Meurtre de Bernadette Tiendrébéogo : Le caporal Lompo du RSP condamné à la peine de mort

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Le caporal Bahanla Alphonse Lompo, cet ex-militaire du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a été reconnu coupable d’assassinat commis avec préméditation et guet-apens sur la personne de Bernadette Tiendrébéogo (son ex-copine), intervenu dans la nuit du samedi 9 mars 2013. Il a été condamné à la peine de mort par la Chambre criminelle de la Cour d’appel, à l’issue de la dernière journée des assises criminelles ce mardi 30 juin 2015.

Accusé d’avoir assassiné, le 9 mars 2013, son ex-copine du nom de Bernadette Tiendrébéogo, le caporal Lompo a effectivement comparu devant la Chambre criminelle de la Cour d’Appel de Ouagadougou, ce 30 juin 2015. Le dossier « Ministère public contre le caporal Lompo » a donc été jugé et c’était aux environs de 10 h 50 minutes que tout a commencé.

D’entrée, le Président de la Cour d’Appel, Ibrahim Sana, a appelé l’accusé à la barre et annoncé les 4 témoins de la famille de la victime avant de rappeler les différents réquisitoires (introductifs, du procureur général, etc.).

Le président de la Cour a également précisé le principal chef d’accusation retenu contre le caporal Lompo qui n’est rien d’autre que « Assassinat ». Notons tout d’abord que le caporal Bahanla Lompo a été radié de l’armée nationale par un décret présidentiel sous Blaise Compaoré.

L’arme s’est bloquée…

Le désormais ex-caporal, ce 30 juin, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. « Je reconnais les faits, mais pas l’intention de tuer… Avec deux grossesses perdues sans explications, je voulais savoir où étaient passées ces grossesses-là », a-t-il dit.

Le Président de la Cour a voulu savoir si sans l’arme, M. Lompo ne pouvait régler cette situation convenablement. L’accusé répond tout simplement qu’il était « dépassé » et ne pouvait plus se contrôler.

Des images de la victime (avant et après le drame) ont été présentées à l’accusé qui n’a pas pu regarder longtemps ces photos.

« Je ne peux pas regarder parce que je regrette ce qui s’est passé », ajoute M. Lompo. Un peu paniqué dans ses explications, l’accusé ajoutera que quand il a tiré deux fois sur la serrure et deux fois sur Bernadette, l’arme s’est bloquée et qu’il a par la suite repris chemin.

« Aurais-tu continué de tirer sur la victime ou dans la cour en visant d’autres personnes ou encore aurais-tu retourné la kalach contre toi-même, si elle ne s’était pas bloquée ? »; cette question du Président de la Cour restera sans réponse. Bahanla Lompo ne cessant de répéter : « J’étais hors de moi-même, … J’étais dépassé ».

Réquisitions et plaidoiries…

La Partie Civile composée notamment de Me Ambroise Farama a noté une « scène macabre ». Elle a également insisté qu’il y a meurtre avec préméditation et guet-apens et a estimé qu’il n’y a cependant pas de circonstances atténuantes mais plutôt des circonstances aggravantes car le sieur Lompo faisait particulièrement face à une victime sans arme et s’est introduit dans la cour familiale de la victime sans aucune permission, ni des parents, ni des membres de cette famille.

Me Farama a requis par conséquent une « sanction pénale sévère à la hauteur du crime ». Le Procureur général, Désiré Sawadogo, pour sa part, a aussi indiqué que l’accusé est accessible à une peine criminelle, une sanction pénale, car selon lui, le meurtre avec préméditation est tout à fait constitué.

Il a, sans tarder, déclaré, l’ex-caporal Lompo Bahanla, coupable d’assassinat, citant les Articles 321 et 324 du Code Pénal qui prévoit la prison à vie.

Malgré que l’avocat de l’accusé, Me Ouédraogo, ait soutenu pendant près d’une heure, qu’il n’y a pas préméditation et guet-apens et que son client doit bénéficier de circonstances atténuantes, et malgré que M. Lompo ait aussi « demandé sincèrement pardon aux parents de la victime », la Cour a finalement déclaré l’accusé coupable d’assassinat avec préméditation et guet-apens.

Aux environs de 18 heures, le verdict est donc tombé. L’ex-caporal Bahanla Alphonse Lompo a été condamné à une peine de mort. La Cour a également ordonné la restitution de l’arme de crime avec son chargeur à l’armée et a condamné le sieur Lompo aux dépens.

Ce procès, également qui était tant attendu par les Burkinabè comme celui de Ousmane Guiro, a mis fin aux Assises criminelles débutées le 15 juin 2015.

Noufou KINDO

Burkina24

Le film tragique d’une relation amoureuse…

Le caporal Lompo et sa défunte copine au moment où ils s'entendaient © DR
Le caporal Lompo et sa défunte copine au moment où ils filmaient le parfait amour © DR

En rappel, le sieur Bahanla Alphonse Lompo est un militaire du RSP. Il est né le 31 décembre 1986 dans la province de la Tapoa et a intégré l’armée à l’âge de 18 ans. Fantassin, il est en fait soldat de la classe de 2004.

Voici le film tragique de la relation amoureuse entre M. Lompo et Mademoiselle Tiendrébéogo : 

« En 2007, le caporal Bahanla Lompo du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) a connu Feue Bernadette Tiendrébéogo. A partir de 2009, ils auraient vécu en concubinage mais selon les déclarations du caporal, il avait remarqué qu’elle rentrait tardivement et avait changé de comportement.

En 2012, le caporal a été admis en stage pour obtenir le grade de sergent et mademoiselle Tiendrébéogo a rejoint sa famille paternelle. Par la suite, elle a obtenu un emploi d’hôtesse à Niamey. Le 31 décembre 2012, ils auraient eu un entretien et la fille lui a annoncé la rupture de leur relation. Le 7 mars 2013, le caporal apprenait que la victime est rentrée au Burkina Faso. Le 9 mars 2013, il lui rend visite au domicile paternel et celle-ci lui signifiait une fois de plus qu’elle ne voulait plus de lui.

Dépité et énervé, il retourne chercher une arme (kalachnikov AK 47 : une arme d’une capacité de 32 balles, mais qui en contenait 22 le jour du crime) qu’il camoufle soigneusement et fait le guet non loin du domicile paternel de la fille (dans un bistrot situé à environ 30 mètres de la cour de la victime) pour surveiller ses allées et venues. Puis, après s’être assuré qu’elle était là, il s’approche et demande à la voir et sa sœur lui répond qu’elle dormait. Entre temps, la fille s’apprêtait à sortir.

L’ayant vu et sentant le danger, elle s’enfuit pour se réfugier dans la chambre de son père où elle s’enferme à double tour. Il la poursuit, tire sur la serrure et réussit à rentrer dans la chambre. Il trouve la fille accroupie et tire des coups de feu sur sa tête et reprend chemin ». Et fin tragique de mademoiselle Bernadette Tiendrébéogo…



Noufou KINDO

@noufou_kindo s'intéresse aux questions liées au développement inclusif et durable. Il parle Population et Développement.

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