan un actif lié à la solidité de nos institutions.

Sur cette base, et ce depuis novembre, je me suis érigé contre la précipitation d’une transition d’un an, très peu de gens m’ont compris.

Fort de mon expérience, je savais que le travail qui attendait la transition est immense et que l’espace d’une année serait limite limite. Les évènements sont entrain de me donner raison. Propositions à l’appui, j’ai suggéré que nous passions à la 5eme république en rédigeant une nouvelle constitution (confère mes écrits dans bayiri.com, burkinaonline, netafrique….). Nous avons d’éminents juristes qui peuvent le faire, et la commission qui a rédigé la charte de la transition peut déjà s’y atteler.

Par cet écrit je voudrais lancer un appel solennel au CNT de nous proposer un projet de loi de recul de la transition jusqu’en mai 2016. Je propose que la nouvelle constitution soit adoptée par referendum d’ici novembre 2015 et les présidentielles et législatives en Mars -avril 2016 et les communales en juin 2016 ou si possible toutes en Mars-avril 2016.

Vous conviendrez avec moi que tout burkinabè épris des mobiles qui ont conduit aux évènements des 30-31 octobre, est pour la prolongation de la transition. C’est une nécessité impérieuse et populaire pour accomplir parfaitement la mission que le peuple a demandée et éviter une autre insurrection.

Une fois de plus, ceux qui passent leur temps à insulter la transition, sachent que la roue du renouveau que s’est donné le peuple est irréversible. Le foisonnement de partis et de candidatures que nous voyons par ci par là sent de l’arnaque et de la manipulation. Sous Blaise, d’autres se comportaient en véritables poltrons, Blaise est parti, tout le monde devient garçon!!!! Quelle honte, si ces gens savaient ce que c’est la honte. Mais qu’ils sachent que le code électoral sera appliqué dans toute sa rigueur.

Aussi, voudrais-je rappeler aux amis partenaires sociaux que ce qu’ils n’ont pas eu en 27 ans, il est difficile malgré la bonne volonté de la transition de l’avoir en 12 mois ou 18 mois (s’il se prolongeait).

Chacun de nous doit serrer la ceinture pour que nous puissions accomplir les missions de la transition ( qui sont aussi les nôtres) que sont: réinstaurer la fierté burkinabè, traquer les corrompus tous types pour récupérer les biens mal acquis, lutter contre l’insécurité sans complaisance (et pour ça la peine de mort doit impérativement être maintenue; c’est d’ailleurs une loi divine), donner une solidité institutionnelle par une nouvelle loi fondamentale et une nouvelle république, mettre au rancart les magistrats jadis corrompus et peureux et redorer le blason de la justice qui constitue un repère de stabilité sociale, et enfin organiser les élections de façons transparentes et justes. Voici les missions macro de la transition.

Un sillon bien tracé doit impérativement être légué à ceux qui vont venir. Toutes les transitions au monde ont été des moments pour semer les vecteurs principaux, des lignes droites, au point qu’il serait très difficile pour un nouveau venant de faire à sa tête.

Je lance un appel aux burkinabé devenus experts en critiques, d’arrêter que ça suffit. Oui, nous ne sommes pas contre les critiques, mais à chaque critique, faites des propositions. Ne vous rendez pas experts en critiques nuisibles et stériles, ça ne fait pas avancer. Faites toujours des propositions.

Pour finir; je souhaite un bon mois de jeûne à tous. Puisse Allah nous pourvoir de moyens dignes pour que nous puissions l’accomplir dans la sobriété.

Rappelons-nous que nous devrons nous soucier de nos voisins quelle que soit leur confession; partager sans distinction; car comme le dit Allah dans ses livres révélés; il a voulu que nous soyons divers; cultivons l’amour entre nous en tant que êtres humains tout court et évitons surtout le communautarisme; et les groupuscules; cela nourrit les extrémismes.

Nous devons être des religieux critiques et indépendants d’esprits afin d’éviter de tomber dans les excès et faire en sorte que la religion ne soit pas l’opium du peuple et que Ramadan ne soit pas un moment de rapacités pour se faire des bénéfices commerciaux qui frisent le haram.

Abdoulaye Derra

 Admin.Sces. Fciers, Analyste-financier-comptable, Economiste,

Enseignant et Spécialiste en questions géostrategiques.


 

NDLR : Le titre est de l’auteur



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