Trésors humains vivants : Le système d’identification lancé

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Le ministère de la culture et du tourisme a procédé le mardi  21 juillet  2015 à Ouagadougou, au lancement du système des Trésors humains vivants. Ce système vise à distinguer des hommes et des femmes dotés de connaissances et de compétences dans le domaine du patrimoine culturel immatériel et de créer des tribunes de transmission aux jeunes générations.

Après la constitution des comités de pilotage et la commission technique, les travaux d’identification des personnes trésors humains vivants peuvent désormais commencer. Le lancement du système a été effectué ce jour au CENASA par le président du Conseil national de la transition, Chérif Sy.

La commission technique constituée d’autorités administratives, religieuses et coutumières, ont la lourde tâche de définir les critères d’identification, de sélection  des trésors humains vivants.

« Ces trésors humains seront des personnes très intégrées dans leur communauté et reconnues par la communauté à la base comme détentrices de savoirs. On ne voudrait pas proclamer une personne qui sera contestée par la suite », explique Désiré Ouédraogo, secrétaire général du ministère de la culture.

Toutefois, leur élévation au rang de trésor humain est aussi conditionnée par l’acceptation de la transmission des savoirs à des disciples ou à la communauté.

Mais ces savoirs et savoir-faire détenus par les trésors humains vivants feront l’objet d’une étude en vue de les formaliser et d’assurer leur transmission à des jeunes disciples.

«Après leur proclamation, il faut organiser la transmission. Cela va nécessiter l’utilisation de nombreux outils modernes d’enregistrement, de filmage, de codification afin que cela puisse alimenter soit des bases de données soit des documents, des supports qui seront accessibles et exploitables pour la communauté », ajoute-t-il.

L’idée d’un tel système a été inspirée à l’UNESCO par l’expérience réussie de pays d’Asie et d’Amérique latine, et elle a invité les autres pays du monde à en suivre l’exemple.

Pour le ministre de la culture et du tourisme,  Jean-Claude Dioma, président du comité de pilotage, ce système revêt toutefois une importance capitale, celle  de mettre ces personnes en situation de formation mais aussi de les mettre à la disposition des jeunes générations. « N’entendons pas des décorations à titre posthume, reconnaissons ces personnes vivantes et détentrices de savoirs », a-t-il souligné.

Et à Chérif Sy de dire que « c’est une nécessité, parce que tant que nous ne retrouverons pas les valeurs qui fondent notre communauté, qui font de nous ce que nous sommes, il est difficile même de parler de développement… Nous avons un grand savoir à préserver. Nous sommes en train de le perdre ce savoir culturel en ne  faisant rien pour l’appliquer et en tirer les substances… »

Cette cérémonie a été l’occasion pour le ministre de la culture de lancer un appel à toutes les personnes détentrices de savoirs et de savoir-faire à manifester leur intérêt  auprès des structures compétentes.

Revelyn SOME

Burkina24



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