Bassiaka Dao : « Il faut que les gens s’accordent de dire que l’agriculture est une profession »

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La Confédération paysanne du Faso (CPF) tient ce lundi 20 juillet 2015 un atelier de consultation ne réunissant que les acteurs du monde rural au conseil régional du centre de Ouagadougou. Objectif, contribuer à l’élaboration du deuxième cycle de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). Ce sera aussi l’occasion pour ces agriculteurs réunis entre eux de donner leurs points de vue, définir leurs attentes et les défis qu’ils ont à relever.  

Une rencontre unique entre acteurs concernés

La satisfaction se lit sur le visage de Bassiaka Dao, président du conseil d’administration de la CPF. Et pour cause, la rencontre à laquelle il assiste ne réunit que les acteurs du monde rural, venus s’entretenir sur leur vécu.

C’est l’occasion pour eux de définir leur ligne de conduite et parvenir à la relève des défis auxquels ils font face. « Lors des premières consultations, le monde paysan a été dilué dans l’ensemble des acteurs. Mais aujourd’hui, nous avons un atelier spécifique, réunissant uniquement les organisations professionnelles agricoles, qui ont des défis, des attentes », fait-il savoir.

Cette rencontre pourra à terme permettre de déterminer les préoccupations à soumettre et s’il y a lieu, d’élaborer un deuxième cycle de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD). En témoigne la présence du Dr Seglaro Abel Somé, secrétaire exécutif du secrétariat technique national de la SCADD.

Les participants à la rencontre
Les participants à la rencontre

« Nous attendons à ce que le monde paysan formule les contributions qui pourront servir à la rédaction de cette stratégie nationale. Et comme leurs préoccupations sont spécifiques, il s’agit qu’eux-mêmes disent ce qu’ils pensent prioritaires, le plus important pour le développement du Burkina », dit-il.

Orienter. Dans l’optique de faire de l’agriculture familiale le levier du développement et de l’atteinte de la souveraineté alimentaire, les acteurs du monde rural disent être confrontés à quatre défis majeurs. Le premier défi consiste de ce fait à faire de ce type d’agriculture une orientation majeure dans la prise des décisions politiques.

Moderniser. Et c’est après être parvenu à ce stade-là, que l’orientation pourra se poursuivre à travers la modernisation des exploitations familiales. « Si nous devons aller aujourd’hui à un marché à compétition, il va falloir permettre à nos exploitations de se moderniser et de s’adapter dans les cycles puisque nous sommes dans une région et la région, c’est la compétition », a indiqué Bassiaka Dao.

Former. La modernisation ne saurait se faire sans la prise en compte de la formation professionnelle agricole et rurale des jeunes et des femmes. « Qu’on le veuille ou non, la formation professionnelle est la clé de la réussite. Il faudrait plus que ce soit des agriculteurs qui ont formés sur le tas comme nous », reconnait le président de la CPF qui requiert « un minimum de bagages » pour ces derniers.

Renforcer. Le dernier défi est celui du renforcement institutionnel des organisations professionnelles, et dans le cas présent, celui de la CPF décrit comme une « grosse » coopérative. Bassiaka Dao indexe ici le manque d’autonomie des Chambres régionales d’agriculture (CRA). « C’est bien d’avoir créé les CRA. Mais leur fonctionnement laisse toujours à désirer », remarque-t-il. Leur incapacité à pouvoir gérer les « petits projets» au niveau local est remise en cause par Bassiaka Dao.

Une des attentes, non la moindre, est l’absence d’une carte professionnelle de membre que déplore M. Dao « Il faut que les gens s’accordent de dire que l’agriculture est une profession ». Il invite de ce fait la Chambre nationale d’agriculture à œuvrer dans ce sens pour relever ce défi dans l’optique de doter tous les agriculteurs d’une carte professionnelle.

Oui Koueta

Burkina24



Oui Koueta

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