Débat sur le RSP : La Convergence citoyenne et panafricaine se prononce

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Ceci est une déclaration de l’Association convergence citoyenne et panafricaine sur la situation nationale. 

 Le mardi 23 juin 2015, le mouvement balai citoyen a tenu une conférence de presse pour donner sa vision sur les questions d’actualités au Burkina Faso. Le débat sur  l’avenir du régiment de sécurité présidentielle (RSP) s’est encore invité à ce face à la presse. Le mouvement balai citoyen dans son réquisitoire exige la dissolution pure et simple de ce corps de l’armée Burkinabè.

 Mieux, le mouvement invite tous les démocrates du pays des hommes intègres à mener ensemble le combat pour le démantèlement du RSP. S’il est indéniable de reconnaitre le droit de ce mouvement  à avoir son opinion sur ce sujet dans le cadre d’un débat républicain, cependant nous ne saurons partager cette exigence de dissolution prônée avec véhémence.

 L’histoire retiendra que le maintien de l’armée au cœur du pouvoir d’Etat à la faveur de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014 a été rendu possible par le soutien apporté à la grande muette par des leaders des organisations de la société civile dont le mouvement balai citoyen. Hervé Ouattara, Président du CAR, dans un entretien accordé à l’observateur paalga aux lendemains de l’insurrection populaire et publié  le 06 novembre 2014 avait été très explicite sur le sujet : «J’ai l’habitude de dire aux gens que nous sommes tous comptables de ce qui est arrivé aujourd’hui. Le départ de Blaise Compaoré est le fruit de la lutte de tous les Burkinabè. S’il y a des gens qui peuvent vous dire comment Zida est venu, c’est bien nous ; et ce n’est pas pour nous vanter. Au départ, nous avons voulu inciter Gilbert Diendiéré, lui-même, à perpétrer un coup d’Etat. Mais il m’a dit que ça ne l’intéressait pas et qu’il ne voulait pas en entendre parler. Concernant Zida, c’est des situations politiques qui ont amené les gens où ils sont.

Dans la nuit du 30, nous avons entamé des négociations avec des gens auxquels nous avons fait savoir que si l’armée devait prendre ses responsabilités, nous ne voulions pas d’Honoré Traoré, le chef d’état-major. Mais Zida lui-même nous a demandé si nous étions convaincus de ce que nous voulions. Nous nous sommes toujours assumés. Dans la salle, j’ai été le premier à dire à Zida, car je lui ai parlé la veille, de prendre ses responsabilités. La seule personne dans la salle qui a refusé cette option était Luc Marius Ibriga. Il m’a appelé de côté pour me dire que j’étais en train de jouer à un jeu dangereux. Je lui ai dit que ce qui m’intéressait à ce jour était que le président Compaoré quitte le pouvoir et que le reste on gèrerait.

Peut-être que j’ai fait ça sur un coup de tête, mais je l’assume. Il a appelé Augustin Loada, puis Smockey. Hervé Kam n’était même pas encore là.

Le Pr Ibriga nous a fait comprendre que lui était pour une transition civile et qu’il n’appartenait pas à la société civile d’amener des militaires au pouvoir. On a discuté entre nous et finalement, c’est nous qui avons gagné.

Sams’K Le Jah et Hervé Kam, qui sont arrivés plus tard, étaient dans la même logique que Smockey et moi. Finalement, nous avons dit à Zida de prendre ses responsabilités, c’est pourquoi nous sommes revenus le lendemain l’accompagner à la place de la Nation pour son message».

Ce rappel de l’histoire suscite en nous ces interrogations qui suivent : Pourquoi les leaders du mouvement balai citoyen ont-ils aidés le chef de corps adjoint du RSP, Zida, à prendre le pouvoir malgré toutes les récriminations qu’ils avaient contre le RSP ?

 Pourquoi demander la dissolution du régiment de sécurité présidentielle en n’exigeant pas dans un rapport de cause à effet la démission du premier ministre Zida, puisque ce dernier appartient à ce corps de l’armée, donc comptable aussi des critiques faites au RSP ? Pourquoi avoir travaillé à installer au pouvoir le RSP à travers le lieutenant colonel zida et ensuite lui demander de dissoudre ce regiment?

A notre sens, la question du RSP devrait être résolue dans le cadre d’un schéma global de reforme de l’armée. Les bruyantes manifestations de l’ensemble des corps de l’armée pendant la crise militaro-civile de 2011 pour dénoncer les disfonctionnements au sein de la grande muette viennent attester le besoin de reforme au sein des forces armées et de sécurité. C’est l’occasion pour nous de saluer à sa juste valeur la hauteur d’esprit du Président Kafando pour avoir suscité une commission d’enquête au sein de l’armée afin de trouver une solution à l’équation RSP.

C’est aussi avec une grande satisfaction que nous avons accueilli le 12 juin, la réponse du premier ministre Zida devant les députés du CNT sur la question du RSP. Interpelé sur le sort du Régiment de Sécurité Présidentielle, il a affirmé que ce corps ne doit pas être dissout. Et d’ajouter pour mieux étayer ses propos: « comme le disait quelqu’un, si vous tuez votre chien parce qu’il n’aboie pas, c’est la chèvre du voisin qui va vous mordre».

L’Afrique de l’ouest est devenue un sanctuaire du terrorisme et le Burkina Faso vient de connaitre il y’a peu un premier rapt sur son territoire. Cette menace requière une armée aguerrie à même d’assurer la sécurité des citoyens, de leurs biens et de défendre l’intégrité du territoire. Le RSP pourrait et devrait jouer un rôle éminent dans la réponse à apporter à cette situation.

A notre entendement, il devrait être envisagé une nouvelle dénomination, une réorganisation et  une réorientation des missions du RSP.

Il est désormais temps pour tous les démocrates d’être vigilant et de se démarquer des fantasmes des prêcheurs en eau trouble pour se concentrer sur l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives qui auront lieu dans moins de quatre mois.

 Fait à Ouagadougou, le 25 juin 2015

  Pour l’association convergence citoyenne et panafricaine

  Ousmane SO

 (Secrétaire Général)


NDLR : Le titre est de la Rédaction B24

B24 Opinion

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